J’ai développé cet exemple non pour te « faire la leçon » (car il est bien évident que la plupart des citoyens ne sont pas au fait de ces techniques institutionnelles), mais parce qu’il illustre clairement ta méthode, qui est celle de beaucoup de partisans du Non : isoler une phrase, l’interpréter de travers et lui faire dire le contraire de ce qu’elle dit. L’initiative législative citoyenne d’un million de signatures est pour moi une grande avancée de la démocratie participative, et surtout l’outil de la construction d’une conscience publique collective européenne.
La réponse est très claire pour tous les théoriciens et tous les travailleurs : le politique voit s’écrouler son efficacité, car les capitalistes peuvent avec facilité déplacer leurs entreprises, voire même simplement leurs capitaux, d’un espace politique à un autre, ou même simplement menacer de le faire : c’est ce qu’on appelle le dumping fiscal, social et écologique.
On pourrait être tenté de riposter « simplement » en construisant un espace politique de même dimension, l’Union européenne, dont l’efficace se substituerait à l’inefficace des politiques nationales. Sur le principe et à long terme, c’est à mon sens la seule réponse stratégique valable. Mais la question est beaucoup plus compliquée, car l’obéissance à la loi, et même la volonté de formuler des lois, supposent un « amor societatis », une disponibilité à la délégation de souveraineté des individus à la société, dont l’Etat nation a été jusqu’ici la concrétisation, mais qui n’existe probablement pas encore à l’échelle européenne.
# "Réponse à Philippe Zarifian sur la supranationalité" par Lipietz
Posté par Séverin Tagliante-Saracino . En réponse au journal Les avancées du TCE par rapport au traité de Nice. Évalué à 1.
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