Je n'ai pas vu le film, donc je n'en dirai rien. Par contre, il me semble que notre amis Zorro met le doigt sur un point que je veux ici explique un tout petit peu.
Il y a quelques jours de cela, M. Mermet faisait une émission sur les marques chez les jeunes ( http://lbsjs.free.fr/LaBasMermet/241003.ram(...) ). Le journaliste interroge des jeunes qui habitent en banlieu et sont aux Halles de Paris à propos du fait qu'ils portent tous des vêtements de marque. Certains annoncent qu'ils savent fort bien qu'ils sont les pigeons de la farce, et des "victimes" d'un merchandizing particulièrement efficace dans ces milieux. Les raisons de cette efficacité sont complexes et multiples. Mais au final, on a des gens qui sont conscient d'un système qui les aliènes complètement, et en sont complices résignés.
Il me semble que le problème évoqué ici avec ce type de films est de même nature. Évidement, il impossible de porter un jugement serein sur ce film sans l'avoir vu. Cependant, combien sont ceux qui savent qu'ils vont trouver ce film nul (via les critiques, amis, etc.) mais y vont quand même. On sait que ce n'est plus qu'un produit marketing, mais on y va quand même, sans y être forcé.
C'est une mécanique complexe, mais dramatique. Au final, on marche volontairement vers un système de divertissement frustrants, qui ne proposent que peu de reflexion, et qui n'est surtout pas subversif, bien formaté, propre. Et sans intérêt, autre que le pur divertissement. Je ne suis pas contre les divertissements purs, mais s'ils deviennent omniprésents, c'est une forme extrêment subtile et perverse de "dictature" (je n'aime pas beaucoup employer ce terme déjà tellement galvaudé, mais c'est celui qui me vient à l'esprit). Perverse parcequ'on s'enferme dedans volontairement. C'est au fond, et pour l'essentiel, le débat sur la culture qui anime en ce moment les gens du spectacle.
Je ne sais pas si vous l'avez entendu, mais la chronique de Philippe Val du 27 novembre sur France Inter (à 18h50) exprimait cela de façon très percutante : il était question d'un festival de musique classique auquel ce dernier avait assisté cet été. En fin de concert, chaleureusement applaudi, l'un des interprètes est venu annoncer au public le fait que avec la remise en cause du statut les intermittents du spectacle, le concert auquel ils ont assisté ne pourra plus se produire. Elle (car c'était une femme) s'est fait huer par la noble assemblée de gens très corrects, puisque amateurs de culture de haut niveau, et il lui a été jeté à la face : "Faites-nous de la bonne musique et taisez-vous ! ".
Cela résume très bien un aspect du problème, la façon dont on envisage la culture dans notre pays (et dans le monde "civilisé").
Il n'y a rien de très original dans tout ce que je raconte là. Mais la question est : en avez-vous conscience lorsque vous allez voir Matrix 3, ou autre ? Que faites-vous pour ne pas vous laisser aller à l'apathie complète, pourtant si recherchée par certains dont l'objectif est de transformer chaque individu en consomateur pur.
[^] # Re: Ma Trique
Posté par David Douard . En réponse au journal Ma Trique. Évalué à 2.
Il y a quelques jours de cela, M. Mermet faisait une émission sur les marques chez les jeunes ( http://lbsjs.free.fr/LaBasMermet/241003.ram(...) ). Le journaliste interroge des jeunes qui habitent en banlieu et sont aux Halles de Paris à propos du fait qu'ils portent tous des vêtements de marque. Certains annoncent qu'ils savent fort bien qu'ils sont les pigeons de la farce, et des "victimes" d'un merchandizing particulièrement efficace dans ces milieux. Les raisons de cette efficacité sont complexes et multiples. Mais au final, on a des gens qui sont conscient d'un système qui les aliènes complètement, et en sont complices résignés.
Il me semble que le problème évoqué ici avec ce type de films est de même nature. Évidement, il impossible de porter un jugement serein sur ce film sans l'avoir vu. Cependant, combien sont ceux qui savent qu'ils vont trouver ce film nul (via les critiques, amis, etc.) mais y vont quand même. On sait que ce n'est plus qu'un produit marketing, mais on y va quand même, sans y être forcé.
C'est une mécanique complexe, mais dramatique. Au final, on marche volontairement vers un système de divertissement frustrants, qui ne proposent que peu de reflexion, et qui n'est surtout pas subversif, bien formaté, propre. Et sans intérêt, autre que le pur divertissement. Je ne suis pas contre les divertissements purs, mais s'ils deviennent omniprésents, c'est une forme extrêment subtile et perverse de "dictature" (je n'aime pas beaucoup employer ce terme déjà tellement galvaudé, mais c'est celui qui me vient à l'esprit). Perverse parcequ'on s'enferme dedans volontairement. C'est au fond, et pour l'essentiel, le débat sur la culture qui anime en ce moment les gens du spectacle.
Je ne sais pas si vous l'avez entendu, mais la chronique de Philippe Val du 27 novembre sur France Inter (à 18h50) exprimait cela de façon très percutante : il était question d'un festival de musique classique auquel ce dernier avait assisté cet été. En fin de concert, chaleureusement applaudi, l'un des interprètes est venu annoncer au public le fait que avec la remise en cause du statut les intermittents du spectacle, le concert auquel ils ont assisté ne pourra plus se produire. Elle (car c'était une femme) s'est fait huer par la noble assemblée de gens très corrects, puisque amateurs de culture de haut niveau, et il lui a été jeté à la face : "Faites-nous de la bonne musique et taisez-vous ! ".
Cela résume très bien un aspect du problème, la façon dont on envisage la culture dans notre pays (et dans le monde "civilisé").
Il n'y a rien de très original dans tout ce que je raconte là. Mais la question est : en avez-vous conscience lorsque vous allez voir Matrix 3, ou autre ? Que faites-vous pour ne pas vous laisser aller à l'apathie complète, pourtant si recherchée par certains dont l'objectif est de transformer chaque individu en consomateur pur.
David