Il y avait eu des articles dans le nyt aussi sur l'attitude de la boite qui fait les boites à voter avec des vrais questions sur la qualité du produit.
Concernant le logiciel qui tourne dessus, s'il y a une volonté de transparence, qui est nécessaire, il est techniquement possible de s'assurer qu'il est propre avec le même niveau de confiance, voire meilleur que dans le vote traditionnel. On peut par exemple imaginer que les binaires d'un tel logiciel (avec l'OS qui le supporte, tout quoi) soient distribués sur support (ex CD, DVD) signé par le ministère de l'intérieur et installé en présence des différents bénévoles qui s'en occupent en même temps que l'installation du bureau de vote. Tu peux même ajouter un niveau de confiance, par exemple, en mettant une puce sur la carte des électeurs et un truc qui hurle si la clef qui signe l'OS de la boite à vote n'est pas conforme à ce qu'attend la carte)
Ensuite il est évident que ce genre de dispositif ne doit pas conserver les votes en local mais balancer le choix de l'électeur sur un serveur distant, en veillant à ce que cette opération soit totalement dissociée de l'émargement sur la liste des inscrits, comme c'est le cas avec le dispositif enveloppe/papier.
Par contre il est aussi évident qu'aucune technologie ne remplacera l'isoloir et que vouloir faire voter les gens en public ou chez eux à domicile, est une grave erreur. Il faut dix fois mieux se manger 50% d'abstention que de balancer le principe du bureau de vote et de l'isoloir, qui est la garantie que les gens peuvent voter en conscience.
D'un point de vue pratique il y a deux avantages à utiliser un vote électronique :
- le décompte automatique et quasiment instantané des voix, en gros à la fermeture tu as le résultat officiel, pas besoin d'attendre le lendemain.
- tu peux découpler l'électeur d'un bureau de vote particulier, ce qui autoriserait, par exemple, les gens à voter quand ils sont en vacances à 500 bornes de chez eux pour peu qu'il y ai un bureau de vote à proximité.
- il y en plus un bonus c'est que tu prives ces instituts de sondage de leur douteux business du sondage-estimation de sortie des urnes, et de la possibilité pour les journalistes de gloser sans fin sur les dites estimations et leurs évolutions tout au long de la soirée quand elles sont corrigées "affinées" avec les premiers résultats partiels (du style "Et l'estimation des résultats de bled-paumé-dans-le-trou-du-cul-du-monde à changé de 0.5% par rapport à notre précèdente estimation, voyons maintenant avec notre consultant politique quel enseignement en tirer au niveau national ; alors Gérard, ce nouveau résultat change complétement la donne pour la majorité ? etc etc")
Le problème, à mon avis, c'est pas le principe du vote électronique en lui-même, qui est tout à fait gérable si c'est fait sérieusement avec un minimum de travail et d'intelligence ; c'est plutôt qu'entre des journalistes qui ont tendance à manifester une admiration béate et infantile sur tout ce qui est estampillé techno et qui s'affiche en couleurs vives sur un écran, des entrepreneurs aux dents longues qui ne rêvent que de refourguer leur camelote et un groupement de décideurs politiques qui ont majoritairement une culture technique faible, on a tous les ingrédients pour se planter.
[^] # Re: Systèmes de votes informatisés...
Posté par Paerro Trime . En réponse au journal Systèmes de votes informatisés.... Évalué à 5.
Concernant le logiciel qui tourne dessus, s'il y a une volonté de transparence, qui est nécessaire, il est techniquement possible de s'assurer qu'il est propre avec le même niveau de confiance, voire meilleur que dans le vote traditionnel. On peut par exemple imaginer que les binaires d'un tel logiciel (avec l'OS qui le supporte, tout quoi) soient distribués sur support (ex CD, DVD) signé par le ministère de l'intérieur et installé en présence des différents bénévoles qui s'en occupent en même temps que l'installation du bureau de vote. Tu peux même ajouter un niveau de confiance, par exemple, en mettant une puce sur la carte des électeurs et un truc qui hurle si la clef qui signe l'OS de la boite à vote n'est pas conforme à ce qu'attend la carte)
Ensuite il est évident que ce genre de dispositif ne doit pas conserver les votes en local mais balancer le choix de l'électeur sur un serveur distant, en veillant à ce que cette opération soit totalement dissociée de l'émargement sur la liste des inscrits, comme c'est le cas avec le dispositif enveloppe/papier.
Par contre il est aussi évident qu'aucune technologie ne remplacera l'isoloir et que vouloir faire voter les gens en public ou chez eux à domicile, est une grave erreur. Il faut dix fois mieux se manger 50% d'abstention que de balancer le principe du bureau de vote et de l'isoloir, qui est la garantie que les gens peuvent voter en conscience.
D'un point de vue pratique il y a deux avantages à utiliser un vote électronique :
- le décompte automatique et quasiment instantané des voix, en gros à la fermeture tu as le résultat officiel, pas besoin d'attendre le lendemain.
- tu peux découpler l'électeur d'un bureau de vote particulier, ce qui autoriserait, par exemple, les gens à voter quand ils sont en vacances à 500 bornes de chez eux pour peu qu'il y ai un bureau de vote à proximité.
- il y en plus un bonus c'est que tu prives ces instituts de sondage de leur douteux business du sondage-estimation de sortie des urnes, et de la possibilité pour les journalistes de gloser sans fin sur les dites estimations et leurs évolutions tout au long de la soirée quand elles sont corrigées "affinées" avec les premiers résultats partiels (du style "Et l'estimation des résultats de bled-paumé-dans-le-trou-du-cul-du-monde à changé de 0.5% par rapport à notre précèdente estimation, voyons maintenant avec notre consultant politique quel enseignement en tirer au niveau national ; alors Gérard, ce nouveau résultat change complétement la donne pour la majorité ? etc etc")
Le problème, à mon avis, c'est pas le principe du vote électronique en lui-même, qui est tout à fait gérable si c'est fait sérieusement avec un minimum de travail et d'intelligence ; c'est plutôt qu'entre des journalistes qui ont tendance à manifester une admiration béate et infantile sur tout ce qui est estampillé techno et qui s'affiche en couleurs vives sur un écran, des entrepreneurs aux dents longues qui ne rêvent que de refourguer leur camelote et un groupement de décideurs politiques qui ont majoritairement une culture technique faible, on a tous les ingrédients pour se planter.