• [^] # Re: Portable au collège : La suite

    Posté par . En réponse au journal Portable au collège : La suite. Évalué à 3.

    Le problème d'un système élitiste (promouvoir l'excellence), c'est de savoir ce que l'on appelle l'excellence. Pendant longtemps en France et encore aujourd'hui dans une moindre mesure, pour être jugés bon éléve il fallait être bon en math et en français, tu devais faire partie de cette élite. Maintenant imagine toi si tu t'étais retrouvé dans un système ou l'excellence est jugé par exemple sur ta dextérité à fabriquer une pièce rectangulaire de 100x80x40 mm de précision +/-0.05mm ! aurais-tu fais partie de l'élite ? peut être bien que oui ! peut être bien que non ! dans une telle société imaginaire, trouverais-tu normal de discréditer les personnes très fortes en math et en français ?

    Tu vas me dire que l'exemple de l'usinage d'une pièce ne prouve en rien l'intelligence d'une personne ... pas plus pour moi que de faire une dictée avec 0 faute.

    Je pense que le vrai problème c'est la motivation des éléves, personnelement je m'embêtais royalement au collége, je ne trouvais rien d'intéressant, du coup je faisais le minimum pour passer d'année en année. C'est arrivé à un tel point que tous les profs étaient venu à la conclusion qu'au mieux j'aurais juste un pauvre bac S sans mention et puis c'est tout. En fin de 3ème, je me décide à aller en seconde technique (TSA) à l'encontre de l'avis de la plupart des profs (j'étais pas très bon mais pas assez mauvais pour aller en technique !!!, mon dieu, en seconde technique quelle horreur !). Arrivé en lycée technique j'ai commencé à faire des trucs un peu plus intéressant ou du moins qui demandait de réfléchir un peu plus que le simple bachotage (apprends tes définitions de math, tes règles de grammaire/orthographe, les dates importantes par coeur) que j'avais connu jusqu'au lycée. C'est arrivé en première et terminal GMA (productique et automatisme) que j'ai vraiment commencé à aimer l'école (il était temps :) du coup je bossais sans m'en rendre compte (en fait, rien que d'écouter vraiment prof suffisait pour que je comprenne le cours :). J'ai continué dans l'automatisme en BTS, puis j'ai fait un DUT Info en un an histoire de voir si j'aimais bien l'info, et la bingo, j'ai trouvé ça génial. Ensuite je suis rentré en IUP (niveau licence) où j'ai pas mal cartonné pour enfin finir en DESS. Maintenant je suis donc devenu ingénieur, il m'arrive de revoir certain prof de collége, et ça leur fait toujours un choc de savoir que l'éléve si moyen puisse avoir tant de diplome (BTS, DUT, Licence, Maitrise, DESS :).

    Tout ça pour dire qu'il faudrait à mon sens plutôt faire découvrir un maximum de chose de plus en plus tôt (langues, littératures, sciences expérimentales, info ...) en étalant sur un peu plus longtemps l'apprentissage des "bases" orthographiques, grammaticales et mathématiques. Ça permettrait surement à plein d'élèves de trouver des choses qui les intéressent assez tôt. De plus ça apporterais une culture générale à tout le monde et pas juste à ceux qui ont la chance de faire partie d'un niveau social aisé (j'en fais partie). Cela n'empêche pas que les très bons élèves puissent faire des choses plus poussées que la "masse".

    Ensuite, je suis tout à fait d'accord pour qu'il existe plein de formations différentes, les unes pouvant pousser l'élitisme comme les prépas. Personnelement je ne pense que j'aurais pu suivre une telle formation, pas que je pense être trop bête mais plutôt que ça ne corresponde pas à mon caractère. J'ai bien aimé la fac (en tout cas l'iup) car je n'ai pas trouvé de rivalité mais plutôt de l'entraide, les meilleurs allant aider ce qui été à la traine lors des TP.

    Pour finir, il y a plein de moyens d'exprimer ses capacités en dehors des études scolaires (associations, concours ...) mais je t'accorde que c'est plaisant de pouvoir être l'un des meilleurs à l'école :).

    Bon je pense avoir assez raconté ma vie, et je commence à avoir faim, je vais donc arrêter cette prose ICI.