>> pour qu'on prenne ce qu'on comprend vagument de l'histoire en otage
J'ai aussi une maitrise d'histoire (avec mention Bien car ça existait encore) ;-)
Plus sérieusement je me suis sans doute mal exprimé dans mon journal puisqu'il me semble que tu n'a pas compris ce qui provoque mon inquiétude. Affirmer qu'il n'y a pas urgence à avancer sur la voie d'une plus grande intégration est, à mon avis, une redoutable erreur de perspective historique. C'est ce que je voulais dire en parlant des changements d'après la seconde guerre mondiale : la situation après la guerre était, du fait du bouleversement général, plus fluide, plus mouvante, plus propice aux remises à plat. On a vu la même chose dans l'organisation politique de la France après Vichy et la résistance : les anciennes classes politiques ont disparues.
Au fur et à mesure que les décennies passent la situation se fige, se sclérose, les rentes de situation s'installent et les réformes deviennent de plus en plus minuscules et ne concernent que la marge et pas le coeur.
Croire que si le NON l'emporte l'Histoire repassera les plats et qu'elle nous donnera une nouvelle chance est complètement irréaliste.
Ce qui se passera c'est simplement que l'Europe politique sera morte. Bien entendu tout l'édifice actuel ne s'écroulera pas...il se contentera d'exister sans avancer.
C'est la vision anglaise d'une Europe comme un grand marché qui aura triomphé.
Les USA et la Chine seront les géants politiques du 21ième siècle et nous, les européens, nous nous contenterons de vivre sans pouvoir peser sur le monde.
Si tu a eu des bons profs à la fac tu a surement appris auprès d'eux que l'Histoire est tragique et que les occasions perdues se rattrapent rarement.
C'est ce qu'évoquait sous forme de calembour Georges Perec quand il parlait de l'Histoire avec sa grande hache.
J'ai bien peur que dans deux mois elle ne s'abatte sur nous tous.
[^] # Re: tu fais bien de préciser "pas tous"
Posté par patrick_g (site web personnel) . En réponse au journal Les enseignements de l'Histoire. Évalué à 4.
J'ai aussi une maitrise d'histoire (avec mention Bien car ça existait encore) ;-)
Plus sérieusement je me suis sans doute mal exprimé dans mon journal puisqu'il me semble que tu n'a pas compris ce qui provoque mon inquiétude. Affirmer qu'il n'y a pas urgence à avancer sur la voie d'une plus grande intégration est, à mon avis, une redoutable erreur de perspective historique. C'est ce que je voulais dire en parlant des changements d'après la seconde guerre mondiale : la situation après la guerre était, du fait du bouleversement général, plus fluide, plus mouvante, plus propice aux remises à plat. On a vu la même chose dans l'organisation politique de la France après Vichy et la résistance : les anciennes classes politiques ont disparues.
Au fur et à mesure que les décennies passent la situation se fige, se sclérose, les rentes de situation s'installent et les réformes deviennent de plus en plus minuscules et ne concernent que la marge et pas le coeur.
Croire que si le NON l'emporte l'Histoire repassera les plats et qu'elle nous donnera une nouvelle chance est complètement irréaliste.
Ce qui se passera c'est simplement que l'Europe politique sera morte. Bien entendu tout l'édifice actuel ne s'écroulera pas...il se contentera d'exister sans avancer.
C'est la vision anglaise d'une Europe comme un grand marché qui aura triomphé.
Les USA et la Chine seront les géants politiques du 21ième siècle et nous, les européens, nous nous contenterons de vivre sans pouvoir peser sur le monde.
Si tu a eu des bons profs à la fac tu a surement appris auprès d'eux que l'Histoire est tragique et que les occasions perdues se rattrapent rarement.
C'est ce qu'évoquait sous forme de calembour Georges Perec quand il parlait de l'Histoire avec sa grande hache.
J'ai bien peur que dans deux mois elle ne s'abatte sur nous tous.