• [^] # Re: Mais encore?

    Posté par . En réponse à la dépêche Pour un cinéma numérique durable et open source. Évalué à 3.

    >> choisir un VPF plus faible pour des blockbusters ou plus fort pour des films d'auteurs [ou inversement])
    > ça reviendra la plupart du temps à faire payer le "film d'auteur"
    > pour l'avoir à l'affiche, alors que ça devrait être l'inverse, qu'on
    > peut bien sur croire naïvement possible.

    Vous n'avez pas compris ce que je voulais dire.
    D'un autre côté c'est assez dur d'expliquer le mécanisme des VPF tout en précisant que quoiqu'il arrive, ce même mécanisme ne manipulera pas la programmation, et ceci dans un formulaire de site web :)


    >> sans VPF, vous payez votre matériel à 100%
    > Sans VPF il n'y aurait pas eu ce numérique, en tout cas à ce prix-là.
    > Les salles devraient être en mesure de s'équiper sur leurs fonds
    > propres comme ça a toujours été le cas, le VPF cache une
    > inadéquation du matos à l'économie des salles.

    "Sans VPF il n'y aurait pas eu ce numérique", merci de le préciser :)
    Cependant, vous oubliez le CNC :-)
    Le but de la symbiose entre tiers privé et CNC aurait été de couvrir justement 100% du parc cinématographique.
    Mais quand une des parties ne souhaitent pas discuter, vous ne pouvez rien faire.
    Dans l'histoire, les plus lésés, ce sont les salles les faibles.

    Concernant le "VPF cache une inadéquation du matériel à l'économie des salles", le VPF ne dicte pas le matériel que doit avoir l'exploitant. Le VPF précise seulement que le matériel doit être DCI (pour éviter les abus e-cinema).
    Rien ne vous empêche d'avoir un projecteur et un player à bas prix.

    Ceci dit, les tiers "si méchant" ont été aussi de très bon conseil pour beaucoup de petits exploitants. Déjà par les achats groupés de matériel (donc réduction du matériel) mais aussi de vérifier - à la demande de l'exploitant - les prix des projecteurs et des players (et éviter de se faire enfler)
    Comme quoi, les tiers sont pas si méchants que cela :-)


    > Sauf que déjà que c'est difficile de conserver des films exigeants tout en restant économiquement viables,
    > on sera en plus pénalisés par rapport aux gougnafier, vu que l'écran occupé ne permettra pas de récupérer du VPF

    C'est moi où vous êtes entrain de valoriser de l'effet "rotation" ? ;-)


    > On serait assez peu couverts par le VPF, et la plupart des établissements n'auront pas
    > accès aux fonds d'aide publics, on sera pénalisés doublement

    "On serait", cela me semble un peu trop conditionnel pour être sûr.
    Avez-vous vu un tiers pour faire vérifier votre position ?
    J'ai bien vu des mono-salles se faire "tiersé"


    >> Il évoluera sur autre chose, mais pas sur ce que vous pensez.
    > Mais encore ?

    Je garde le mystère dans ma prochaine réponse :-)


    > Un organisme d'État est censé servir l'intérêt général, pour un tiers c'est moins sûr, mais on va déborder du sujet là...

    Pas forcément. Le CNC a jouer un rôle majeur (négativement parlant) dans le dossier du cinéma numérique.
    Nous sommes pile-poil dans le sujet.
    Le CNC n'est absolument pas neutre sur ce sujet, preuve en est qu'il est toujours fâché avec les tiers-investisseurs encore aujourd'hui.


    >> Pourquoi se presser ? parce que plus la transition sera effective, moins cela coûtera pour l'ensemble de la filière.
    > Non, ça nous coûte pas plus cher pour l'instant, et ça donne du répit aux labos photochimique (pas toute la filière donc)

    Houla, une affirmation un peu abrupte :-)
    Je suppose que vous faites référence aux déclarations depuis pratiquement 1 an de la filière photochimie.
    Pour poser le contexte, les deux tiers-investisseurs leaders en France ont été fondés par des anciens d'Eclair.
    Donc par liaison, vous comprendrez que je suis aussi un ancien de ce laboratoire photochimie.
    Il sera donc dur de ne pas avoir connaître le dessous des cartes de cette filière.

