Allez, démontons ton raisonnement point par point. Il n'y aura pas de concentration du savoir, ni à Boston, ni ailleurs. Pas à cause du logiciel libre, en tout cas.
Pour faire simple, il y a 3 composantes du "Savoir" : l'enseignant, l'étudiant, et les supports (livres, documentation, etc...). Je les prends dans l'ordre inverse.
Les supports sont accessibles depuis quasiment partout, maintenant. Bien sûr, la BNF représente une formidable concentration de "supports", mais elle n'en a pas le monopole. Les supports disponibles là-bas sont, sauf pour des raretés, disponibles en de nombreux endroits ailleurs, dans des bibliothèques de province, d'universités, etc...
La concentration des supports a aussi un effet pervers : être noyé sous la quantité. Tu oublies allègrement que, pour un livre sur un thème, il y en a des dizaines, voire des centaines, qui lui sont plus ou moins équivalents.
Est-il besoin de posséder les quelques milliers de livres parus sur le C++ pour apprendre le langage ? NON ! 1 ou 2 suffisent. Il vaut aussi mieux lire 1 support de bonne qualité que 10 ou 100 merdiques.
Pour les LL, de nombreux supports (de qualités différentes, d'ailleurs) sont disponibles via l'Internet, en tout point du globe. Les manuels les plus essentiels sont disponibles et distribués librement. Toute librairie informatique digne de ce nom propose des O'Reilly et plein d'autres ouvrages de qualité.
De plus, la bibliothèque de mon ancienne université, assez petite, avait un système de prêt à distance, ce qui faisait qu'on avait potentiellement tout le catalogue de toutes les biblios universitaires de France (et probablement de la BNF aussi). De même pour ma bibliothèque municipale, aussi un système de prêt à distance. Le fait que tu ne l'aies pas mentionné prouve que tu n'as pas souvent mis les pieds dans une bibliothèque, soit-dit en passant.
Donc même en cas de besoin absolu de livres ou revues rares (jamais vu ca en sciences, peut-être pour des études d'histoires, de littérature, etc..., où il faut accéder à des ouvrages anciens et épuisés), le "point de concentration des savoirs" n'est plus un passage géographique ou économique obligé.
Le deuxième facteur du savoir est l'étudiant. Un étudiant correct, légèrement bosseur, lira et assimilera, grosso-modo, 1 livre ou 2 par mois, durant 5 ans, soit entre 50 et 100 livres. Et lira peut-être 500 articles divers. On double les chiffres s'il fait une thèse, soit 150 à 200 livres et 1000 articles. Pour une bibliothèque de département universitaire, si on suppose une dizaine ou une vingtaine de matières séparées, nul besoin de posséder beaucoup plus que 10.000 livres, ce qui est énorme, vu les recoupements.
En réalité, je ne connais personne, même parmi les bosseurs, qui ait lu autant ! Les livres sont le plus souvent consultés, l'étudiant allant à l'essentiel.
Le deuxième point, c'est que 2 étudiants disposant d'exactement les mêmes supports ne seront pas forcément du même niveau. Tout dépend de la capacité de travail et de l'investissement des étudiants en question. Et de leur compréhension intime, intuitive, de la matière. Ramanujan n'avait, selon la petite histoire, lu qu'un seul livre...
Avoir plus de supports est en théorie un avantage, en pratique, cela reste à démontrer.
Ici aussi, le LL présente un avantage pour l'étudiant. Étant à coeur ouvert, il permet à chacun d'étudier ses entrailles, et d'apprendre autant qu'on le désire. Et chacun peut améliorer les supports s'il voit qu'ils sont pas adaptés/peu clairs, etc...
Le 3ème facteur, ce sont les enseignants. Il y a d'excellentes petites universités ou écoles, qui forment de très bons ingénieurs. Car ils ont des enseignants (et parfois chercheurs) de qualité, qui tirent la quintessence des supports en surnombre, et qui font de leur mieux pour que les étudiants assimilent bien.
Ici, il n'y a pas de concentration. Ah, si ! J'ai remarqué que les universités et écoles réputées attirent plein de mauvais profs/chercheurs. Car les notes académiques et le renom ne font pas tout...
Le LL est un formidable outil pour les enseignants, là-aussi. Il permet d'illustrer pratiquement la théorie. Il permet par exemple à Torvalds de montrer les points faibles des affirmations de Tanenbaum (sur la supériorité des micro-kernels sur les kernels monolithiques). De concentration ? Point. Je ne vois qu'une libre diffusion et confrontation des idées.
Voilà, de tout celà, je tire que tes thèse, et celles de Daniel Cohen, sont fumeuses (pour être gentil). Tu ne peux appliquer des modèles économiques ou financiers aux LL, au "Savoir" ou à d'autres domaines, sans vérifier que les prémisses sont correctes. C'est un manque de rigueur inqualifiable.
