Je viens de regarder le reportage "Les pirates du net" de l'émission Envoyé Spécial.
Dans l'ensemble tous les points de vue ont été présentés avec des représentants parfois caricaturaux. Par exemple, le premier "pirate" est un gros consommateur de p2p et il ne doit pas représenter la grande majorité des gens qui utilisent le peer2peer. Qui plus est, vu son équipement il a les moyens d'acheter des CD et DVD et j'espère qu'il ne fait pas que pirater.
Sinon, il est assez agaçant d'entendre que les copieurs de mp3 sont des "pirates". Un pirate dans le sens historique du terme s'enrichit en pillant, en volant. La majorité des personnes qui téléchargent illégalement de la musique ne peuvent être qualifiés de voleurs. Un voleur retire de la richesse à la personne qu'il vole or souvent la musique téléchargée n'aurait jamais été achetée et ce même si le piratage informatique n'existait pas. Bien sûr il y a des cas particuliers où des gens en font un commerce mais doit on généraliser un terme à des personnes qui n'ont pas du tout le même profil ?
Autre critique sur ce reportage : il manque une analyse des chiffres sur la vente des CD musicaux. Dans votre reportage vous ne faites jamais allusion aux autres causes de la baisse des ventes. Or il est évident comme le montre le principe des vases communicants : si ça monte d'un coté ça baisse de l'autre. Depuis ces dernières années il y a eu une hausse énorme de la vente de la téléphonie mobile et ce qui tourne autour (logo, musique, gadgets,...). Il y a eu une hausse de la vente des DVD musicaux, une hausse de la vente des DVD vidéos. Normal vu que la qualité des DVD face aux VHS est évidente donc les gens s'équipent aussi en appareils hifi/vidéo pour en profiter. Les ventes d'équipement informatique ont aussi fortement grimpé. Tout doit-il grimper ? Non car c'est impossible. Ce qui ne grimpe pas est ce qui n'innove pas, ce qui reste cher : les CD musicaux.
Le directeur de la FNAC a lui-même annoncé dans un interview que le piratage ne représentait que à peine 3 % de la baisse des ventes. Le marché a changé et les majors n'ont pas su évoluer avec lui. Elles ont même changer leur façon de faire pour faire du profit à court terme : Star Academy, Pop Star,... Des artistes jetables qui rapportent beaucoup en un an et sont peu chers à lancer. Si ces majors voyaient à long terme elles pourraient dénicher de vrais artistes qui durent et qui rapportent beaucoup plus sur la durée. Les majors ont elles aussi succombé aux joies illusoires du profit immédiat.
Autres manques dans ce reportage : Rien sur le droit à la copie privée et sur les CD protégés.
Les majors pour lutter contre le piratage ont dépensé de l'argent en R&D pour développer des techniques anti-piratages (qui seront toujours inefficaces soit dit en passant) qui souvent provoquaient des problèmes de compatibilité avec certains appareils (certains ont même dû être ramenés au constructeur car un CD protégé les avait endommagé). Cette protection est illégale aux yeux des associations de consommateurs car elle rentre en conflit avec le droit à la copie privée. Malheureusement ce droit est actuellement remis en cause. Donc par exemple si on achète un CD on n'a pas le droit de le copier sur son lecteur mp3 portable pour l'écouter dans les transport en commun. Il faudrait aux yeux des majors (et de certains députés) le payer une seconde fois. Pourtant c'est eux-même qui disent que ce n'est pas le support que l'on paye mais le travail de l'artiste. C'est tout de même abusif. En plus le système anti-piratage prends la place d'un morceau sur le CD donc il y a moins de morceaux sur l'album pour le même prix. Depuis l'arrivée des CD protégés de nombreux utilisateurs ont décidé de boycotter ce type de CD. Ceci provocant une baisse supplémentaire des ventes.
