• [^] # Re: Si j'ai bien lu

    Posté par . En réponse au journal Encore un journal sur le TCE. Évalué à 3.

    Je ne vais pas apporter de réponse dans ce commentaire. Mais avant il faut savoir quelques petites choses.
    1 - je ne suis ni tout jeune ni très vieux
    2 - je n'ai pas voté depuis 1983, date à laquelle je n'ai plus fait confiance à toute une génération d'homme politique. Et cette décision je ne l'ai jamais regretté même si certains scrutins m'ont rendu malade. J'avais pris la décision de ne jamais plus donné mon bulletin en faveur d'une personne se présentant avec un programme clairement affiché pour que le lendemain il puisse en faire un usage contraire à ses promesses.
    3 - je n'ai jamais milité ni était encarté dans aucun parti politique avant et pendant cette période.
    4 - Je n'ai jamais eu de sympathie mais plus encore de confiance dans les partis se prévalant des doctrine communiste quelqu'en soient leur filiation même si je me suis toujours reconnus comme progressiste. Ceci n'est présentement pas anodin par rapport à la suite de ce post. Même, à l'insu de mon plein gré, je ne me reconnais dans aucun de ces mouvements et de leur pratique.
    Mais ....
    on peut toute fois se poser la question de la pertinence de voter NON (ce que je vais faire) si c'est pour penser/vouloir NE RIEN CHANGER. Si cette action d'éclat n'a pour but essentiel de dire pour la nième fois que l'on est mécontent par la tournure que prend notre société et dans laquelle nous sommes de plus en plus nombreux à ne pas se reconnaitre au niveau de son évolution (de plus en plus libérale). Et qu'aussi, on en a plus que marre que l'on nous prenne pour des demeurés juste bon à acheter du Coca et à devenir adict au P2P.

    Comme vous le savez le PNB/habitants n'a cessé d'augmenter depuis 1981 mais aussi depuis 1973. A ce constat on peut rajouter qu'à cette même date il n'y avait que 200 000 chomeurs (quasi tous réferrencés à cette époque, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui). Il est certainement inutile de vous citer les chiffres actuels - vous les avez tous en mémoire, surtout si vous trouvez dans cette situation. Si en plus des chomeurs inscrits on rajoute ceux qui sont en stage parking ainsi que ceux qui sont sortis de tout il y a de quoi prendre peur tout en rassurant par la même occasion nos voisins allemands qui effectuent pour leur part un comptage moins lache et qui sont en pleine déprime :-(

    Durant ce dernier quart de siècle le pourcentage des richesses des 5% les plus favorisés de nos concitoyens s'est accru de façon phénoménale au détriment de tous les autres. Parallèlement le stress, l'insécurité (quelqu'elle soit mais surtout professionnelle) n'ont cessé de croitre.

    Dans ces conditions (et quelques autres que chacun pourra à loisir rajouter) penser qu'un refus du TCE n'a pour but ultime que de donner un dernier avertissement ou de ralentir la machine libérale n'a AMHA que pas de sens.

    En attendant il est très certainement erroné au vu du sort réservé à la sociale-démocratie dans son pays d'origine de fonder des espoirs de lendemain plus joyeux si une alternative à l'actuelle politique du gouvernement actuel nous était offerte. Cette doctrine tant vantée pas la majorité des responsables du PS (et aussi des verts) y est en effet arrivée en bout de course.
    Pour des raisons quasi similaires les Pays-Bas choisissent de donner la préferrence à l'extrême droite. Choix qui a eu un écho non négligeable dans le pays des lumières il y a fort peu mais sans le succès qu'aurait pu connaitre Pim Fortuyn - si on ne l'avait pas assassiné la veille de son triomphe déclaré - pour l'unique raison que leurs chefs ont multiplié les maladresses et les effets repoussoir.

    Ainsi nous retrouvons avec 3 des 6 pays fondateurs (dont les 2 plus importants) dans une situation telle que la majorité de leur électorat populaire rejette le modèle mis en avant par la grande majorité des acteurs politiques et économiques et qui doit définitivement être le cadre institutionel (économique) de la CEE.
    C'est donc pas une petite épine qu'une majorité vient/va planter.
    A cette liste on pourra rajouter les pays scandinaves. Voire la Belgique.

    Dans ces conditions penser que l'on va au mieux en rester à un relookage cosmétique du TCE et au pire être obligé de renégocier un traité moins avantageux est plus que douteux. Le Royaume Unis, l'Espagne, le Portugal, la Grèce et l'Irlande ne sont pas, financièrement parlant, des contributeurs net au budget Européen. Les Pays de l'Europe de l'Est non plus. I want my money disait Maggy. Il s'agissait pas d'Euro mais d'écu sonnant et trébuchant. Dans ces conditions il plus facile de se prévaloir de résultats plus facile que ceux de la France et de l'Allemagne. Mais leur modèle économique et social en est il pour autant meilleur ?

    Le fait qu'une majorité de gens persistent dans un refus du TCE malgré l'inégalité de traitement avérée durant cette campagne et plus encore le chantage permanent des principaux dirigeants des partis dits de gouvernement est une donnée qui ne pourra pas être mis à la cave. Qu'en Allemagne même, le modèle que nous propose de mettre en oeuvre le PS pour notre plus grand bien, soit en échec renforce cette obligation pour les acteurs européens à remettre à plat leur doctrine économique et politique.

