• [^] # Re: ASCII video...

    Posté par . En réponse à la dépêche Sortie de la version 20101222 de GNU Parallel. Évalué à 4.

    Je n'étais pas au courant de la position de RMS sur la partage des vidéos (enfin pas de la manière dont tu le décris).
    Il suffit de regarder ses conférences les plus récentes.

    Excuse moi de te dire ça mon pauvre Grunt, mais tu confonds un peu tout. Tu fais un amalgame entre la culture et les logiciels. Tu es fou.

    Évidemment que RMS déconseille les softs proprios. Les softs proprios/privateurs sont une menace pour la liberté de l'utilisateur à utiliser son matériel et ses données de la manière dont il l'entend. C'est aussi une atteinte à la culture informatique (étude de code source, communautés etc.).

    Le risque de partager une vidéo, c'est... hm... quoi au juste ? De voir un navet ?

    Tu ne regardes qu'une partie de l'intérêt du logiciel libre: ne pas être espionné (ok, le problème ne se pose pas avec une vidéo), pouvoir effectuer des modifications (là aussi, il y a des grosses différences).
    Mais il y a aussi la question éthique de savoir si tu peux partager l'oeuvre avec ton voisin. RMS l'explique très bien: si tu utilises Windows, et que ton voisin en veut une copie, tu as le choix entre partager cette copie avec lui, donc rompre le contrat passé avec les développeurs, ou ne pas lui faire de copie donc ne pas être solidaire avec ton voisin.
    Et c'est une des raisons pour lesquelles les logiciels privateurs sont mauvais, même si tu t'en fous d'être espionné et même si tu ne fais pas de modifications: ils te laissent le choix entre ne pas être solidaire, ou ne pas honorer tes engagements.

    Hé bien, le problème se pose aussi avec la culture, il se pose même avec une plus grande acuïté. Car la culture est quelque chose qui se partage bien plus que les logiciels. Après tout, la plupart des gens s'en foutent un peu d'utiliser le logiciel X ou Y, modulo leurs habitudes et la compatibilité des formats.
    Alors qu'on ne peut pas substituer le film X au film Y sans abandonner immédiatement la possibilité d'avoir des références communes. Si je t'envoie un .doc tu peux grosso merdo le lire avec OpenOffice. Si tu ne saisis pas la blague quand on te répond "C'est pas faux!", la communication reste totalement bloquée.

    La culture est encore plus virale que le logiciel. Et c'est AMHA cette particularité qui fait que, même dans le milieu du logiciel libre, les gens tendent à baisser les bras et à renoncer totalement à l'idée de bâtir une culture libre. Trop contraignant de se couper de la culture propriétaire dominante, beaucoup trop contraignant.

    J'accepte totalement qu'on me dise "Ok, je peux souffrir de parcourir 50km pour acheter un PC sans Windows et une carte WiFi sans firmware propriétaire, mais je ne me sens pas de taille à passer pour un con auprès de tous mes amis parce que je me suis coupé de la culture propriétaire.", mais que ce renoncement, cet abandon, cette abdiquation devant la toute puissance de la culture propriétaire ne se cache pas derrière des arguments pour expliquer que "c'est pas pareil on peut pas comparer." Non seulement on peut comparer logiciel et culture, mais la comparaison fait apparaître que la culture propriétaire nous tient encore plus "par les couilles" que les logiciels propriétaires. Tellement, qu'on se refuse à l'admettre, et qu'on trouve toutes les justifications imaginables pour assouvir notre addiction sociale aux contenus de la SACEM et de la MPAA.

    THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.