Plus je lis ce genre de témoignage, et plus je me dis qu'essayer de remplacer cela par du logiciel libre, c'est comme essayer de faire lire des livres aux spectateurs de télé-réalité, pour reprendre un vieux troll qui fût particulièrement virulent aux étés 2001 et 2002, mais qui change un peu de l'informatique ... En tout cas, il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre.
Parmi mes « mauvaises expérience », je peux même témoigner de m'être fait moquer de moi par mes amis lorsque j'ai essayé d'évoquer ne serait-ce que le prix des logiciels qu'ils utilisaient. « Mais ... Tu prends un crack ! », l'évidence même, sot que j'étais de ne pas être arrivé à cette conclusion tout seul. Là où cela devient très grave, c'est qu'il s'établit des standards de fait. L'un des plus criants étant Photoshop. Seule une communauté de gens avertis, où alors de néophites complets, à qui un « hacker », dans le sens correct du terme cette fois, fera prendre dès le départ les bonnes habitudes, utilisera des logiciels comme Gimp d'elle-même. Pour le reste, c'est une histoire de notoriété. Non seulement, la plupart des gens n'auront probablement jamais entendu parler d'autre chose, mais on n'est carrément « pas dans le coup » si on ne sait pas utiliser Word, Excel et Photoshop. Le plus surprenant étant de voir comment certaines personnes se prennent pour des infographistes accomplis, ou au moins des utilisateurs avertis, parce qu'elles savent jouer avec le constraste de leurs photos de vacances, et leur appliquer une rotation de 90°. Inquiétant.
Par contre, et pour redorer quelque peu l'image du « cracker » qui a bien voulu t'accorder cette entrevue, je dois dire que j'ai déjà plus de respect pour les gens qui écrivent leurs cracks eux-mêmes, au lieu d'aller bêtement les chercher sur astalavista ou ce qui en tient lieu aujourd'hui (il y a longtemps que je ne suis plus ce genre de chose). Il déclare « Pour moi, c'est un jeu ». Ce n'est pas forcément un marque de mépris pour l'auteur du programme. Contrairement à ce que pensent la plupart de ceux pour qui l'informatique n'est rien d'autre qu'un business, arriver à percer un programme peut-être une fin en soi, pour se prouver qu'on peut le faire, juste pour la prouesse technique. D'ailleurs, en ces temps héroiques ou trônaient les 8 bits, puis les machines style Atari ST et Amiga, la plupart des adolescents de l'époque possédaient une logithèque d'en moyenne 100 titres piratés (à y réfléchir, je ne me souviens pas avoir vu un jeu original chez mes amis entre 1985 et 1995, ou alors peut-être un seul, en l'occurence « Les voyageurs du temps ». Souvenirs ... ), et pourtant à l'époque Internet était quasiment inexistant pour le grand public. Et bien, tous ces titres, au lieu d'être simplement pillés et diffusés, se voyaient souvent enrichis d'une belle intro (origine du mot ?) à la gloire du groupe qui avait percé les protections du soft et qui l'avait « apporté au peuple ». Parfois, la démo en question était plus sophistiquée que le jeu lui-même :-) .
Par contre, je ne peux que te féliciter de ta propre perception des choses, et d'inciter les gens à produire du libre plutôt que de pirater. Même si je n'ai jamais cautionné le piratage, il faut reconnaître que jusqu'au début des années 90, c'était presque un mal nécessaire tant l'alternative faisait défaut. Cette situation a bien sûr complètement disparu avec l'explosion des logiciels libres.
Pour finir, j'aimerais souligner un délicieux paradoxe: Pour utiliser le pseudo « plagiats » pour condamner le piratage et défendre le libre, il faut être gonflé :-)
# Re: Interview d'un cracker
Posté par Obsidian . En réponse au journal Interview d'un cracker. Évalué à 8.
Parmi mes « mauvaises expérience », je peux même témoigner de m'être fait moquer de moi par mes amis lorsque j'ai essayé d'évoquer ne serait-ce que le prix des logiciels qu'ils utilisaient. « Mais ... Tu prends un crack ! », l'évidence même, sot que j'étais de ne pas être arrivé à cette conclusion tout seul. Là où cela devient très grave, c'est qu'il s'établit des standards de fait. L'un des plus criants étant Photoshop. Seule une communauté de gens avertis, où alors de néophites complets, à qui un « hacker », dans le sens correct du terme cette fois, fera prendre dès le départ les bonnes habitudes, utilisera des logiciels comme Gimp d'elle-même. Pour le reste, c'est une histoire de notoriété. Non seulement, la plupart des gens n'auront probablement jamais entendu parler d'autre chose, mais on n'est carrément « pas dans le coup » si on ne sait pas utiliser Word, Excel et Photoshop. Le plus surprenant étant de voir comment certaines personnes se prennent pour des infographistes accomplis, ou au moins des utilisateurs avertis, parce qu'elles savent jouer avec le constraste de leurs photos de vacances, et leur appliquer une rotation de 90°. Inquiétant.
Par contre, et pour redorer quelque peu l'image du « cracker » qui a bien voulu t'accorder cette entrevue, je dois dire que j'ai déjà plus de respect pour les gens qui écrivent leurs cracks eux-mêmes, au lieu d'aller bêtement les chercher sur astalavista ou ce qui en tient lieu aujourd'hui (il y a longtemps que je ne suis plus ce genre de chose). Il déclare « Pour moi, c'est un jeu ». Ce n'est pas forcément un marque de mépris pour l'auteur du programme. Contrairement à ce que pensent la plupart de ceux pour qui l'informatique n'est rien d'autre qu'un business, arriver à percer un programme peut-être une fin en soi, pour se prouver qu'on peut le faire, juste pour la prouesse technique. D'ailleurs, en ces temps héroiques ou trônaient les 8 bits, puis les machines style Atari ST et Amiga, la plupart des adolescents de l'époque possédaient une logithèque d'en moyenne 100 titres piratés (à y réfléchir, je ne me souviens pas avoir vu un jeu original chez mes amis entre 1985 et 1995, ou alors peut-être un seul, en l'occurence « Les voyageurs du temps ». Souvenirs ... ), et pourtant à l'époque Internet était quasiment inexistant pour le grand public. Et bien, tous ces titres, au lieu d'être simplement pillés et diffusés, se voyaient souvent enrichis d'une belle intro (origine du mot ?) à la gloire du groupe qui avait percé les protections du soft et qui l'avait « apporté au peuple ». Parfois, la démo en question était plus sophistiquée que le jeu lui-même :-) .
Par contre, je ne peux que te féliciter de ta propre perception des choses, et d'inciter les gens à produire du libre plutôt que de pirater. Même si je n'ai jamais cautionné le piratage, il faut reconnaître que jusqu'au début des années 90, c'était presque un mal nécessaire tant l'alternative faisait défaut. Cette situation a bien sûr complètement disparu avec l'explosion des logiciels libres.
Pour finir, j'aimerais souligner un délicieux paradoxe: Pour utiliser le pseudo « plagiats » pour condamner le piratage et défendre le libre, il faut être gonflé :-)
Amitiés à tous.