« Et pourtant tu n'hésites pas à insulter dans tes propos. À moins que tu ne considères que l'insulte se résume à traiter les gens de connards, mais je n'irai pas jusqu'à insinuer que tu sois aussi dénué d'esprit. »
Peux-tu donner un exemple précis d'insulte de ma part ? J'aime les démonstrations argumentées.
La parole de l'un contre celle de l'autre, ça pèse pas lourd.
« La présomption d'innocence, ça te dit quelque chose ? Dans un cas où les circonstances sont aussi douteuses et où on accorde pourtant un total crédit aux policiers/juges/bourreaux, je parlerais plutôt de présomption de culpabilité. »
J'ai écris précédemment que je parlais de cas où PERSONNE ne conteste le déroulement des évènements.
Limitons la discussion à ces cas, qui existent (isolons le problème). Que t'inspire-t-il ?
« Oui, ça existe. Mais tu devrais peut-être arrêter de regarder le journal de Jean-Pierre Pernod et t'intéresser à la vie (la vraie, pas celle qu'on montre derrière un écran). »
Mais je ne regarde pas les informations télévisées. Quant à l'infirmier dont je parlais, c'était l'infirmier de la grand mère de ma copine. Il me semble qu'en l'occurence, s'interesser à ce qui se passe dans certains coins à 1 km de chez moi, c'est « s'interesser à la vie [...] la vraie ».
« J'aurais du tout lire avant de commencer à répondre. Ça m'aurait permis une réponse beaucoup plus courte : sale connard.
Et oui, c'est une insulte non déguisée, incroyable hein ? »
Tu as le droit d'insulter. Je trouve cela ridicule mais si ça te fais plaisir... Disons seulement que je suis surpris d'une telle attitude de la part d'une personne à l'ENS, centre de formations des élites intellectuelle en France.
Qu'est-ce qui te gene dans cette remarque ? Que tu laisses des sentiments prendre le pas sur la reflexion raisonnée soit. Mais, que diable, fournit au moins quelques éléments de reflexion !
Je connais des gens qui ont été à Cachan, Ulm. De fait, aucun n'est issu de zones défavorisées. Ca doit exister, bien entendu. Mais je doute que cela soit un cas fréquent (statistiquement, ça semble douteux).
Et il est bien plus facile de tenir des discours contre la police donnant le bon dieu sans confession à n'importe qui lorsque ça ne correspond pas à du vécu.
Moi même, je n'ai pas particulièrement de quoi me plaindre, je n'ai jamais été au contact de racailles autrement que de manière délibérée (parcours scolaire). Ca ne m'a pas particulièrement traumatisé ni n'a généré de haine particulière. J'avais des copains qui racontaient sans hontes, avec sans doute beaucoup d'exagération, des faits de délinquance.
J'ai pu expérimenter moi-même combien le respect n'est pas chose facile dans ce contexte. Pour être respecté dans ce contexte, sans devoir être sanguinaire, il ne faut pas être faible, ni mentalement ni physiquement. Et le mécanisme de défense qu'on doit mettre en place s'avère offensif. Les faibles morflent.
Et moi je ne trouve pas ça terrible, dans le fond.
J'ai pu constater en déambulant qu'il est clair qu'il y'a certains endroits il faut réellement être solide pour vivre. C'est l'agression permanente. Ca pue la pisse dans les couloirs, toutes les vitres des portes sont remplacées par des plaques de métal, les boites aux lettres sont dans un local verrouillé avec des barreaux. Les gamins lors des fêtes de noel lancent des pétards sur (j'ai bien dit "sur") les personnes agées. Dans un des ces immeubles habite la grand-mère de ma copine. En allant voir sa grand-mère, entre la descente du bus et l'ascensceur, elle se fait traiter de "pute" et de "chienne" par des gens qu'elles n'a jamais vu de sa vie. C'est dans cet immeuble qu'un gamin est mort (fait divers de l'an dernier) tombant dans une cage d'ascensceur. Cet ascensceur était souvent en panne : les dépanneurs ne voulaient pas venir, leurs bagnoles se faisait voler ou piller devant l'immeuble (pour rigoler apparement).
Alors très franchement, cette réalité, ça me dérangerait pas si elle n'existait effectivement qu'à la télé. Cette réalité là, c'est pas celle de la plupart du public de la Rue d'Ulm ou de Cachan. Ce n'est pas non plus la mienne.
Mais la moindre des choses, c'est lorsqu'on nous signale une réalité d'enquêter sur cette réalité, si l'on veut la jauger, plutot que la nier (« Oui, ça existe. Mais tu devrais peut-être arrêter de regarder le journal [... ] » : une concession minime pour revenir à la charge et tenir un propos qui ôte à la concession toute teneur ; procédé réthoriquement franchement classique).
Ces ZUP sont des jungles, sous la coupe de groupes qui ne pensent qu'à leur gueule. Ce sont des jeunes et toi et moi pourrions être l'un d'eux, si nous avions grandi dans le même contexte (pauvreté, faillite de l'autorité parentale dans une société qui justement place comme valeur primordiale la richesse). Mais ce n'est pas le cas et leur situation de victime, sur un plan, ne doit pas occulter le fait que concretement ils deviennent de véritables bourreaux.
Maintenant, traite moi de connard si ça te chante, ça parle de soi, ça en dit long sur ta supposée ouverture d'esprit, toi le type qui me reproche d'être intolérant.
[^] # une insulte ?
Posté par Anonyme . En réponse au journal Les martyrs de Cordoue. Évalué à 1.