• [^] # Re: Quels comiques !

    Posté par . En réponse au journal Ne m'appelez plus jamais Wi-Fi. Évalué à 2.

    Remarque d'ordre général : ce message (auquel je réponds) est bien mieux argumenté que ton précédent. C'est quand même plus agréable qu'un pauvre c'est débile (un peu comme un sapussépalibre).

    La volonté [...] parfaitement.

    La peur fait effectivement partie des motifs de réaction. Mais toute réaction n'est pas forcément induite par une peur. Je veux tout simplement maîtriser les concepts que je manipule et les exprimer en français me permets de me les approprier et de mieux (les) communiquer.

    Pour en revenir au sujet qui nous intéresse, remplacer cdrom par cédérom, je trouve ça débile.

    Quelques erreurs ne permettent pas de remettre en cause le principe.

    Le vrai problème [...] dynamisme?

    C'est vrai.
    Pour PC, ce serait OI (Ordinateur Individuel), mais un magazine a pris le nom très tôt et IBM et les autres faisaient leur pub sur PC compatible (en anglais mais qui peut passer pour du français car compatible se dit compatible).

    Pour la fainéantise, je ne me sens pas concerné [...] rationaliser tout ça.

    J'ai dit indice, pas preuve ;o)
    Le problème de la nouveauté (et en informatique, la nouveauté est permanente et les nouveautés n'ont pas le temps de vieillir), c'est que le consensus ne s'est pas encore fait : il faut du temps pour que les mots s'installent.

    Si tu veux un exemple de fainéantise intellectuelle, j'en ai à la pelle. En voilà un tout con, en ce moment, il y a une mode sur le principe de « l'informatique ubiquiste » (c'est-à-dire « l'informatique tout partout »), l'adjectif anglais est ubiquitous. Il n'y a pas longtemps (quelques mois), j'ai reçu une pub pour une conf. française dont un des sujets portait sur les « agents ubiquiteux » (sic). Je connaissais «ubiquité» mais pas l'adjectif associé et j'ai trouvé «ubiquiteux» lourd, j'ai pensé qu'«ubiquite» serait plus proche, alors j'ai pris mon pauvre dico Larousse (dans lequel je ne trouve en général pas les mots «savants») et je trouve «ubiquiste». En clair, les organisateurs n'ont même pas pris deux secondes pour soit chercher dans un dico anglais-français, soit prendre un dico français.

    Pour le communautarisme ou l'élitisme, franchement je donnerais cher pour pouvoir communiquer simplement avec mon entourage.[...]

    Je comprends ton point de vue. Je me plaçais dans le cadre des magazines spécialisés et plus généralement des groupes qui utilisent ce vocabulaire (à cause de leur profession ou de leurs loisirs).

    C'est une caractéristique des communautés que de se solidifier autour d'un jargon. Soit la communauté est établie et le jargon permet de la souder, soit l'utilisation d'un jargon permet de se sentir appartenir à une communauté hypothétique (et qui est donc créée par ce jargon) : les membres se reconnaissent et se co-optent par l'utilisation du jargon.

    En ce qui concerne l'élitisme, le français, au temps de sa gloire, était utilisé par toutes les élites du monde, p.ex. la diplomatie était exclusivement en français. C'était une marque d'appartenance à l'élite que de parler français. D'autres langues ont tenu ou tiennent ce rôle suivant les pays et les communautés considérés.
    L'anglais a ceci d'équivoque qu'il est à la fois une langue élitiste (« je ne suis pas un culterreux, moi, je suis international ») et une lingua franca (c'est-à-dire un plus petit commun multiple ; noter le plus petit).

    Sinon, personnellement, je n'utilise pas de mots anglais parce que c'est detroy de le faire pour être hype.