# Pour un polytechnicien, on s'attendait à mieux....
Posté par Security__Watch . En réponse au journal L'effet pervers du logiciel libre et de la "nouvelle conomie" : la concentration du savoir. Évalué à 7.
Pour faire simple, il y a 3 composantes du "Savoir" : l'enseignant, l'étudiant, et les supports (livres, documentation, etc...). Je les prends dans l'ordre inverse.
Les supports sont accessibles depuis quasiment partout, maintenant. Bien sûr, la BNF représente une formidable concentration de "supports", mais elle n'en a pas le monopole. Les supports disponibles là-bas sont, sauf pour des raretés, disponibles en de nombreux endroits ailleurs, dans des bibliothèques de province, d'universités, etc...
La concentration des supports a aussi un effet pervers : être noyé sous la quantité. Tu oublies allègrement que, pour un livre sur un thème, il y en a des dizaines, voire des centaines, qui lui sont plus ou moins équivalents.
Est-il besoin de posséder les quelques milliers de livres parus sur le C++ pour apprendre le langage ? NON ! 1 ou 2 suffisent. Il vaut aussi mieux lire 1 support de bonne qualité que 10 ou 100 merdiques.
Pour les LL, de nombreux supports (de qualités différentes, d'ailleurs) sont disponibles via l'Internet, en tout point du globe. Les manuels les plus essentiels sont disponibles et distribués librement. Toute librairie informatique digne de ce nom propose des O'Reilly et plein d'autres ouvrages de qualité.
De plus, la bibliothèque de mon ancienne université, assez petite, avait un système de prêt à distance, ce qui faisait qu'on avait potentiellement tout le catalogue de toutes les biblios universitaires de France (et probablement de la BNF aussi). De même pour ma bibliothèque municipale, aussi un système de prêt à distance. Le fait que tu ne l'aies pas mentionné prouve que tu n'as pas souvent mis les pieds dans une bibliothèque, soit-dit en passant.
Donc même en cas de besoin absolu de livres ou revues rares (jamais vu ca en sciences, peut-être pour des études d'histoires, de littérature, etc..., où il faut accéder à des ouvrages anciens et épuisés), le "point de concentration des savoirs" n'est plus un passage géographique ou économique obligé.
Le deuxième facteur du savoir est l'étudiant. Un étudiant correct, légèrement bosseur, lira et assimilera, grosso-modo, 1 livre ou 2 par mois, durant 5 ans, soit entre 50 et 100 livres. Et lira peut-être 500 articles divers. On double les chiffres s'il fait une thèse, soit 150 à 200 livres et 1000 articles. Pour une bibliothèque de département universitaire, si on suppose une dizaine ou une vingtaine de matières séparées, nul besoin de posséder beaucoup plus que 10.000 livres, ce qui est énorme, vu les recoupements.
En réalité, je ne connais personne, même parmi les bosseurs, qui ait lu autant ! Les livres sont le plus souvent consultés, l'étudiant allant à l'essentiel.
Le deuxième point, c'est que 2 étudiants disposant d'exactement les mêmes supports ne seront pas forcément du même niveau. Tout dépend de la capacité de travail et de l'investissement des étudiants en question. Et de leur compréhension intime, intuitive, de la matière. Ramanujan n'avait, selon la petite histoire, lu qu'un seul livre...
Avoir plus de supports est en théorie un avantage, en pratique, cela reste à démontrer.
Ici aussi, le LL présente un avantage pour l'étudiant. Étant à coeur ouvert, il permet à chacun d'étudier ses entrailles, et d'apprendre autant qu'on le désire. Et chacun peut améliorer les supports s'il voit qu'ils sont pas adaptés/peu clairs, etc...
Le 3ème facteur, ce sont les enseignants. Il y a d'excellentes petites universités ou écoles, qui forment de très bons ingénieurs. Car ils ont des enseignants (et parfois chercheurs) de qualité, qui tirent la quintessence des supports en surnombre, et qui font de leur mieux pour que les étudiants assimilent bien.
Ici, il n'y a pas de concentration. Ah, si ! J'ai remarqué que les universités et écoles réputées attirent plein de mauvais profs/chercheurs. Car les notes académiques et le renom ne font pas tout...
Le LL est un formidable outil pour les enseignants, là-aussi. Il permet d'illustrer pratiquement la théorie. Il permet par exemple à Torvalds de montrer les points faibles des affirmations de Tanenbaum (sur la supériorité des micro-kernels sur les kernels monolithiques). De concentration ? Point. Je ne vois qu'une libre diffusion et confrontation des idées.
Voilà, de tout celà, je tire que tes thèse, et celles de Daniel Cohen, sont fumeuses (pour être gentil). Tu ne peux appliquer des modèles économiques ou financiers aux LL, au "Savoir" ou à d'autres domaines, sans vérifier que les prémisses sont correctes. C'est un manque de rigueur inqualifiable.