• # sous sous sous....

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Manuels scolaires libres.. Évalué à 2.

    Voilà une nouvelle bien triste, mais je pense que c'est un peu l'arbre qui cache la forêt.
    Il ne faut pas oublier qu'en terme d'enseignement, ce qui coûte cher
    (ou si vous préférez ce qui est rare), c'est d'abord les profs.
    Les pays qui n'ont pas de fric pour acheter des bouquins,
    ils n'ont pas tellement de fric non plus pour payer des enseignants;
    s'il faut chercher un grand méchant
    dans l'histoire, j'irais voir du côté des états qui rechignent à aider le
    Tiers Monde avant d'aller taper sur les éditeurs
    (même si on peut déplorer qu'ici un arrangement n'ait pas été possible).
    Si on revient en France, un contributeur se plaignait avec raison de la charge
    que représentent les manuels pour les familles.
    A mon avis, c'est à l'Etat d'acheter ces livres.
    Notons que la situation est en train de changer suite aux actions de pas mal des exécutifs régionaux récemment élus -- même s'il est évident que le bon échelon pour faire ça serait l'Etat. Pour le coût des livres scolaires, il me semble assez clair qu'étant le plus gros client, il devrait être capable de négocier des prix intéressants.

    Quant à l'idée de faire des manuels libres, c'est une idée généreuse, mais qui porte en elle plein d'effets pervers
    - elle fait oublier que l'Education fait partie des fonctions régaliennes de l'Etat, qui doit assumer pleinement ses devoirs, et ne doit pas laisser une communauté (fût elle bien intentionnée) ou des intérêts financier l'exercer.
    - elle laisse croire que le problème de l'Education est un problème d'accès à l'information, ce qui est largement faux. Un étudiant en premier cycle de maths trouvera sans peine sur internet (tiens, sur ma page web entre autres) des cours couvrant tout son programme, mais ce qui lui manque, c'est du temps à discuter des choses qu'il n'a pas comprises. Actuellement, il ne manque pas
    de "libéraux" qui voient dans la possibilité de mettre des cours sur Internet
    une occasion de "diminuer le présentiel" (il faut comprendre moins d'heures de cours, donc moins de profs à payer et les élèves se démerdent)