• [^] # Re: Je rigole un peu... Mais j'écris toujours longuement...

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Le service public. Évalué à 2.

    On n'a pas vu la même chose :

    > - Élaborer un projet de réforme dans le sens de leurs orientations politiques.

    Jusque là c'est normal, c'est leur boulot et exactement ce qu'on leur demande. Si ils le le faisaient pas le système marcherait très mal.

    > - Réfléchir à ce que pourraient demander les partenaires sociaux (CGT,
    > CFDT, CGC, FO, CFTC, Medef), et prévoir de jeter quelques miettes

    A reformuler en "prendre en compte les revendications externes pour évaluer dans quelle mesure ils peuvent faire des compromis sans quitter les buts de la réformes et leurs orientations politiques".

    Jusque là rien de choquant non plus, c'est aussi ce qu'on leur demande, de rester dans ce qu'ils pensent bien mais de prendre tout de meme en compte les opinions externes.

    > on peut imaginer qu'ils ont même prévu un projet de réforme plus dur que ce
    > qu'ils voulaient vraiment mettre en place afin d'obtenir un résultat qui leur
    > convient en fin de négociation.

    Disons qu'il est possible qu'ils aient fait un projet en sachant d'avance qu'il leur faudrait reculer sur certains points (tu noteras la différence de formulation qui est vachement moins "tous des pourris").
    C'est malheureux mais c'est aussi un peu le jeu du compromis, bien montrer quelle est sa position meme si on est sur qu'il faudra en changer parce que sinon ca s'éloignera encore plus de la position voulue.
    Notes que ton affirmation est probablement vraie aussi avec les syndicats, demander trop pour avoir un peu.

    Bref, rien de dramatique ou totalement immoral ici non plus.

    > - Présentation publique du projet de loi (la plus publique possible: télé).
    > Avec pour objectif une levée de boucliers.

    Un peu facile, moi j'aurai dit objectif de discussion et d'explication. Comme quoi si on s'en tient aux faits objectis : ils ont expliqué et présenté.
    Les objectifs tu fais là du "présumé coupable".

    > - Pas de négociation. Le gouvernement n'a pas voulu recevoir les
    > syndicats pour négocier la réforme mais pour les informer sur cette réforme
    > (c'est ce que font Mrs Ferry et Darcos cette semaine avec les syndicats
    > de l'Éducation ex-Nationale).

    On mélange tout là, comme je l'ai dit je parle des retraites, pas de Ferry et de l'éducation nationnale. Et sur les retraites il était prévu dès le départ des négociations.
    Pas la peine de les prendre pour des cons, ils savaient bien qu'en présentant le projet en public ils allaient devoir négocier.

    > - Négociation (***essentiellement avec le CFDT***)

    Négociation avec un appel des différents "partenaires sociaux", la liste des syndicats est prévue dans un texte (de loi d'amendement ou je ne sais quoi).
    Par contre effectivement certains syndicats ont refusé de s'y rendre. Tiens ? qui c'est qui ne veut pas négocier là ?


    > lors de laquelle on lâche ce qu'on avait prévu de lâcher (***et qu'on a
    > maladroitement déjà dit maintes fois à la tévé avant***)

    Faut pas les prendre pour des idiots, tout ce qui est laché l'est fait volontairement. Il n'y a rien de condamnable à prévoir des négociations (comme quoi ils prévoyaient déjà de négocier contrairement à ton affirmation plus haut).
    Et dans ce cadre il est logique aussi de se mettre des priorités, savoir sur quels points on veut être fermes et sur quels point on peut effectivement jouer sans déformer les buts et effets.
    Une fois qu'on a ce sur quoi on est prêt à négocier, il est normal aussi de se fixer des limites, au delà desquelles on juge que ce n'est vraiment pas souhaitables.

    Bref, il est ou le truc anormal la dedans ?

    > - Le 28 mai, dépôt du projet de loi,

    Normal, apres négociation on dépose le projet.
    Comme quoi vu les délai entre la publication/explication et le dépot, il est évident que si ils ne l'ont pas déposé tout de suite c'est bien pour négocier.


    > exactement celui qu'on avait prévu

    Non, celui qui a été négocié et accepté par les syndicats ayant bien voulu se déplacer aux deux négociations.

    > Et là ce sera le blocage total, on verra où le gouvernement veut aller

    Pure affirmation qui ne repose sur *rien*


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    > - On réunit les partenaires sociaux pour discuter de la réforme des
    > retraites.
    > - A partir de ce qui a été discuté, on présente un pré-projet à ces même
    > partenaires, évidement teinté par les orientations politiques choisies.
    > - On négocie à nouveau ce projet, jusqu'à trouver un terrain d'entente.

    Absolument pas, d'ailleurs les syndicats l'ont dit eux meme à la TV. Ils ne sont là que pour revendiquer et absolument pas pour établir ou imaginer la solution.

    Il est normal que le gouvernement arrive d'abord avec un projet complet de ce qu'ils veulent faire, prêt à etre déposé (et qu'ils déposent si ils ne souhaitent pas négocier d'ailleurs).

    Et c'est à partir de ce pré-projet qu'il y a discussions. Le but est de prendre en compte les revendications. Il n'y a nulle pas nécessité de trouver un compromis, s'ils le font c'est qu'ils _veulent_ le faire.

    Normalement la négociation avec la France elle se fait avec les représentants de la France, les vrais : les députés. Pas avec les syndicats, dont la représentation est largement contestable.


    Et coup de bol ... c'est justement comme ca que le gouvernement a choisi de fonctionner.

    Je ne rale pas contre ceux qui font grêve, ils sont dans leur droit et surtout dans leur role. Mais aller critiquer pour critiquer sur la facon dont ca s'est passé c'est du n'importe quoi distribué par certains syndicats pas toujours très honnetes (ils sont bien moins naifs et ignorants de l'économie qu'on pourrait le croire).



    > D'autant que des idées ils en ont (contrairement à ce que tu écris) et ils
    > les publient (cf le Monde du 16 mai).

    Les idées qu'ils ont, au moins pour 2 syndicats sur les 4 gros, ils affirment clairement qu'elles ne sont là que pour prouver que les revendications sont réalistes, pas pour les proposer. Ca n'est pas leur role.

    Faut pas confondre les syndicats avec :

    - les députés qui légifèrent, ce sont ces derniers qui ont à décider et accepter ou pas un projet. Ce sont eux les élus représentatifs prévus pour ce genre de décision, pas les syndicats. Ca n'est pas au syndicat à faire un bras de fer jusqu'au moment où ca convient pour les lois, sinon c'est leur accorder un pouvoir législatif (par la force qui plus est), et ce n'est pas du tout le fonctionnement de notre système (sans compter qu'il faudrait alors s'assurer de la représentativité des syndicats pour ce boulot).

    - les politiques, qui sont là pour diriger, proposer, faire les solutions et les discuter. Un syndicat n'est pas un parti politique. Et pour les rare qui sont associés plus ou moins à un parti tu noteras qu'il y a une séparation claire et nette (et qu'on entend peu les partis concernés).


    Les syndicats ne sont la que pour revendiquer, et ils sont d'ailleurs plus là pour le faire au niveau de l'entreprise qu'au niveau de l'état. Il est important qu'on prenne leur avis en compte, mais ce n'est ni à eux d'intervenir lors de la conception initiale du projet, ni à eux d'avoir la décision d'acceptation ou pas d'un projet.