• # Pour renommer "Non-Commercial" en "Commerce Reservé"

    Posté par . En réponse au journal L'intolérance parmi les "extrêmistes" du libre. Évalué à 7.

    J'ai longtemps bataillé contre les licences dites "non-commerciales". Mais avec un peu plus de politesse, cela dit :-)

    1 - D'abord parce que l'éthique politique anti-commerce de ceux qui les utilisaient manquait d'envergure : on n'a pas a craindre que l'on fasse commerce de nos productions libres, on veut au contraire qu'elles soient diffusées largement. L'éthique est garantie par le fait qu'aucun commerçant ne peut se prévaloire d'aucune exclusivité, si ce n'est par le jeu des marques, face à d'autres commerçants, ou face aux distributeurs passionnés.

    2 - Ensuite, parce qu'il y a quelquechose d'hypocrite à appeler "non-commerciale" une licence qui signifie en fait que l'on peut faire du commerce, mais que seuls les auteurs -et leurs éditeurs éventuelles- en ont l'exclusivité. Il serait plus honnête de désigner ces licences par le terme "Commerce Réservé".

    3 - Enfin parcequ'il y a un flou sur la signification exacte de l'expression "non-commerciale". Que se passe-t-il si je publie un texte sous Creative Common NC sur un site web comportant un bandeau de publicité ? Que se passe-t-il si je photocopie un texte sous Creative Common NC et que je le revend au prix exacte que ça m'a couté ? Que se passe-t-il si je vends mes magazines avec en supplément gratuit un CD de musique sous Creative Common NC ?

    Mais je constate que de plus en plus les échanges d'oeuvres se feront par le biais du net, et ne seront matérialisé que de manière individuelle. Cela veut dire qu'en pratique le terme "NC" fait moins de dégat que ce qu'on pouvait redouter. Et que c'est beaucoup plus convaincant pour les artistes, persuadé que s'ils mettent leur oeuvres sous licences vraiment libres, c'est encore Universal qui se ferait du fric sur leur dos :-) Et convaincu que ainsi personne d'autre qu'eux ne vendra leur CD en ligne sur le net. Ce qui est vrai, mais moins utopiste et radical que de de faire du libre, du vrai.

    Alors tant pis pour les DVD gavés de Ogg vorbis libre que j'espérais trouver à la Fnac à 2 euros, on les distribuera bénévolement. J'abandonne. J'accepte d'appeler Camarade les artistes en NC :-)
    Au final, le plus important c'est la pratique, la vie, la musique, et pas les théories.

    Même si je tiens rappeler que NC ce n'est que du "semi-libre", que par ailleurs ça signifie en réalité "commerce reservé", que la notion est floue, et que le radicalisme c'est de faire du libre, pas de danser en rond en chantant "le commerce, c'est tabou, on en viendra tous à bout" :-)