    Tout d'abord, lorsque vous dites que cela ne coûte pas plus cher, vous vous contredisait juste après en évoquant "le répit" pour les labos. Si cela ne coûte pas plus cher alors pourquoi laisser du répit à la filière ? :-)

    De plus, je pense que beaucoup se font avoir sur les plaintes de celle-ci.
    C'est bien simple, si la filière en est où elle en est, c'est à cause d'elle uniquement.
    Elle a pensé à tort que le passage se ferait moins rapidement.
    Chez Eclair, par exemple, la filiale Cinéma Numérique a été fermé pour des raisons politico-économiques. (Q....)
    Il suffit aussi de voir comment est géré (enfin était géré à l'époque), le pôle "encoding DCP" pour constater que cela n'était pas la priorité. (peut-être plus maintenant)

    Monter un "laboratoire" de "packaging de film numérique" (DCP) est beaucoup moins cher que son pendant photochimie.
    Il aurait fallu trois fois rien pour que l'ensemble des laboratoires photochimie est une division "numérique".
    La filière photochimie avait largement de quoi passer au numérique. Ils ne l'ont pas fait pensant avoir du temps.
    Mais c'est au pied du mur qu'ils se sont aperçus que c'était trop tard...


    >> (notez que les dernières daubes 3D vous permettent de survivre :)
    > On n'en passe pas («faut vraiment que vous vous informiez sur la question» :-)

    Je vais affirmer un truc, vous me contredirez si je me trompe: Mais Utopia ne reçoit pas des aides du CNC ? :-)
    Si c'est le cas, vous savez que ce fond est financé par la TSA, elle même prélevé sur les billets de chaque spectateur en France, et donc aussi des dernières daubes 3D :-)


    >> Si c'est le cas, depuis les débuts les principaux acteurs avaient tendu la main au CNC pour être en symbiose.
    > Je ne connais pas bien ces débuts, et n'y ayant pas pris part je me garderai d'émettre un jugement.

    Et cela ne vous choque pas ?
    Que les tiers, dès le début, aient voulu que le CNC soit partie prenante du passage au numérique, qu'ils aient demandé au CNC d'être en symbiose afin de préserver l'ensemble du parc et que finalement, celui-ci - le garant de la diversité cinématographique - est snober tous les acteurs ?
    A ce niveau là, en tant qu'exploitant, vous devriez vous poser des questions dessus: « Comment se fait-il que le CNC ait refusé de participer ? »


    >> Cependant, vous noterez que l'externalisation de la maintenance (du matériel) est déjà l'affaire des principaux installateurs,
    >> et cela bien avant l'arrivé du numérique (ADDE, Decipro, Cineservices, etc...)
    > Oui, mais ça dépend des exploitants. Nous par exemple on s'efforce que nos opérateurs soient plus autonomes que ça,
    > et ce sera plus délicat avec le numérique, ou en tout cas il y a un besoin de formations adaptées.

    Vous serez donc d'accord avec moi que vous faites probablement partie des exceptions;
    La plupart des exploitants, même petit, font appel à des installateurs externes.


    >> C'était connu bien avant la décision d'UGC d'enfin mettre en concurrence les tiers pour son passage au tout numérique.
    > Ouais... la coincidence est trop parfaite, désolé, j'ai du mal à vous croire sur parole, et surtout à croire que le passage
    > au numérique n'a joué aucun rôle dans cette décision.

    Du mal à me croire, certes, mais je vous sens quand même un peu respectif à ce que je dis :-)
    Le passage au numérique de ce groupe s'est effectué rapidement après la sortie d'un film 3D qui a très bien marché (je crois que c'était Avatar)
    Vous pensez bien que les plans de restructurations d'une société comme celle-ci sont prises longtemps en avance (rien que pour reclasser le personnel ou bien carrément les virer, le DRH doit pas se louper...)
    Notez bien que virer les projectionnistes, cela ne fait pas plaisir à personne, et surtout chez les tiers, dont certains étaient d'anciens projectionnistes aussi ...
    (ouais, on était partout, c'est la grande famille du cinéma :-)

    Les tiers sont souvent dépeint comme les méchants, c'est surtout parce qu'ils ont foutu un bordel dans le milieu:
    - les photochimies les détestaient parce qu'ils leur piquaient du taff (enfin, c'était surtout parce que les cinémas passaient au numérique)
    - les installateurs les détestaient car ils conseillaient les exploitants (bah oui, un câble RJ45 de 2m ca coûte pas 100€ monsieur ... ou alors c'est du plaqué-or [ps: ils ne sont pas tous comme cela hein ;-) ] )
    - le CNC parce qu'ils secouaient cet institut un peu pousserieux* (quoique, la dernière fois que j'y suis passé, le marbre était bien nettoyé ...) (*pousserieux ne veut pas dire inutile hein :)