Je ne pouvais pas laisser passer ça, voilà une jolie réponse:
En réponse à http://www.01net.com/article/272484.html
Quelques extraits:
> EN GRAS: La France loin derrière l'Allemagne
> le quinté gagnant
> D'une part, la France occupe, certes, un rang honorable.
> Ce qui démontre l'amélioration de leur compétitivité sur le marché international.
> EN GRAS: Thomson, le premier Français à la dix-huitième place
> Aucun autre acteur tricolore ne figure parmi les 50 premiers déposants !
> En revanche, les autres géants de l'informatique naviguent en milieu de tableau : NEC Corporation (32 e place), HP (33 e ), SAP (41 e ), Microsoft (46 e ) et Cisco (52 e ). _Sans doute un premier argument pour que davantage de moyens financiers soient accordés aux activités de R&D._
> EN GRAS: Une place honorable pour les TIC
Non, non et non!
Cet article relie des faits sans rapport entre eux.
Tout d'abord, il est impliqué que la France, en soumettant moins de brevets, est à la traîne. A la traîne de quoi? On trouve dans l'article les termes de compétitivité et d'innovation, qui ne sont certainement pas à rapprocher des brevets. Il faut rappeler qu'un brevet empêche, pour 20 ans, la compétition d'accéder à une technologie. Autant pour la compétitivité! Les brevets ne sont pas non plus une preuve d'innovation. Il est en effet beaucoup plus facile et plus juteux de faire breveter une chose triviale qui sera employée partout qu'une réelle innovation; les vraies innovations sont mieux défendues par le secret industriel que par un brevet qui exigerait leur divulgation. Les principes originaux qui voudraient qu'un brevet soit nouveau ne sont pas respectés, pour preuve un brevet sur la roue qui a pu être obtenu sans difficulté.
La même inexactitude se trouve réitérée à propos des pays comme l'Inde et la Chine qui, parce que leur quantité de brevets augmente, «démontrent l'amélioration de leur compétitivité sur le marché international.»
Il se trouve en réalité que les brevets représentent un moyen très efficace d'empêcher l'innovation en permettant à une entreprise qui ne produit rien de taxer de façon opportuniste les entreprises qui connaissent le succès. Voyez le cas de la PSP, mais aussi http://answers.google.com/answers/threadview?id=492018 pour plus d'exemples.
Ils permettent également à des monopoles de maintenir leur place en échangeant leurs portfolios entre eux, échange dont les autres entreprises sont exclues, alors qu'il est inévitable qu'elles violent certains brevets. Ils sont enfin une source de revenus pour des cabinets d'avocats ainsi que les bureaux des brevets, dont les revenus sont proportionels à la quantité de brevets qu'ils acceptent.
Bref, cet article fait preuve d'une totale absence de réflexion sur les enjeux qui se posent, se contentant de répéter des poncifs et d'aligner des chiffres. Ceci au moment où on tente de rendre brevetables les logiciels en Inde et en Europe.
Pour un autre regard sur le lien entre innovation et brevets, dans le contexte particulièrement alarmant des brevets logiciels, référez-vous au point de vue de Jean-Pierre Corniou, directeur de la R&D de Renault et président du CIGREF:
* La brevetabilité des logiciels est une source extrêmement dangereuse du tarissement de l'information. Produire du code ne dépend pas du capital immobilisé, c'est ce qui permet une grande innovation. Il faut préserver la créativité. Si on assèche l'innovation, on va rentrer dans une période de crise durable !
* Pour moi et pour le CIGREF, la réponse est non, pas de brevetabilité !
Ce qui prend un certain poids venant de la part du directeur de la R&D d'une entreprise qui n'est pas en reste dans les dépôts de brevets, y compris logiciels!
Dans l'espérance de ne plus devoir lire de tels articles, mais un journalisme faisant preuve de réflexion et d'investigation,
.
Je posterai ça demain, j'espère qu'ils ont une adresse qui lit les messages :/
# Réponse
Posté par Tobu . En réponse au journal Brevet Logiciel. Évalué à 8.
