• # Piratage musical

    Posté par . En réponse au journal taxe internet. Évalué à 9.

    Première constatation: l'ADAMI est plus intelligente que les majors.

    Le problème pointé (le piratage électronique) est existant et nul ne peut le nier. Maintenant, l'incidence du phénomène sur les résultats des producteurs, artistes (auteurs, compositeurs, interprètes confondus) et des autres intermédiaires ne peut être chiffré. Dire que les artistes vendent moins qu'avant à cause du piratage me parait abusif. Dire qu'ils vendent moins qu'ils ne vendraient sans me parait plus juste. N'oublions pas que chaque jour sort son lot de m**des musicales. La quantité (effet de diffusion) et l'absence de qualité de produits sortis crée une situation où le public hésite avant d'acheter, mais surtout une situation où le public ne peut plus suivre financièrement. Sans p2p, le marché peut s'étouffer tout seul. Les ados de 10-15 ans n'ont pas le portemonnaie de Crésus pour acheter tous les CD de la StarAc', des derniers boys and girls à la mode du moment. Surtout qu'en se branchant sur la bonne bande FM (selon les gouts musicaux) ils entendent le même morceau à s'en lasser. Pour les personnes plus agées, le même problème existe: trop de sorties, qualité musicale en baisse, ... finallement, on achète moins et on dépense son argent à autre chose.

    Dans le marché actuel, le p2p permet, c'est mon interprétation, de quand même posséder un morceau, même si l'on aurait pas eu l'envie de l'acheter. Il permet d'écouter un morceau sans devoir acheter l'album ou le single (car l'achat de CD 2-titres est un vol comparé au prix de l'album).

    Maintenant, ce que propose l'ADAMI est une idée, mais je doute que les FAI se laissent faire et surtout on prend de l'argent aux FAI pour le donner aux artistes. Ca ressemble au principe des assurances sociales: on prent l'argent là où il y en a pour le redistribuer là où il y en a pas.

    Donc si cette idée n'est pas bonne à mon goût, que proposer d'autre ? Taxer le volume échangé auprès du consommateur ? Finallement, on taxe bien les supports numériques, pourquoi ne pas taxer l'échange d'information ? Mais, naturellement, le problème est que le traffic échangé n'est pas que de nature illégal. Une telle association "support pouvant servir à stocker du matériel illégal" ayant été fait pour les CD-R, DVD-R, ... une telle taxe pourrait voir le jour. Cependant, elle conforterait les pirates "je paye la taxe, je peux pirater". A mon avis une telle solution n'est pas la bonne.

    Alors quoi d'autre ?

    Retournons aux sources. Retournons chez Universal et autres majors et demandons leur de faire leur travail: sélectionner des artistes qui ont du talent, qui ont des idées, qui ont leur caractère, qui ont leur musique, qui ont leurs textes, ... et pas des copies de ce qui existe déjà et surtout pas de tenter en fabriquer. Après selection, le nombre de disques sortant diminuerait énormément, mais plus de clients achèteraient les disques sortants.

    Ensuite, empêchons l'utilisation en boucle des titres à la mode sur les ondes. Le public entendant un morceau, sachant qu'il ne l'entendra pas 1 heure plus tard, achètera plus facilement le CD.

    Mettons également de la plus value sur les emballages et le CD lui-même (le bien matériel). La musique peut être recopiée par tout le monde, un superbe emballage ne le peut pas (mais zut, c'est ce qui coute le plus cher aussi à produire pour les majors!). Ceci empechera également la vente légale de titres sur iTunes par exemple.

    Finallement, baissons le prix des CD. Retribuons mieux les artistes, baissons les marges des producteurs (qui ne servent quasiment plus à rien, du moins à l'heure actuelle) et des distributeurs.

    Enfin, tout cela pour dire d'arrêter la parano et que si les utilisateurs p2p sont responsables d'une partie du manque à gagner des artistes, ils ne sont pas les seuls responsables.