• # Grmbl

    Posté par . En réponse au journal monde de merde. Évalué à -1.

    WARNING

    C'est gentil de prévenir.

    Si tu es en train de lire ce message, ceci est un avertissement pour toi.

    Et si je ne suis pas en train de lire ce message? Ah ben flutte, la question ne se pose pas. Au temps pour moi. On est bien parti pour aller loin.

    Chacun des mots que tu lis de cet inutile message c'est une autre seconde de ta vie qui s'en va.

    Je suis complètement d'accord sur l'utilité de ton message, si ça peut te rassurer. Maintenant, une seconde le mot ... tu lis à haute voix ou quoi?

    N'as-tu rien d'autre à faire ?

    Si, me masturber et acheter des trucs. Boulet.

    Ta vie est-elle si vide que tu es sincèrement persuadé de n'avoir pas de meilleure manière d'utiliser ces moments ?

    Non, ma vie est bien pleine, et si je prends le temps d'en perdre sur LinuxFR, c'est que ça m'apporte généralement quelque-chose. En revanche, c'est certain qu'avec des journaux comme le tien, je gagnerais à aller faire autre chose.

    Ou es-tu tant impressionné par les autorités que tu vies dans le respect et la foi de tous ceux qui s'en réclament ?

    J'aime bien les questions fermées. Tu préfères te faire trancher la main ou exploser la bite?

    Ensuite, tous les gens que tu respectent sont des gens qui te demandent de les respecter? Comme je te plains, si c'est le cas.

    Est-ce que tu lis tout ce que tu es supposé lire ? Est-ce que tu penses tout ce que tu es supposé penser ?

    Depuis quand je suis supposé lire ou penser quelque-chose, bordel? Tu fais ce que tu veux avec ton libre-arbitre, si ça t'amuse de le nier c'est tant mieux pour toi, mais par pitié laisse le mien tranquille.

    Tu devrais vouloir ce que l'on te dit de vouloir.

    Détermines l'individualité d'abord. Parce que sinon, le simple fait de vouloir ce que ton corps veut que tu veuilles, c'est un peu un principe de base de la nature. Et ça n'a rien d'avilissant, d'humiliant ou de dégradant. Si par contre tu considères l'individualité comme la synthèse du corps et de l'esprit (et d'autre chose si tu le souhaites), la chose est bien différente.

    En tous cas, je devrais me méfier des gens qui me disent de vouloir admettre que le monde pue.

    Sors de ton appartement.

    J'habite à la campagne. L'appartement le plus proche doit être à plusieurs kilomêtres de chez moi.

    Rencontre un membre du sexe opposé.

    Et si je préfère les membres du sexe pas opposé, hein? Qu'est ce que ça pourrait te faire?

    Arrête d'acheter n'importe quoi et de te masturber.

    J'ai du mal à voir le rapport entre les deux côtés de la conjonction. Tu peux développer? Ça a l'air d'être un point central de tes récriminations.

    Démissionne de ton travail.

    C'est balot, mais j'ai pas de travail pour le moment.

    Commence un combat

    Mon combat contre la morosité entretenue et les lieux communs à deux balles, c'est pas suffisant? Arrête de t'écouter te plaindre de la marche du monde, ça serait déjà un super combat, en ce qui te concerne.

    Prouve que tu es en vie.

    À qui? S'il y a bien une chose que j'ai pas à prouver, c'est bien celle-là. À la limite, prouver que je fais quelque chose de ma vie, ça pourrait avoir un sens. Mais en même temps, si tu commences à vivre pour prouver quelque-chose, tu entres dans le cycle vicieux des concours de bite, et tu finis par faire des choses absolument stupides, destructrices et en désaccord avec ta nature profonde, juste pour prouver un truc dont tu ne te souviens plus vraiment.

    Si tu ne proclames pas ton humanité, tu deviendras une statistique.

    Tu penses quoi d'une statistique sur les gens qui proclament leur humanité? Outre le fait d'être une banalité affligeante ("je suis un être humain, écoutez moi tous, je parles, je pense, et je dis de la merde!"), c'est passablement naïf. Si le fait d'entrer en ligne de compte dans une statistique te dérange, tu peux aller te pendre tout de suite: c'est le cas depuis ta naissance.

    Si c'est le fait de n'être rien de plus qu'une statistique, ben faudrait commencer par te sortir les doigts du cul. C'est pas en étalant ton spleen sur internet que ça s'arrangera.

    Tu as été prévenu.

    Chouette alors.

    "On est les enfants oubliés de l'Histoire. On n'a pas de grande guerre, pas de grande dépression. Notre grande guerre est spirituelle, notre grande dépression, c'est nos vies. On n'a pas de but ni de vraie place. On fait des boulots qu'on déteste pour se payer des merdes qui nous servent à rien. La télé nous a appris à croire qu'on serait tous millionnaires ou stars du cinéma mais c'est faux ! Et on apprends lentement cette vérité... On en a vraiment, vraiment plein le cul..."

    Quand on cite quelque-chose, surtout une réplique complète comme ici, on peut se fendre de citer aussi sa source.

    Ceci étant dit, ta thèse je l'ai déjà entendue deux cent fois - dont une fois ou deux par ma bouche. Ton mal-être ne m'amuse pas, j'aurais même tendance à compatir. Mais si vraiment tu ne veux pas t'en sortir, aies au moins la décence de ne pas essayer de contaminer tes petits camarades. Ton monde pue, c'est bien triste, mais toi seul peut y faire quelque-chose. Et contrairement à ce que tu sembles penser, ce n'est pas faire preuve d'une lucidité hors du commun que de réaliser qu'on a une vie de merde. Ou alors la lucidité est bien proche de la désillusion.

    Si vraiment tu veux voir le côté pourri du monde à tout prix, tu n'auras aucun mal. Même la société la plus idyllique qui soit ne supprime pas la mort, la maladie, la souffrance. Même une civilisation qui aurait supprimé la maladie ne nierait pas l'entropie. Si vraiment tu veux voir la merde, il te suffit de regarder la cuvette des chiottes avant de tirer la chasse. C'est un principe immuable. Ne crois pas qu'en voyant le monde laid tu pourras l'améliorer, tu ne feras que t'enfoncer dans des considérations de plus en plus aigries et stériles.

    Quand on veut voir le monde moche, on y arrive très bien. La difficulté, elle est dans le fait de vouloir voir autre chose. De savoir apprécier les petits plaisirs de l'existence. De vouloir faire plaisir à autrui.