• [^] # Re: Elite du non, peur de l'Union

    Posté par . En réponse au journal Une bonne raison.... Évalué à 1.

    > "La libre concurrence libre et non faussée" est un outil à double tranchant.

    Ça dépend des forces politiques, des volontées politiques en présence. Le TCE donne plus de moyen d'action, il ne préjuge pas des forces politiques en présence.

    > son avancée est insuffisante pour garantir ce rapport de force equililibré

    Quel rapport de force ?
    Un rapport de force équilibré pour les "ultra-libéraux" ou pour les socialistes ?
    Il représente la situation actuelle des 25 états membres. Pour les socialistes anglais il est limite trop contraignant et trop fédéral !
    Mais les forces politiques en présence lors de son application pourront faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre. Un traité qui se veut être une constitution se doit d'être neutre politiquement à la date de sa mise en place (dans la mesure du possible et aussi en tenant compte de l'existant).
    Son avancée est insuffisante pour certains et il va trop loin pour d'autres. Bref, c'est un compromis. Mais son avancée est "pro-sociale" et paradoxalement le "non de gauche" refuse cette avancée. Je fais parti de ceux qui trouve les avancées insuffisantes. Mais que faire ? Renégocier et aboutir à la même chose voir pire puisqu'on sera diplomatiquement affaibli ? Non. Je préfère une avancée que rien du tout. Cette avancée n'empêchera pas autres avancées. Il en a toujours été ainsi en Europe. Traité ratifié par référendum ou pas, l'Europe a toujours avancée. Les rares cas de "non", n'ont pas fait avancer l'Europe et ont même retardé sa construction (voir le CED qui était résolument orienté Europe Fédérale mais qui après le "non" français a été retardé de 50 (!) ans).
    Le "non" de l'Irlande ou des Danois aux traités précédents n'a pas fait avancé l'Europe. Les "non" des anglais n'ont jamais fait avancé l'Europe. Le "non" Français à la CED n'a pas fait avancé l'Europe. Alors pourquoi le "non" de la France au TCE ferait avancé l'Europe et à fortiori dans la direction qu'elle attend ? Et quel direction ? Actuellement on n'en sait rien.

    > et surtout beaucoup craignent que le consensus étant atteint, cette avancée soit la dernière vers une Europe véritablement fédérale

    Ridicule. C'est le consensus d'aujourd'hui comme hier il y a eu des consensus. Les consensus d'hier n'ont pas empêché la construction de l'Europe ni son évolution. Bien au contraire. Les refus de consensus en toujours fait une pause dans la construction de l'Europe. Et ça n'a jamais été des "reculer pour mieux sauter".

    > vaut-il mieux refuser le compromis actuel soit afin déclencher une prise de conscience

    Quel prise de conscience ?
    Que les européens ne sont pas foutus de se mettre d'accord autour d'un compromis et que donc c'est l'idée même d'Europe politique qu'il faut foutre à la poubelle.
    Voilà comment sera perçu un "non" au TCE alors que ce "non" est trop confus et n'est pas porteur d'exigences claires, précises et *partagées* par l'ensemble des états membres. Dans le "non" au TCE, il y aura le "non" des souverainistes (qui ne veulent pas d'Europe et encore moins d'Europe fédérale), le "non" du PC et de la LCR qui n'ont jamais voulu d'Europe et se découvre aujourd'hui pro-européen, le "non" des alter-mondialistes avant anti-mondialiste et anti-européen puis aujourd'hui non anti-mondialiste et pro-européen, le "non" des libéraux anglais, etc...
    Bref, on ne pourra faire que le constat que l'Europe n'est pas encore assez mûr pour s'engager dans une Europe plus politique. Bref, on stoppe la construction politique de l'Europe. Certe, ce n'est pas une catastrophe. Tout reste comme avant, rien n'avance.
    Mais stopper une avancée de plus en plus indispensable est une catastrophe.

    > soit pour attendre l'emergence d'une alternative crédible.

    Que cette alternative travaille. Lorsqu'elle sera prète et crédible rien n'empêchera de la pousser au niveau européen que l'Europe soit sous le traité de Nice ou sous le TCE.
    L'Europe a toujours progressé par petits bons. Les sauts de géants ont toujours été refusé car perçu comme trop risqué, un saut vers l'inconnu. Il sera plus facile de faire une Europe plus sociale en partant du TCE qu'en partant du traité de Nice.

    > Ce n'est pas en diabolisant ces electeurs hésitants à leur tour et faisant passer pour des souverainnistes des révolutionnaires que ça les décidera.
    > http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-631760,36-639517,0.html(...)

    Notes bien que ce que dit l'article du Monde est déjà arrivé et plusieurs fois. L'extrème gauche (on peut faire le même raisonnement avec l'extrème droite) a toujours été un frein à la gauche lorsqu'elle s'opposait à la gauche modérée et majoritaire. Voir la dernière présidentielle qui a vu l'extrème gauche se déchainer contre la gauche "modérée" et qui a été un bon coup de boost à une politique de droite. L'extrème gauche n'a toujours pas tiré les leçon de cette épisode tragique pour la gauche. La droite peut pavoiser.