• [^] # Re: OUI à la démocratie participative

    Posté par . En réponse au journal Démocratie. Évalué à 2.

    Alors comment expliques-tu que des hommes et des femmes au XIXième et au XXième siècles, ont décidé de se saigner (et le mot n'est pas fort vu le peu qu'ils gagnaient à l'époque) pour mettre des sous dans des caisses communes et développer ainsi les premières techniques de luttes qui firent reculer la bourgeoisie, à savoir le syndicalisme et la grève ?


    Je pense (ça vaut ce que ça vaut) que seulement lorsque les conditions de vie sont trop extrêmes, le terrain est favorable à une action de masse, s'il y a des meneurs charismatiques pour diriger la colère populaire. C'est comme ça que se sont passées les révolutions, et bien que l'histoire ne soit pas mon fort, je devine que c'est ce qui s'est passé dans ce que tu décris. De plus, mon impression est que depuis 100 ans, les gens sont de moins en moins solidaires, les familles s'écroulent, les enfants sont de plus en plus souvent délaissés et s'auto-éduquent dans les rues des ghettos où on parque les pauvres, on se débarasse des personnes agées en les enfermant dans des maisons de retraite. En même temps, les chantres de l'économie capitaliste prônent l'individualisme et la compétition ainsi que la privatisation des services publics pour favoriser la croissance économique du pays, ce qui ne va en rien rien favoriser la solidarité entre les personnes.

    Est-ce que tu imagines une révolution aujourd'hui, pas simplement une centaine de lycéens qui vont manifester, mais quelque chose de l'ampleur de 1789, 1936 ou 1968 ? Je doute que le peuple, nourri de star academie (et qui en redemande (je caricature, je sais)) ait la volonté et l'énergie pour se soulever en masse. Le dernier mouvement populaire de grande ampleur dont je me souvienne, c'est les Champes Élysées, le 12 juillet 2000 : la coupe du monde de football, 1 million de personnes dans les rues (ceci est un sarcasme). Un jour, on aura à nouveau une situation intolérable (parce que l'histoire se répète toujours) et alors les gens seront à nouveau unis et prêts à donner du leur pour améliorer la société. Mais tant que la situation n'est pas desespérée, chacun reste égoïstement dans son coin, parce que c'est plus confortable.

    Le rôle de l'État, c'est de redresser la barre quand ça commence à aller mal, plutôt que d'attendre que la situation soit désespérée et de changer radicalement de cap avec un soulèvement populaire.

    Ok, mais le rôle de l'éducation, c'est de fournir perpétuellement assistance à un enfant ? ou tout faire pour lui apporter un environnement sécurisé et propice à ce qu'il dévoloppe ses propres capacités à penser et à décider tout seul ?
    et ... pour en revenir à nos moutons ... t'as pas grandit depuis ? ;)


    J'ai la nette impression que la société, elle, régresse : les français se désintéressent de la politique, se laissent manipuler par les média, se contentent de consommer comme des moutons toutes les merdes que les industriels leur refilent, préfèrent acheter du textile chinois pas cher et conforter ainsi les industriels européens dans l'idée que la délocalisation en Asie est la meilleure solution pour tous.

    La victoire du non au référendum peut être interprétée comme un début de révolte, au sens où le peuple est allé à l'encontre du matraquage médiatique et a marqué son désaveu de la politique de l'État (que ce soit les gens qui ont voté non pour emmerder le gouvernement, ou ceux qui ont voté non parce que la constitution ne représente pas leur idéal d'une Europe plus sociale et moins capitaliste). Mais voter non, c'est encore facile et confortable, on ne risque pas de se faire ruiner ou tuer en agissant. D'ici quelques semaines, la vague sera retombée, et ça sera à nouveau << business as usual >>, le chômage continuera de progresser, et on aura une nouvelle émission de reality TV sur nos écrans.

    J'écrivais plus haut que l'histoire se répète, c'est bien la preuve que les peuples ne se développent pas, mais se contentent de refaire les mêmes erreurs encore et encore (allons-y pour un point Godwin: la montée du chomâge, de l'insécurité et la stagnation économique, ça ne vous rappelle pas vaguement l'Italie vers 1922 et l'Allemagne vers 1933 ?)

    Au fait, ton Platon, il avait pas derrière la tête de s'y présenter, au poste de philosophe-roi, par hasard ? :)


    C'est possible. Je connais vaguement la théorie, le contexte historique, pas du tout. Et puis, c'est pas mon Platon, il fait partie du domaine public :)