• # Communautarisme ?

    Posté par (Mastodon) . En réponse au journal Le logiciel libre : avant-garde révolutionnaire ou ghetto communautaire ?. Évalué à 7.

    (Bon c'est peut-être pas l'endroit pour réagir sur le fond, si une news apparaît je le referai là bas...)

    J'ai l'impression que cet article, pourtant très intéressant, se rend coupable du communautarisme qu'il "dénonce", en présentant les développeurs de logiciels comme une communauté professionnelle, qui a produit une licence "à but interne".

    Deux points:

    - D'une part, les licences libres sont l'ouverture d'une communauté. Si le code source n'était pas disponible, alors la programmation serait un art ésotérique, que l'on ne pourrait apprendre qu'en achetant des grimoires ou en suivant les enseignements d'un maître. Le fait que les codes sources soient disponibles et réutilisables signifie que n'importe qui ne faisant pas partie de cette soi-disant communauté peut y entrer s'il est assez motivé.

    - D'autre part, les licences libres sont des licences pour les utilisateurs autant que pour les collègues. La frustration de Stallman qui a mené à la GPL était une frustration d'utilisateur: un problème de driver d'imprimante qui ne fonctionnait pas. Pas un problème de réutilisation de code dans ses propres programme, mais un programme acheté à quelqu'un d'autre, qui ne fonctionnait pas. Stallman étant développeur, il aurait voulu pouvoir corriger lui même. Mais s'il n'avait pas été développeur, il aurait voulu pouvoir demander à un ami de le faire. Le droit de modification ne veut pas (seulement) dire que l'on a le droit de modifier soi-même. Ce qu'il veut dire, c'est que l'on peut aussi demander à un ami de faire la modification, ou bien payer quelqu'un pour la faire. C'est un droit d'utilisateur, pas de développeur.

    Il se trouve, pour des raisons pratiques, que les développeurs se sentent naturellement plus touchés par ces licences parce qu'elles facilitent la réutilisation de code, mais elles me semblent autant destinées au "consommateur" qu'au professionnel.