• [^] # Re: Une solution simple

    Posté par . En réponse au journal Quand Google défie l'Europe. Évalué à 7.

    Dans le même temps, je considère l'esperanto un peu comme la réforme Toubon de l'orthographe : un effort désespéré pour influer sur le cours de l'histoire des langues... petite fourmi demandant à la reine d'arrêter de pondre pour donner des vacances à tout le monde (...)

    En réalité, on serait étonné de l'importance qu'a pris l'Espéranto au début du siecle dans notre pays, à l'époque où pourtant le Français avait une très grande place dans le monde, lorsque l'Anglais était évoqué en tant que possible langue internationale, les moqueries allait bon train sur « la langue que même les Anglais ne savent pas prononcer ». En effet, en lisant l'article, j'ai pris connaissance de l'existance de Gallica (1⁄2uvres numérisés de la BNF) et y ai cherché des documents traitant de l'Espéranto.

    Il n'y en a pas énormément, mais la présence la plus remarquable s'est faite dans deux documents, le premier étant le compte rendu du Deuxième Congrès International des Mathématiciens (Août 1900) ou une conférence a apparament été donnée (par un Espérantiste) sur l'utilité de la langue internationale auxiliaire Espéranto dans le domaine scientifique. La deuxième présence est dans la Revue Internationale des Sciences Pures et Appliquées, en 1903 et 1904, ou un article est publié au sujet de l'espéranto par un professeur de physique convaincu. J'ai également trouvé une présentation élogieuse de l'Espéranto dans l'encyclopédie familiale Je sais tout... On est loin du "black-out" presque complet de l'Espéranto dans les médias et des moqueries actuelles sur l'Espéranto.

    Enfin, tout ça pour dire qu'au début du siècle, l'Espéranto a fait beaucoup de bruit, mais a subi (comme aujourd'hui d'ailleurs) le refus des politiques, notament à cause de l'abscence de culture ou de littérature (ce qui n'est plus vrai à l'heure actuelle), mais aussi par la peur du communisme à cause de l'idéal de paix entre les différents peuples véhiculé par l'Espéranto. Le mouvement avait suffisament d'ampleur pour que l'Etat français interdise l'usage des locaux de l'éducation nationale pour l'apprentissage de l'Espéranto.

    On doit également un assez brusque arrêt du développement de l'Espéranto à Hitler qui a déporté les Espérantistes au même titre que les Juifs, les homosexuels ou les opposants poliques... (Louis-Lazare Zamenhoff, créateur de l'Espéranto, était juif). Staline a également déporté les Espérantistes en Sibérie, et pour les étatuniens, l'Espéranto était également très fortement lié au communisme, ce qui était assez mal vu...

    Bref, tout ça pour dire que certes, on a l'impression que l'Espéranto n'a pas fonctionné, mais on constate deux générations d'Espérantistes : les vieux de la première vague, et les jeunes de la vague internet. En effet on voit un regain relativement important de l'Espéranto, notament auprès de la "communauté" du logiciel libre.

    Pour la petit annecdote, je me suis interessé moi même à l'Espéranto il y a moins d'un an, à l'occasion de la rédaction d'un petit article sur les formats ouvert, en les comparant à un espéranto, mot entré dans un certain usage pour désigner un outil de communication idéal. Depuis 4 mois que je l'apprends à un rythme assez peu soutenu, je peux désormais lire relativement facilement et sans mettre le nez sans cesse dans le dictionnaire, les articles du monde diplomatique en espéranto ( http://eo.mondediplo.com/(...) )

    (PS: Merci à Anonymous #1 d'avoir pris le courage de montre le lien entre cet article du monde et l'Espéranto... ayant lancé ma part de débat sur le sujet par ici, je n'en avais pas eu la force...)