... c'est son utilisation dans certains (nombreux) cas qui pose problème.
L'industrie de la musique raconte parfois de grosses bêtises, mais elle n'a pas tout à fait tort sur certains thèmes. Admettons par exemple une variante très faible du droit d'auteur, dans lequel les seuls droits exclusifs accordé à l'auteur soient ceux de commercialiser (diffuser et distribuer) l'oeuvre pendant une certaine (courte) durée. Les particuliers auraient notamment un droit de copie illimitée (interdiction des DRM), etc...
Même avec cette variante "faible", l'usage du P2P pose problème. Télécharger est OK, le problème, c'est que tu mets à disposition, donc diffuses, des morceaux. Même sans te criminaliser, il faudrait que tu payes des royalties de diffusion, par exemple à la SACEM.
On peut en effet assimiler quelqu'un qui diffuse en P2P à un chanteur inconnu qui interprète des chansons d'auteurs très célèbres lors d'un concert. Les spectateurs ne sont pas en cause, mais l'interprète devrait payer. À la base, c'est logique et juste.
Notons : le P2P pose aussi problème pour les auteurs de LL. Sur le net, il y a plein de gens qui *distribuent* des binaires de LL sous GPL sans proposer le code source. En violation flagrante de la licence ! Si c'est condamnable de faire ca pour du LL, alors ca l'est aussi pour la musique et les films. Point barre !.
Les technologies numériques posent un 2ème problème : les particuliers ont maintenant des moyens de copie qui n'étaient accessibles, il y a 25 ans, qu'aux contrefacteurs industriels (et la contrefacon par des professionnels est un véritable fléau). La faute en incombe aussi à l'industrie musicale. Ils ont voulu baisser les coûts, ils y sont arrivés : même un gosse peut faire des remixes de super-qualité, et en (faire) imprimer des albums à la qualité professionnelle !
Je crois que ce qui est en cause, c'est le systéme actuel des industries de contenu "immatériel". Elle s'est sabordée elle-même en se concentrant sur le modèle :
1) on veut peu d'artistes, mais qui vendent beaucoup
2) beaucoup de pub rien que pour ceux là
3) d'où beaucoup de ventes, superbes bénéfices (coûts unitaires marginaux)
4) pas besoin de faire de la qualité, ca coûte plus cher, alors que c'est la pub qui fait vendre, plus la qualité
Le maillon faible, c'est le consommateur. À partir du moment où la valeur du bien dans sa tête est proche de 0, mais que l'effet de mode fait que c'est un "must-have", il va chercher à se procurer l'oeuvre à moindre coût. Or, chance ! Comme l'industrie a justement baissé les coûts de reproduction (on veut plus de bénefs) grâce à la technologie, et que ces coûts sont devenus tellements bas que même le consommateur moyen peut se les payer, ben, ya plus photo !
Ce scénario se répètera pour beaucoup de domaines à l'avenir. Le livre sera sans doute bientôt sur le front. Les scientifiques travaillent à des livres dont les pages sont des écrans de LCD souples. Quand les ordinateurs permettront de (faire) fabriquer soi-même ses médicaments à bas coût (c'est de la SF, mais pour combien de temps encore ?), on va aussi entendre hurler.
Il faut donc trouver de nouveaux modèles économiques pour ces industrie. Ca implique une *douloureuse* remise en question. Or, c'est plus facile de criminaliser ses clients...
# Le P2P est légal....
Posté par Security__Watch . En réponse au journal Le P2P va-t-il devenir légal ?. Évalué à 10.
L'industrie de la musique raconte parfois de grosses bêtises, mais elle n'a pas tout à fait tort sur certains thèmes. Admettons par exemple une variante très faible du droit d'auteur, dans lequel les seuls droits exclusifs accordé à l'auteur soient ceux de commercialiser (diffuser et distribuer) l'oeuvre pendant une certaine (courte) durée. Les particuliers auraient notamment un droit de copie illimitée (interdiction des DRM), etc...
Même avec cette variante "faible", l'usage du P2P pose problème. Télécharger est OK, le problème, c'est que tu mets à disposition, donc diffuses, des morceaux. Même sans te criminaliser, il faudrait que tu payes des royalties de diffusion, par exemple à la SACEM.
On peut en effet assimiler quelqu'un qui diffuse en P2P à un chanteur inconnu qui interprète des chansons d'auteurs très célèbres lors d'un concert. Les spectateurs ne sont pas en cause, mais l'interprète devrait payer. À la base, c'est logique et juste.
Notons : le P2P pose aussi problème pour les auteurs de LL. Sur le net, il y a plein de gens qui *distribuent* des binaires de LL sous GPL sans proposer le code source. En violation flagrante de la licence ! Si c'est condamnable de faire ca pour du LL, alors ca l'est aussi pour la musique et les films. Point barre !.
Les technologies numériques posent un 2ème problème : les particuliers ont maintenant des moyens de copie qui n'étaient accessibles, il y a 25 ans, qu'aux contrefacteurs industriels (et la contrefacon par des professionnels est un véritable fléau). La faute en incombe aussi à l'industrie musicale. Ils ont voulu baisser les coûts, ils y sont arrivés : même un gosse peut faire des remixes de super-qualité, et en (faire) imprimer des albums à la qualité professionnelle !
Je crois que ce qui est en cause, c'est le systéme actuel des industries de contenu "immatériel". Elle s'est sabordée elle-même en se concentrant sur le modèle :
1) on veut peu d'artistes, mais qui vendent beaucoup
2) beaucoup de pub rien que pour ceux là
3) d'où beaucoup de ventes, superbes bénéfices (coûts unitaires marginaux)
4) pas besoin de faire de la qualité, ca coûte plus cher, alors que c'est la pub qui fait vendre, plus la qualité
Le maillon faible, c'est le consommateur. À partir du moment où la valeur du bien dans sa tête est proche de 0, mais que l'effet de mode fait que c'est un "must-have", il va chercher à se procurer l'oeuvre à moindre coût. Or, chance ! Comme l'industrie a justement baissé les coûts de reproduction (on veut plus de bénefs) grâce à la technologie, et que ces coûts sont devenus tellements bas que même le consommateur moyen peut se les payer, ben, ya plus photo !
Ce scénario se répètera pour beaucoup de domaines à l'avenir. Le livre sera sans doute bientôt sur le front. Les scientifiques travaillent à des livres dont les pages sont des écrans de LCD souples. Quand les ordinateurs permettront de (faire) fabriquer soi-même ses médicaments à bas coût (c'est de la SF, mais pour combien de temps encore ?), on va aussi entendre hurler.
Il faut donc trouver de nouveaux modèles économiques pour ces industrie. Ca implique une *douloureuse* remise en question. Or, c'est plus facile de criminaliser ses clients...