• [^] # Re: heu.. les coupures ont en a tous eu, non?

    Posté par . En réponse au journal Le jour de la panne électrique. Évalué à 7.

    L'histoire du 19 décembre 1978 selon RTE est assez fascinant je trouve :

    Par temps froid et couvert, la montée de charge s'avère ce jour-là
    plus rapide et plus importante que prévue (38 500 MW appelés). Le parc
    de production disponible est utilisé au maximum de ses possibilités
    (active et réactive) et plus de 3 500 MW sont importés des pays
    voisins, principalement d'Allemagne. L'accroissement de la charge
    augmente les transits, déjà élevés, de l'Est vers la région parisienne
    et les tensions s'avèrent, de ce fait, très basses dans une grande
    partie du réseau (région parisienne, Ouest).

    À partir de 8 heures, des surcharges sont constatées sur le réseau et,
    à 8h06, une alarme "surcharge 20 minutes" apparaît sur la ligne 400 kV
    Bézaumont-Creney dans l'est de la France. Malgré diverses manoeuvres
    sur la topologie du réseau, cette surcharge ne peut être réduite et la
    ligne déclenche sous l'action de sa pro- tection à 8h26.

    Sur le report de charge, trois lignes 225 kV déclenchent par
    surcharge. Puis les quatre groupes de Revin s'effacent (du fait de
    leur protection de surintensité). Une interconnexion 400 kV avec la
    Belgique déclenche alors et la tension baisse encore. Le déclenchement
    (mal expliqué) d'une nouvelle interconnexion 400 kV avec la Belgique
    s'accompagne d'une chute de tension supplémentaire et de la perte de
    stabilité d'une grande partie du réseau. Dans la phase suivante, s'en-
    chevêtrent ouvertures de lignes et déclenchements de groupes (du fait
    notam- ment de leurs protections à minimum de tension et à minimum de
    fréquence). Des sous-réseaux isolés se forment, où le bilan
    production-consommation ne peut être rétabli (délestages insuffisants,
    pertes de groupes).

    75% de la consommation sont perdus, même si le Sud-Est de la
    France et des bandes voisines des frontières Nord et Est restent sous
    tension. De nombreux groupes n'ont pas réussi leur îlotage.

    Une première reprise trop rapide conduit à un nouvel écroulement du
    réseau à 9h08. Une reprise plus prudente, s'appuyant sur les groupes
    hydrauliques et l'étranger, permet une reconstitution quasi totale du
    réseau vers 12 heures. Pour la clientèle, les coupures auront duré
    entre 30 minutes et 10 heures.

    Cet incident, résultant d'une gestion tendue du réseau (transits
    élevés et tensions basses dans certaines zones) et d'une cascade de
    surcharges, a clairement mon- tré que le plan de défense de l'époque a
    été débordé : les délestages ont été insuffisants, les déclenchements
    de groupes sont apparus trop tôt sur des cri- tères de minimum de
    tension et le découpage du réseau a été mal réussi. La reprise de
    service également n'a pas été satisfaisante.

    http://www.rte-france.com/htm/fr/qui/telecharge/memento_surete_2004(...)