• [^] # Re: Présomption d'innocence

    Posté par . En réponse au journal Le monde est fou.... Évalué à 5.

    Même sans aller jusqu'à réclamer le retour de la peine de mort, et tous ses travers, je pense qu'il faudrait déjà qu'une peine de prison de 28 ans ne se commue plus en peine de moins de 8 ans sans suivi psychiatrique...

    Il faudrait aussi éviter de faire du sensasionalisme avant d'avoir les éléments. Par exemple, dans ton annonce Yahoo ca parle d'"indices concordants" mais sans les citer. Donc si ça ne trouve c'est complètement pipeau. Autre exemple, il s'agit peut-être d'une erreur d'un juge d'application des peines qui a amené à la libération du type, et les erreurs ça peut arriver, même si dans ce cas-là c'est potentiellement l'horreur qui peut arriver à cause de cette erreur. Il ne faut donc pas en faire une règle générale avant d'avoir les éléments permettant de l'affirmer.

    Notre société est en partie malade de ces média complètement dépendants du sensationalisme et du fait-divers, qui nous présentent dans les "journaux télévisés" une suite d'acte isolés, à chaud, sans recul, et font penser aux gens que c'est un cas général, que ça VA leur arriver. Le but de l'"information" devrait être d'informer sur des choses générales[1], non des cas particuliers entretenant le climat de peur.

    Pirater un logiciel, c'est 3 ans de prison et 45.000 € d'amende... Pitoyable !

    Les maximum prévus par la loi ne sont que des maximum.. ceux qui piratent "peu" n'auront sûrement pas de prison ferme, au max de la prison avec sursis (ça ne veut pas dire que j'aprouve cette peine maximum, loin de là - juste pour ramener plus de réalité à cette affirmation - et on n'est jamais à l'abri d'un juge qui utiliserait la peine maximum pour l'exemple).


    [1] par exemple, au moment de la campagne présidentielle de 2002, j'étais abonné au journal Le Monde ; pendant ces 6 mois où les télés et journaux ont surenchéri sur l'insécurité, je n'ai vu qu'une seule étude statistique sur l'évolution de la criminalité (dans Le Monde), et elle révélait :

    - une stabilité des homicides et tentatives
    - une augmentation des viols et tentatives, attribuée à la "libération de la parole" (les victimes en parlent de nos jours, alors qu'elles n'en parlaient pas dans le passé)
    - une augmentation des délits et violences, dont la cible était totalement constituée de la même population que celle qui commet ces violences (c'est-à-dire, beaucoup d'auteurs provenaient des "banlieues défavorisées" et leurs victimes étaient situées dans ces "banlieues défavorisées").

    Il est par la suite intéressant de ramener ça au fait que beaucoup de "braves gens" n'ayant rien à voir géographiquement avec ces "banlieues défavorisées" se sont senties victimes potentielles et ont eu la réaction de peur qu'on connaît.

    Disclaimer : je ne cherche pas à nier l'existence de problèmes, je cherche juste à dire que l'explication et l'analyse est systématiquement passée sous silence dans notre système médiatique moderne, et que c'est dommage parce que ça décrit en l'espèce une situation bien différente de celle qui était fantasmée après ingestion de la dose quotidienne de journal télévisé