Autre point intéressant entendu chez votre confrère Radio France Internationale : Les majors américaines ont été condamnées à payer les 500 millions de dollars qu'elles avaient oubliées de payer pour les royalties des petits artistes. Et ensuite elles osent dire que le piratage tue les petits artistes. Un comble !
Les majors touchent aussi de l'argent via la taxe TASCA (taxe sur les supports numériques pour le droit à la copie privée (droit qui comme expliqué plus haut veut être rendu techniquement impossible)). Pour chaque vente de support numérique CD vierge, disque dur, mémoire Flash,... les maisons de disques touchent de l'argent. Sont-ils les seuls à se faire pirater ? Les éditeurs de jeux vidéos, de logiciels, les photographes,... ne touchent rien alors qu'eux aussi se font pirater. Pourquoi cette inégalité ? Le lobby des maisons de disques a t-il plus de poids ?
Et pourquoi taxer des supports qui ne sont pas toujours utilisé pour le piratage ? Les photos ou films de vacances, les sauvegardes de données personnelles, les logiciels gratuit ou libres, les musiques légalement téléchargeables,... Les gens doivent-ils payer pour les autres ? Présomption de culpabilité ?
Bref, vous auriez pu développer beaucoup plus le sujet et y consacrer un temps plus important avec pourquoi pas un débat avec des gens de tous les points de vues.
Les majors doivent savoir que les consommateurs ne veulent pas être traités comme des vaches à lait. Ce n'est pas en voulant récupérer de l'argent par tous les moyens que ça va attirer les consommateurs. Bien au contraire.
Voilà c'est à peu près tout ce que je voulais dire.
Ah si ! Un autre point : pourriez vous demander à votre webmaster d'agrandir cette zone de texte ? :)
Merci,
Franck
L'association LinuxFr ne saurait être tenue responsable des propos légalement repréhensibles ou faisant allusion à l'évêque de Rome, au chef de l'Église catholique romaine ou au chef temporel de l'État du Vatican et se trouvant dans ce commentaire
[^] # Re: Appel à contribution.
Posté par Infernal Quack (site web personnel) . En réponse au journal France 2 et les pirates informatiques. Évalué à 10.
--------------------------------------------------------------------
Bonjour,
Je viens de regarder le reportage "Les pirates du net" de l'émission Envoyé Spécial.
Dans l'ensemble tous les points de vue ont été présentés avec des représentants parfois caricaturaux. Par exemple, le premier "pirate" est un gros consommateur de p2p et il ne doit pas représenter la grande majorité des gens qui utilisent le peer2peer. Qui plus est, vu son équipement il a les moyens d'acheter des CD et DVD et j'espère qu'il ne fait pas que pirater.
Sinon, il est assez agaçant d'entendre que les copieurs de mp3 sont des "pirates". Un pirate dans le sens historique du terme s'enrichit en pillant, en volant. La majorité des personnes qui téléchargent illégalement de la musique ne peuvent être qualifiés de voleurs. Un voleur retire de la richesse à la personne qu'il vole or souvent la musique téléchargée n'aurait jamais été achetée et ce même si le piratage informatique n'existait pas. Bien sûr il y a des cas particuliers où des gens en font un commerce mais doit on généraliser un terme à des personnes qui n'ont pas du tout le même profil ?
Autre critique sur ce reportage : il manque une analyse des chiffres sur la vente des CD musicaux. Dans votre reportage vous ne faites jamais allusion aux autres causes de la baisse des ventes. Or il est évident comme le montre le principe des vases communicants : si ça monte d'un coté ça baisse de l'autre. Depuis ces dernières années il y a eu une hausse énorme de la vente de la téléphonie mobile et ce qui tourne autour (logo, musique, gadgets,...). Il y a eu une hausse de la vente des DVD musicaux, une hausse de la vente des DVD vidéos. Normal vu que la qualité des DVD face aux VHS est évidente donc les gens s'équipent aussi en appareils hifi/vidéo pour en profiter. Les ventes d'équipement informatique ont aussi fortement grimpé. Tout doit-il grimper ? Non car c'est impossible. Ce qui ne grimpe pas est ce qui n'innove pas, ce qui reste cher : les CD musicaux.