    Ne pas tenir compte des réalités internationales comme l'émergence définitive, et plus rapide que prévue, de la Chine et de l'Inde d'une part et de l'égémonie de la busherie américaine d'autre part, est impossible. Mais quel que soit le prétexe pour remettre en question le modèle français, allemand ou suédois sous couvert de compétitivité est une idée qu'aucun effort de pédagogie ne parvient plus désormais à rendre acceptable par le plus grand nombre. Et pour cause nous n'en somme même plus à l'étape de défendre des acquis sociaux alors qu'on était encore loin de l'équité et de la justice sociale.

    Le modèle proposé par le TCE aussi caricatural qu'il soit ne peut qu'être que celui des délocalisation. En effet le crédo de Bruxelles c'est :
    "pour le bien du consommateur et pour lutter contre la concurence des pays émergents il faut assurer des couts de production le plus bas possible". Foin de tous les inconvénients tel la diminution systématique des couts salariaux et sociaux voire d'imposition. Inutile de vous demander non seulement comment vivre décemment mais aussi comment financer la scolarité, la recherche, la santé, le développement et l'entretient des infrastructures des pays qui vont voir une part de plus en plus importante de leur activité migrer vers des cieux étrangers. Quid alors de consommation intérieure et du développement de nombre de filières universitaires si leurs étudiants ne trouvent que des postes en Roumanie ou en Slovaquie si ce n'est à Singapour. Pays tous à même de produire des ingénieurs et des techniciens de qualité. Surtout si leurs centres de formation aux standards les plus élévés sont financés par Bruxelles pour les premiers, les autres, ceux d'Asie n'ont plus besoin de personne ; voir les décisions récentes des états majors d'IBM et de STμ.

    Libé nous a justement rappelé que c'était pur délire phantasmagorique et que le solde des échanges entre la France et les nouveaux entrants de l'Europe de l'Est était dans un rapport de 1 pour 2 en faveur de la France. Ce qu'ils ne nous ont pas dit c'est que ces valeurs étaient celles de 2003 et que pour 2006 et 2007 il n'en serait surement pas de même. Et encore moins en 2008.

    Alors refuser le TCE tout en qualifiant d'égoisme forcené cette décision de la part d'un pays nanti (relativement aux autres) sans que les dirigeants français, mais aussi des autres pays européens, remettent en question leur vision et leur stratégie n'est surement pas la meilleure façon de continuer à assurer sécurité et prospérité. Raison d'être de l'Europe Communautaire. Du moins c'est ce que l'on nous rappelle à plus soif.
    Mais pour être juste la victoire du OUI aura les mêmes conséquences. Sauf qu'elle incitera les acteurs politiques à moins de célérité à remettre en question un système non seulement voué à l'échec, mais déjà en échec.

    Alors au lendemain de l'échec prévisible de la ratification du TCE par les français il ne faudra pas se satisfaire, ni même penser que cette action est la dernière action possible avant que l'inéluctable destinée que nous promettent les zéliteskissav devienne réalité.

    Et c'est là ou je rejoins à mon corps défendant les espérances de l'extrême-gauche, il faudra faire en sorte de renouveller complètement le personnel politique de la gauche française. Et ce de manière rapide. Sinon le pire est à venir.
    Courageux et tenace une fois, il faudra l'être plus encore pour ne pas retomber dans les errements passés et se prémunir des promesses sans lendemain des apparatchiks qui n'ont jamais travaillé.

    En aucun cas Fabius et ses sbires ne doivent pouvoir représenter l'espoir de la gauche. En bon élève mitterrandien il a su capter les aspirations progressistes d'aujourd'hui pour demain les enferner dans un carcan libéral. Son passé plaidant pour cette politique. Le grand maitre en arnaque n'a pas agit autrement à partir du congrès d'Epinay.

    Pour l'essentiel ce sera une affaire interne au PS. Mais si le futur de la gauche devait se conjuguer avec Fabius, voire Jospin, Lang ou tout autre adorateur du OUI alors la victoire probable des NON sera une victoire à la Pyrus.

    Même s'ils n'ont pas fait la une des plateux télé une nouvelle génération encadrée par quelques anciens ont fait leur premières armes. Certains ne sont jamais compromis et ne peuvent donc se voir reprocher de tenir un langage en contradiction avec leurs actions passées. Par contre d'autres me laissent nettement plus circonspect tel Salles (ancien collaborateur de Gayssot) qui prone le contraire de se qu'il a fait par le passé. Ce ne sera pas une mince affaire que de trier le bon grain de l'ivraie.

    Plus le différentiel sera en faveur du NON - si celui-ci se révelle être effectif - plus la cohalition PS-Vert sera obligée de faire son aggiornamento. Et un autre monde sera possible. Du moins dans la région. Certes il ne se fera pas en 2 ans. Mais bon ce sera surement mieux que les fonds de pensions.

    Si comme les prédictions de Robert Palmer s'avèrent exactes mais que l'abstention n'est pas supérieure à 35% alors un possible a ses chances.