Si effectivement il y a des magistrats conscients de leur travail (et il y en a beaucoup), alors ces mêmes personnes se retrouvent - quoi qu'on en dise - un peu partout dans les appareils de l'Etat.
Et mieux, grâce à la séparation des pouvoirs (qui n'est certes pas très bien appliquée dans notre beau pays), on peut espérer voir les magistrats du siège, les parlementaires et le gouvernement se contre-balancer les uns les autres pour éviter toutes dérives.
L'exemple typique c'est l'indépendance de l'autorité de tutelle de la justice , le CSM, supposé représenter le 3ème pouvoir. Il est vague et imprécis de dire qu'il est désigné par des dirigeants de l'Etat (l'Etat étant l'ensemble des pouvoirs, forcément, tout et tout le monde est nommé par lui-même dans son propre appareil...). Les lois changent régulièrement, mais en général, les nominations sont le résultat d'un mélange des choix des présidents de la république et des parlements, ainsi que des magistrats eux-mêmes (cour de cassation).
Même si la constitution de 58 a pas mal réduit les pouvoirs qu'on lui avait accordé en 46, il reste relativement autonome et dispose de pouvoirs intéressants dans la nomination des magistrats du siège (les plus importants en France) et dans les sanctions disciplinaires. Tout ça pourrait certainement être étendu aux magistrats du parquet pour garantir une plus grande indépendance de ceux-ci qui sont uniquement à la solde du ministère de la justice pour le moment.
Par contre le mode de nomination du CSM rappelle les pouvoirs exorbitants accordés à une autre institution : le Conseil d'Etat. Celui-ci agissant comme une véritable cour suprême administrative pas nécessairement très indépendante ni juste.
'fin bref, le meilleur moyen d'éviter les dérives, c'est encore d'éduquer des gens justes et responsables, ce qui marchent très bien chez les magistrats, moins chez les parlementaires. Elle est loin l'époque où Condorcet expliquait dans la presse qu'il n'était pas élu pour représenter les opinions de qui que ce soit, mais bien pour défendre ses propres idées de la façon la plus indépendante et juste qui soit, car les électeurs faisaient confiance à son jugement. De nos jours, on vote pour le moins pire...
[^] # Re: le parquet et la corruption des dirigeants, waste.sf.net
Posté par vjm . En réponse au journal La loi Perben II.... Évalué à 1.
Si effectivement il y a des magistrats conscients de leur travail (et il y en a beaucoup), alors ces mêmes personnes se retrouvent - quoi qu'on en dise - un peu partout dans les appareils de l'Etat.
Et mieux, grâce à la séparation des pouvoirs (qui n'est certes pas très bien appliquée dans notre beau pays), on peut espérer voir les magistrats du siège, les parlementaires et le gouvernement se contre-balancer les uns les autres pour éviter toutes dérives.
L'exemple typique c'est l'indépendance de l'autorité de tutelle de la justice , le CSM, supposé représenter le 3ème pouvoir. Il est vague et imprécis de dire qu'il est désigné par des dirigeants de l'Etat (l'Etat étant l'ensemble des pouvoirs, forcément, tout et tout le monde est nommé par lui-même dans son propre appareil...). Les lois changent régulièrement, mais en général, les nominations sont le résultat d'un mélange des choix des présidents de la république et des parlements, ainsi que des magistrats eux-mêmes (cour de cassation).
Même si la constitution de 58 a pas mal réduit les pouvoirs qu'on lui avait accordé en 46, il reste relativement autonome et dispose de pouvoirs intéressants dans la nomination des magistrats du siège (les plus importants en France) et dans les sanctions disciplinaires. Tout ça pourrait certainement être étendu aux magistrats du parquet pour garantir une plus grande indépendance de ceux-ci qui sont uniquement à la solde du ministère de la justice pour le moment.
Par contre le mode de nomination du CSM rappelle les pouvoirs exorbitants accordés à une autre institution : le Conseil d'Etat. Celui-ci agissant comme une véritable cour suprême administrative pas nécessairement très indépendante ni juste.
'fin bref, le meilleur moyen d'éviter les dérives, c'est encore d'éduquer des gens justes et responsables, ce qui marchent très bien chez les magistrats, moins chez les parlementaires. Elle est loin l'époque où Condorcet expliquait dans la presse qu'il n'était pas élu pour représenter les opinions de qui que ce soit, mais bien pour défendre ses propres idées de la façon la plus indépendante et juste qui soit, car les électeurs faisaient confiance à son jugement. De nos jours, on vote pour le moins pire...
Désolé pour la longueur et le off-topic.