Le logiciel propriétaire de quoi ?
En tout cas, le logiciel dont tu parles prive effectivement de libertés de plusieurs manières.
Une relation de subordination est créée entre l'éditeur et l'utilisateur.
D'une part parce que l'utilisateur n'a le plus souvent le droit d'utiliser le logiciel que dans le cadre qui lui est dicté par l'éditeur, même si techniquement le logiciel pourrait tout à fait répondre au besoin de son utilisateur sans la moindre modification.
Exemples :
- le contrat de Oracle express 10g (gratuit), qui interdit d'exécuter le logiciel sur plusieurs CPU. C'est Oracle qui décide comment tu dois administrer ta machine en te demandant gentiment de ne pas faire associer ses processus à un autre CPU que celui qu'il aura choisi.
- le contrat de MS Office Famille & Étudiants (pour la 2007 au moins), qui exige que tu achètes une version Pro dont tu n'as pas besoin pour réaliser des documents en fonction de leurs utilisation (!), y compris dans un cadre bénévole pour une association.
D'autre part parce que l'utilisateur n'a - le plus souvent - aucune possibilité de contrôle sur le code exécuté sur sa machine. Au mieux, s'il a besoin de voir évoluer son logiciel, il doit s'en remettre à l'éditeur. Si l'éditeur refuse, l'utilisateur n'a alors aucun recours et n'a plus qu'a remplacer totalement son logiciel, et aura éventuellement payé un droit d'(in)utilisation. Si le programme en question n'utilise que des formats de fichiers (pour le coup) propriétaires, la dépendance de l'utilisateur est irrévocable sous peine de voir ses données disparaître.
Au pire :
- l'éditeur fait péter des fonctionnalités quand ça lui chante.
- le logiciel collecte ta vie privée et l'envoie à son éditeur sans même que l'utilisateur ne sache ni quoi ni quand
- l'éditeur efface tes documents qui ne lui plaisent pas
Exemples :
- OtherOS de la PS3 qui est vendu puis repris, ou bien le jeu en réseau et la lecture des derniers Blu-Ray
- l'iPhone qui fait sortir tout seul comme un grand des dizaines de Mo
- le Kindle qui n'aime pas Orwell
Je passe sur les problématiques de copie qui relèvent surtout du droit d'auteur.
Cette subordination n'est pas inhérente au logiciel mais propre aux industries de la "Propriété intellectuelle". Ainsi celui qui a vendu (ou même donné) des semences de chimères génétiques contrôle la récolte de l'agriculteur, de la même manière que celui qui a offert une suite bureautique contrôle les écrits de l'étudiant. Grâce à des déséquilibres tant sur le plan technique que juridique.
Tu me rétorqueras certainement que les clauses évoquées plus haut son "abusives" et que j'ai le droit de les enfreindre, je te répondrai que l'abus est la nature même des logiciels privateurs et de leur licence.
Ou alors tu me diras comme il est coutume lorsqu'on est un pragmatique qui s'adresse à un intégriste, que j'ai bien appris ma leçon mais que l'utilisateur n'a pas moins de libertés puisqu'il peut toujours faire autant de choses qu'avant mais avec d'autres outils.
Sauf qu'entre temps, tout cela a été possible : il a perdu de l'argent dans un contrat à la mords-moi l'noeud, on l'a menacé de poursuites, ses données confidentielles lui ont glissé entre les doigts, elles ont d'ailleurs été enfermées dans un format breveté et/ou fermé, l'association dans laquelle il est impliqué est elle aussi menacée de poursuite à moins de s'acquitter d'une juste compensation, des licences lui seront à cette occasion offertes, ses données seront contrôlées par l'éditeur, elles seront d'ailleurs enfermées dans un format breveté et/ou fermé...
[^] # Re: eMule != Emule Paradise
Posté par thamieu . En réponse à la dépêche Revue de presse de l'April pour la semaine 5 de l'année 2011. Évalué à 4.
En tout cas, le logiciel dont tu parles prive effectivement de libertés de plusieurs manières.
Une relation de subordination est créée entre l'éditeur et l'utilisateur.
D'une part parce que l'utilisateur n'a le plus souvent le droit d'utiliser le logiciel que dans le cadre qui lui est dicté par l'éditeur, même si techniquement le logiciel pourrait tout à fait répondre au besoin de son utilisateur sans la moindre modification.
Exemples :
- le contrat de Oracle express 10g (gratuit), qui interdit d'exécuter le logiciel sur plusieurs CPU. C'est Oracle qui décide comment tu dois administrer ta machine en te demandant gentiment de ne pas faire associer ses processus à un autre CPU que celui qu'il aura choisi.
- le contrat de MS Office Famille & Étudiants (pour la 2007 au moins), qui exige que tu achètes une version Pro dont tu n'as pas besoin pour réaliser des documents en fonction de leurs utilisation (!), y compris dans un cadre bénévole pour une association.
D'autre part parce que l'utilisateur n'a - le plus souvent - aucune possibilité de contrôle sur le code exécuté sur sa machine. Au mieux, s'il a besoin de voir évoluer son logiciel, il doit s'en remettre à l'éditeur. Si l'éditeur refuse, l'utilisateur n'a alors aucun recours et n'a plus qu'a remplacer totalement son logiciel, et aura éventuellement payé un droit d'(in)utilisation. Si le programme en question n'utilise que des formats de fichiers (pour le coup) propriétaires, la dépendance de l'utilisateur est irrévocable sous peine de voir ses données disparaître.
Au pire :
- l'éditeur fait péter des fonctionnalités quand ça lui chante.
- le logiciel collecte ta vie privée et l'envoie à son éditeur sans même que l'utilisateur ne sache ni quoi ni quand
- l'éditeur efface tes documents qui ne lui plaisent pas
Exemples :
- OtherOS de la PS3 qui est vendu puis repris, ou bien le jeu en réseau et la lecture des derniers Blu-Ray
- l'iPhone qui fait sortir tout seul comme un grand des dizaines de Mo
- le Kindle qui n'aime pas Orwell
Je passe sur les problématiques de copie qui relèvent surtout du droit d'auteur.
Cette subordination n'est pas inhérente au logiciel mais propre aux industries de la "Propriété intellectuelle". Ainsi celui qui a vendu (ou même donné) des semences de chimères génétiques contrôle la récolte de l'agriculteur, de la même manière que celui qui a offert une suite bureautique contrôle les écrits de l'étudiant. Grâce à des déséquilibres tant sur le plan technique que juridique.
Tu me rétorqueras certainement que les clauses évoquées plus haut son "abusives" et que j'ai le droit de les enfreindre, je te répondrai que l'abus est la nature même des logiciels privateurs et de leur licence.
Ou alors tu me diras comme il est coutume lorsqu'on est un pragmatique qui s'adresse à un intégriste, que j'ai bien appris ma leçon mais que l'utilisateur n'a pas moins de libertés puisqu'il peut toujours faire autant de choses qu'avant mais avec d'autres outils.
Sauf qu'entre temps, tout cela a été possible : il a perdu de l'argent dans un contrat à la mords-moi l'noeud, on l'a menacé de poursuites, ses données confidentielles lui ont glissé entre les doigts, elles ont d'ailleurs été enfermées dans un format breveté et/ou fermé, l'association dans laquelle il est impliqué est elle aussi menacée de poursuite à moins de s'acquitter d'une juste compensation, des licences lui seront à cette occasion offertes, ses données seront contrôlées par l'éditeur, elles seront d'ailleurs enfermées dans un format breveté et/ou fermé...