• # Mozilla roulaise

    Posté par . En réponse au journal Une grosse connerie : vers l'arrêt de la suite Mozilla ?. Évalué à 4.

    Pour ma part, j'avais réussi à obtenir sans grand débat de ma DSI le choix de Mozilla dès sa version 1.0 comme navigateur et client de courrier électronique, avec les arguments suivants :

    1) intégration immédiate dans l'existant (donc, Win9x/NT/XP) tout en préservant l'avenir (donc, des terminaux X11/NX en poste fixe ou des stations autonomes logiciel libres en postes nomades).

    2) menus francisés (où peut-on envoyer quelque chose aux traducteurs pour les remercier, bon sang !!!!)

    3) facilité de developpement interne d'applications Web au comportement prédictible (réduction des coûts de developpement et amélioration du service rendu) : ce point était crucial, puisque l'une des choses les plus difficiles à obtenir en interne était le developpement rapide selon des calendriers contraignants de petites applications immédiatement déployables partout (le navigateur Web faisant fonction de client)

    4) intégration à la messagerie électronique : ça fait peut-être rire, mais personne n'a les moyens de contraindre de grosses équipes d'adopter quelque workflow que ce soit, surtout quand ils en connaissent déjà un dans la vie perso : le mail.

    5) Chatzilla : qui permet d'utiliser l'irc pour des confs entre sites sans donner l'impression d'utiliser des "logiciels de stagiaires" (appellation consacrée des outils purement ligne de commande ou des bidules clignotants avec ABS, turbomachin et jantes chromées de série).

    6) Le lecteur de newsgroups était bien suffisant pour nos besoins : l'intégration du HTML (je sais, c'est mal sur internet, mais en interne, on fait ce qu'on veut) et une saine présentation des threads, plus le contrôle éditorial remplaçait avantageusement les listes de messagerie, dans lesquelles trier le pourriel des informations aux mises en forme hasardeuses devenait difficile.

    7) budget initial nul, donc, pas besoin de demander des crédits et se taper le parcours du combattant du contrôle financier : pour ça, payer un ou mille, c'est pareil.

    La DSI a fait banco pour un expérience de 4 mois. L'expérience a été concluante, donc, généralisation. C'était il y a deux ans et demi. Désormais, "Mozilla" figure dans la liste des produits d'infrastructure, c'est à dire, ceux connus du contrôle financier. Quelques boulets qui résistent avec IE ne sont plus soutenus par le service info. On pourrait donc acheter des livres, de la doc, de la formation pour peu qu'un besoin interne le suggère (bien sûr, le contrôle financier, qui utilise Mozilla, apprécie le produit mais sait bien qu'on a pas à payer des licences par poste : mais ils ne sont pas si cruels : ils font juste leur job).


    Quand Firefox est apparu, les arguments pour l'employer par rapport à Mozilla ne m'ont pas convaincu de repartir à l'assaut : après tout, quand il s'agissait de "faire mieux que IE", les arguments étaient faciles à trouver. Par contre, promouvoir Firefox contre un Mozilla considéré en interne comme un "progrès" dont tout le monde était content était autrement plus difficile.

    Mais je trouve que le gel du code de Mozilla est une bonne nouvelle, et ce, pour trois excellentes raisons :

    - Les utilisateurs sont contents
    - Le patron est content
    - Je suis content

    Quand la fonction de tri du pourriel a été introduite, il a fallu courir dans les coins pour expliquer aux gens ce que c'était, comment ou non l'utiliser, etc. . Dans ce contexte, trop d'innovation tue l'intérêt.

    En faisant adopter Mozilla, je n'avais pas fait un pari pour l'avenir, mais un constat sur le présent. Je surveillais Mozilla depuis la 0.8 peu ou prou (plus très sûr) sur mon pingouin bidouillé. Maintenant, je surveille Thunderbird et Firefox, mais ce n'est pas encore mûr pour moi, car les innovations ne sont pas encore assez frappantes (mais ça viendra). Ce qui m'intéresse ?

    - RSS (voir point 6)

    - XUL + XML/RPC (réduire le coût de developpement des applis intranet en se débarassant une bonne fois pour toute du HTML/Java^WECMAscript tout en réalisant des applications plus orientées client/serveur sans tomber dans la lourdeur des applets Java)

    - Pour le point 5, mes utilisateurs s'approprient désormais d'eux-même Skype sur les ordinateurs portables (très expérimental : c'est pour causer avec leurs gamins pour le moment : bon : il a fallu bidouiller des adapteurs d'impédance sur des combinés téléphonique d'occasion pour les brancher sur les cartes audio avec un petit interrupteur pour mettre le volume à fond quand c'est "raccroché" : il faut bien comprendre qu'en entreprise, l'intérêt des cartes son était jusqu'alors très limité) et les purs nomades sont tentés par Wengo : puisque ça peut tourner sur Linux, ça me va.


    Et, puisque, comme toute bonne organisation qui se respecte, nous avons des procédures internes de décision lourdes, l'important pour nous est de prendre des décisions sûres, justes, et pérennes.