là où la constitution d'un état est en désaccord avec le TCE, c'est la constitution qui gagne ?
Non, le droit européen (y compris le droit dérivé) est supérieur au droit national. La jurisprudence de la Cour de Justice européenne est très claire sur ce point et l'article I-6 du TCE le confirme.
En Belgique le Conseil d'Etat l'a bien expliqué dans son avis sur le TCE : http://www.senate.be/www/?MIval=/publications/viewPubDoc&TID=50(...)
L'avis est d'ailleurs très intéressant au niveau de l'interprétation de la Charte des droits fondamentaux :
Selon une première interprétation, l'article II-113 a une portée limitée. Cet article contient seulement une règle visant à « interpréter » les dispositions de la Charte et garantit uniquement que la Charte ne porte pas atteinte en soi aux garanties plus larges qu'offrent les constitutions nationales des États membres, sans qu'il implique toutefois l'obligation pour les institutions européennes de respecter, dans l'exercice de leurs compétences, les garanties spécifiques prévues par ces constitutions nationales pour protéger les droits fondamentaux et sans que les États membres puissent se prévaloir de leur constitution nationale pour se soustraire à la mise en 1⁄2uvre et à l'application du droit européen. Dans cette interprétation, les institutions européennes doivent, en édictant le droit européen dérivé, uniquement respecter les droits fondamentaux garantis par la Charte. Il ressort néanmoins de l'article II-112, § 4, que dans la mesure où ces droits fondamentaux résultent des « traditions constitutionnelles communes aux États membres », ils doivent être interprétés en harmonie avec ces traditions. Il n'est toutefois pas question d'une quelconque subordination du droit européen par rapport aux constitutions nationales.
[...]
En définitive, c'est évidemment à la Cour de Justice de l'Union européenne qu'il appartiendra de fixer la portée de l'article II-113. Le Conseil d'État souhaite néanmoins souligner dès à présent que la seconde interprétation, l'interprétation large, de l'article précité impliquerait un bouleversement des principes actuellement en vigueur de l'ordre juridique européen, dès lors qu'elle instaure une prééminence de la constitution nationale sur le droit européen et permet une application et une mise en 1⁄2uvre non uniformes du droit européen dans les différents États membres, alors que la première interprétation, l'interprétation restrictive, se situe dans le prolongement des principes fondamentaux qui ont jusqu'à présent toujours régi le droit européen.
Selon cette première interprétation, l'article II-113 du Traité n'exclut pas que le droit dérivé des institutions européennes méconnaisse les garanties spécifiques ou oblige les autorités belges à méconnaître les garanties spécifiques qu'offre le titre II de la Constitution belge dans le domaine de la protection des droits fondamentaux. Cette méconnaissance n'est toutefois pas inscrite dans le Traité même, mais découlerait plutôt d'un exercice futur éventuel par les institutions européennes des compétences qui leur sont attribuées dans le Traité en vertu de l'article 34 de la Constitution. Comme on l'a déjà exposé ci-dessus, il n'est ni possible ni souhaitable d'anticiper d'ores et déjà à cet égard par une révision de la Constitution (voir ci-dessus, no 7).
[^] # Re: Suggestion
Posté par Alvarez . En réponse au journal GNU-Linux et la constitution européenne. Évalué à 1.
Non, le droit européen (y compris le droit dérivé) est supérieur au droit national. La jurisprudence de la Cour de Justice européenne est très claire sur ce point et l'article I-6 du TCE le confirme.
En Belgique le Conseil d'Etat l'a bien expliqué dans son avis sur le TCE :
http://www.senate.be/www/?MIval=/publications/viewPubDoc&TID=50(...)
L'avis est d'ailleurs très intéressant au niveau de l'interprétation de la Charte des droits fondamentaux :