En réponse à http://www.01net.com/article/272484.html
Quelques extraits:
> EN GRAS: La France loin derrière l'Allemagne
> le quinté gagnant
> D'une part, la France occupe, certes, un rang honorable.
> Ce qui démontre l'amélioration de leur compétitivité sur le marché international.
> EN GRAS: Thomson, le premier Français à la dix-huitième place
> Aucun autre acteur tricolore ne figure parmi les 50 premiers déposants !
> En revanche, les autres géants de l'informatique naviguent en milieu de tableau : NEC Corporation (32 e place), HP (33 e ), SAP (41 e ), Microsoft (46 e ) et Cisco (52 e ). _Sans doute un premier argument pour que davantage de moyens financiers soient accordés aux activités de R&D._
> EN GRAS: Une place honorable pour les TIC
Non, non et non!
Cet article relie des faits sans rapport entre eux.
Tout d'abord, il est impliqué que la France, en soumettant moins de brevets, est à la traîne. A la traîne de quoi? On trouve dans l'article les termes de compétitivité et d'innovation, qui ne sont certainement pas à rapprocher des brevets. Il faut rappeler qu'un brevet empêche, pour 20 ans, la compétition d'accéder à une technologie. Autant pour la compétitivité! Les brevets ne sont pas non plus une preuve d'innovation. Il est en effet beaucoup plus facile et plus juteux de faire breveter une chose triviale qui sera employée partout qu'une réelle innovation; les vraies innovations sont mieux défendues par le secret industriel que par un brevet qui exigerait leur divulgation. Les principes originaux qui voudraient qu'un brevet soit nouveau ne sont pas respectés, pour preuve un brevet sur la roue qui a pu être obtenu sans difficulté.
La même inexactitude se trouve réitérée à propos des pays comme l'Inde et la Chine qui, parce que leur quantité de brevets augmente, «démontrent l'amélioration de leur compétitivité sur le marché international.»
Il se trouve en réalité que les brevets représentent un moyen très efficace d'empêcher l'innovation en permettant à une entreprise qui ne produit rien de taxer de façon opportuniste les entreprises qui connaissent le succès. Voyez le cas de la PSP, mais aussi http://answers.google.com/answers/threadview?id=492018 pour plus d'exemples.
Ils permettent également à des monopoles de maintenir leur place en échangeant leurs portfolios entre eux, échange dont les autres entreprises sont exclues, alors qu'il est inévitable qu'elles violent certains brevets. Ils sont enfin une source de revenus pour des cabinets d'avocats ainsi que les bureaux des brevets, dont les revenus sont proportionels à la quantité de brevets qu'ils acceptent.
Bref, cet article fait preuve d'une totale absence de réflexion sur les enjeux qui se posent, se contentant de répéter des poncifs et d'aligner des chiffres. Ceci au moment où on tente de rendre brevetables les logiciels en Inde et en Europe.
Pour un autre regard sur le lien entre innovation et brevets, dans le contexte particulièrement alarmant des brevets logiciels, référez-vous au point de vue de Jean-Pierre Corniou, directeur de la R&D de Renault et président du CIGREF:
* La brevetabilité des logiciels est une source extrêmement dangereuse du tarissement de l'information. Produire du code ne dépend pas du capital immobilisé, c'est ce qui permet une grande innovation. Il faut préserver la créativité. Si on assèche l'innovation, on va rentrer dans une période de crise durable !
* Pour moi et pour le CIGREF, la réponse est non, pas de brevetabilité !
Ce qui prend un certain poids venant de la part du directeur de la R&D d'une entreprise qui n'est pas en reste dans les dépôts de brevets, y compris logiciels!
Dans l'espérance de ne plus devoir lire de tels articles, mais un journalisme faisant preuve de réflexion et d'investigation,
.
Je posterai ça demain, j'espère qu'ils ont une adresse qui lit les messages :/