Fumer ne tue pas de manière automatique, fumer accroît de façon importante la probabilité de déclarer certaines maladies (cancer des poumons, cancer de la gorge et sûrement bien d'autres). Baiser sans capote c'est la même chose, tu ne meurs pas automatiquement mais tu accrois le risque de contracter une maladie vénérienne dont le SIDA. Dans les deux cas il s'agit d'un comportement volontaire de ta part, dans les deux cas cela fait déjà un bout de temps que l'on est informé des risques. Dans les deux cas il s'agit d'un comportement à risque.
On pourrait allonger à l'infini (ou presque) la liste des comportements à risque : manger trop gras, boire plus que de raison, pratiquer des sports dangereux, etc. Tous ces risques accrus résultent de comportements volontaires. Alors faut-il interdire ou pénaliser (par absence de remboursements médicaux par exemple) tous les comportements à risque ? Quels comportements à risque sont jugés acceptables par la société et quels sont ceux qui ne le sont pas ? Pourquoi rembourser la trithérapie d'un type qui a baisé sans capote plutôt que pour soigner le cancer du poumon d'un fumeur ?
Commencer à discriminer de la sorte nous emmène sur une pente très glissante où tout comportement jugé déviant sera pénalisé financièrement (en plus du drame personnel que vivent ces personnes). On mettrait ainsi tout doucement en place une forme de contrôle social non plus basé sur des interdits mais sur des contraintes financières.
Le bilan financier du tabagisme est-il favorable ou défavorable à l'Etat?
Si le bilan est limité aux caisses de l'Etat et de la sécurité sociale, ce qui est justifié par l'absence d'étanchéité entre ces caisses (du fait notamment de la CSG), il est évident que les taxes sur le tabac ajoutées aux pensions qui ne seront pas payées aux personnes décédant prématurément dépassent les dépenses de soins et les pertes de revenus de l'Etat liées à ces disparitions prématurées. Mais si l'on calcule un coût social en valorisant les dommages produits chez les individus, le bilan est inversé.
[^] # Re: hausse du tabac
Posté par Barbapapa . En réponse au journal hausse du tabac. Évalué à 3.
On pourrait allonger à l'infini (ou presque) la liste des comportements à risque : manger trop gras, boire plus que de raison, pratiquer des sports dangereux, etc. Tous ces risques accrus résultent de comportements volontaires. Alors faut-il interdire ou pénaliser (par absence de remboursements médicaux par exemple) tous les comportements à risque ? Quels comportements à risque sont jugés acceptables par la société et quels sont ceux qui ne le sont pas ? Pourquoi rembourser la trithérapie d'un type qui a baisé sans capote plutôt que pour soigner le cancer du poumon d'un fumeur ?
Commencer à discriminer de la sorte nous emmène sur une pente très glissante où tout comportement jugé déviant sera pénalisé financièrement (en plus du drame personnel que vivent ces personnes). On mettrait ainsi tout doucement en place une forme de contrôle social non plus basé sur des interdits mais sur des contraintes financières.
Pour finir, un court extrait d'une interview donnée par Claude Got (que l'on ne peut guère considéré comme un défenseur du tabac) à Libération ( http://www.liberation.fr/page.php?Article=149150(...) ) :
Le bilan financier du tabagisme est-il favorable ou défavorable à l'Etat?
Si le bilan est limité aux caisses de l'Etat et de la sécurité sociale, ce qui est justifié par l'absence d'étanchéité entre ces caisses (du fait notamment de la CSG), il est évident que les taxes sur le tabac ajoutées aux pensions qui ne seront pas payées aux personnes décédant prématurément dépassent les dépenses de soins et les pertes de revenus de l'Etat liées à ces disparitions prématurées. Mais si l'on calcule un coût social en valorisant les dommages produits chez les individus, le bilan est inversé.