• [^] # Re: Source?

    Posté par . En réponse au journal Les avancées du TCE par rapport au traité de Nice. Évalué à -2.

    Les services publics ne font plus partie des valeurs de l'Union européenne
    En 1997 avait été introduite dans le traité
    d'Amsterdam une phrase qui plaçait "les services
    d'intérêt économique général parmi les valeurs
    communes de l'Union". Cette reconnaissance
    n'avait eu que peu de portée pratique et n'avait
    pas empêché la multiplication des directives
    européennes libéralisant les services publics.
    Mais visiblement cela était encore trop pour les
    rédacteurs de la Constitution. En effet, la partie
    une, portant sur les valeurs de l'UE, n'en dit pas
    un mot et ce n'est que dans la partie III, qui traite
    des politiques de l'UE, que l'on trouve (art III-122)
    une formule pour le moins curieuse qui reconnaît
    "la place qu'occupent les services d'intérêt
    économique général en tant que services
    auxquels tous dans l'Union attribuent une valeur".
    On est ainsi subrepticement passé d'une "valeur
    de l'Union", c'est-à-dire s'inscrivant dans ses
    fondamentaux, à une formulation plus édulcorée
    "services auxquels tous dans l'Union attribuent
    une valeur". S'il ne faut pas exagérer la portée de
    ce changement, il montre néanmoins que le texte
    de cette Constitution constitue, sur ce point, une
    régression par rapport au traité actuel, celui de
    Nice qui reprend dans ce domaine les
    dispositions du traité d'Amsterdam.

    Les services publics
    restent une exception dans le droit européen
    La Constitution reprend intégralement des articles des traités antérieurs qui
    ont été la base juridique du démantèlement des services publics. Ainsi, la
    Constitution dans son article III-166 :
    • soumet les entreprises publiques aux règles de la concurrence, quelles
    que soient leurs obligations, qu'elles soient chargées ou non de missions
    de service public, celles-ci sont considérées par le droit européen
    comme de banales entreprises commerciales ;
    • précise que "le développement des échanges", c'est-à-dire le marché,
    l'emporte sur l'existence de services publics ;
    • stipule que la Commission européenne a tout pouvoir pour ouvrir les
    services publics à la concurrence (ce qu'elle n'a pas manqué de faire
    dans le passé avec l'appui des gouvernements).
    Certes, la Cour de justice européenne a rendu un certain nombre d'arrêts
    favorables aux services publics. Ils reconnaissent que certaines activités
    peuvent bénéficier de dérogations aux règles de la concurrence. Cependant,
    ces arrêts n'ont pas formé une jurisprudence suffisante pour bloquer la
    vague de libéralisation et, surtout, ils ne renversent pas la charge de la
    preuve. C'est aux services publics de faire en permanence la preuve qu'ils
    ne sont pas un obstacle au "développement des échanges" dans l'UE, ce
    point restant le critère principal d'appréciation. Dans le droit européen, la
    règle c'est la concurrence, les services publics l'exception.
    C'est d'ailleurs au nom des règles de la concurrence que la Constitution
    rend quasi impossible, sauf dans le cas des transports, toute aide publique
    au financement des services publics (art III-167). De nombreuses prestations
    déficitaires ou peu rentables sont donc amenées à disparaître. De plus, il
    sera impossible de créer des services publics européens car la coopération
    entre entreprises, même publiques, est interdite car susceptible "d'exploiter
    de façon abusive une position dominante sur le marché intérieur" (art III-
    162). Enfin, cerise sur le gâteau, l'article III-148 de la Constitution indique
    que "les Etats membres s'efforcent de procéder à la libéralisation des
    services au-delà de ce qui est obligatoire en vertu de la loi-cadre
    européenne". Non seulement cette Constitution ne permettra pas le
    développement des services publics, mais elle en programme la fin !


    Nota : Le terme "service public" n'est en général
    pas employé dans le vocabulaire européen.
    Il est remplacé par "service d'intérêt général" lorsque le
    service est payé essentiellement par la collectivité (l'Education
    nationale par exemple) et par "service d'intérêt économique général"
    lorsque l'usager paie le service qu'il utilise (La Poste, SNCF,
    EDF/GDF...).

    pris sur le site d'un syndicat , une autre perception.