Le directeur de la FNAC a lui-même annoncé dans un interview que le piratage ne représentait que à peine 3 % de la baisse des ventes. Le marché a changé et les majors n'ont pas su évoluer avec lui. Elles ont même changer leur façon de faire pour faire du profit à court terme : Star Academy, Pop Star,... Des artistes jetables qui rapportent beaucoup en un an et sont peu chers à lancer. Si ces majors voyaient à long terme elles pourraient dénicher de vrais artistes qui durent et qui rapportent beaucoup plus sur la durée. Les majors ont elles aussi succombé aux joies illusoires du profit immédiat.
Autres manques dans ce reportage : Rien sur le droit à la copie privée et sur les CD protégés.
Les majors pour lutter contre le piratage ont dépensé de l'argent en R&D pour développer des techniques anti-piratages (qui seront toujours inefficaces soit dit en passant) qui souvent provoquaient des problèmes de compatibilité avec certains appareils (certains ont même dû être ramenés au constructeur car un CD protégé les avait endommagé). Cette protection est illégale aux yeux des associations de consommateurs car elle rentre en conflit avec le droit à la copie privée. Malheureusement ce droit est actuellement remis en cause. Donc par exemple si on achète un CD on n'a pas le droit de le copier sur son lecteur mp3 portable pour l'écouter dans les transport en commun. Il faudrait aux yeux des majors (et de certains députés) le payer une seconde fois. Pourtant c'est eux-même qui disent que ce n'est pas le support que l'on paye mais le travail de l'artiste. C'est tout de même abusif. En plus le système anti-piratage prends la place d'un morceau sur le CD donc il y a moins de morceaux sur l'album pour le même prix. Depuis l'arrivée des CD protégés de nombreux utilisateurs ont décidé de boycotter ce type de CD. Ceci provocant une baisse supplémentaire des ventes.
Autre point intéressant entendu chez votre confrère Radio France Internationale : Les majors américaines ont été condamnées à payer les 500 millions de dollars qu'elles avaient oubliées de payer pour les royalties des petits artistes. Et ensuite elles osent dire que le piratage tue les petits artistes. Un comble !
Les majors touchent aussi de l'argent via la taxe TASCA (taxe sur les supports numériques pour le droit à la copie privée (droit qui comme expliqué plus haut veut être rendu techniquement impossible)). Pour chaque vente de support numérique CD vierge, disque dur, mémoire Flash,... les maisons de disques touchent de l'argent. Sont-ils les seuls à se faire pirater ? Les éditeurs de jeux vidéos, de logiciels, les photographes,... ne touchent rien alors qu'eux aussi se font pirater. Pourquoi cette inégalité ? Le lobby des maisons de disques a t-il plus de poids ?
Et pourquoi taxer des supports qui ne sont pas toujours utilisé pour le piratage ? Les photos ou films de vacances, les sauvegardes de données personnelles, les logiciels gratuit ou libres, les musiques légalement téléchargeables,... Les gens doivent-ils payer pour les autres ? Présomption de culpabilité ?
Bref, vous auriez pu développer beaucoup plus le sujet et y consacrer un temps plus important avec pourquoi pas un débat avec des gens de tous les points de vues.
Les majors doivent savoir que les consommateurs ne veulent pas être traités comme des vaches à lait. Ce n'est pas en voulant récupérer de l'argent par tous les moyens que ça va attirer les consommateurs. Bien au contraire.
Voilà c'est à peu près tout ce que je voulais dire.
Ah si ! Un autre point : pourriez vous demander à votre webmaster d'agrandir cette zone de texte ? :)
Merci,
Franck
L'association LinuxFr ne saurait être tenue responsable des propos légalement repréhensibles ou faisant allusion à l'évêque de Rome, au chef de l'Église catholique romaine ou au chef temporel de l'État du Vatican et se trouvant dans ce commentaire