• [^] # Re: le manque de contributions financières ?

    Posté par (site web personnel) . En réponse à la dépêche Une distribution Mandriva Linux 2011.0 pour quoi ?. Évalué à 10.

    ou pas

    je vais prendre un parallèle avec la téléphonie mobile que je connais bien :
    - à son lancement SFR était bénéficiaire à partir de 200000 abonnés même si leur abonnement ne remboursait pas encore les frais de déploiement des antennes
    - à son arrivée, BouygTel était bénéficiaire avec 300000 clients, car ils ont ajouté la notion de forfait aka "un prix plancher pour chaque abonné et paiement en dépassement" (notion reprise largement ensuite)

    comment est-ce possible ?
    c'est simplement comptable :
    - les appels entrants sont payants lorsqu'on vient d'un réseau différent (fixe, autre réseau mobile) cela s'appelle les frais d'interconnexion : un client France Telecom ou Itineris paie de l'ordre de 3 francs l'appel d'un mobile (c'était au siècle dernier) et ensuite c'est à la durée. SFR aurait fait payer 0 euros ses clients, il aurait encore été bénéficiaire (ah tiens, c'est le modèle de google ? celui de sourceforge dirait Zenitram :D)
    - ou lorsque les clients commencent à aller à l'étranger : le client paie l'opérateur étranger pour ses appels, son opérateur ajoute un markup ; le client paie pour les appels reçus (ah bah oui, ce n'est pas l'appelant qui peut savoir qu'il est à l'étranger, c'est à celui qui a choisi de recevoir l'appel d'assumer être parti à l'étranger de pouvoir recevoir des appels, un privilège, pas un droit, cela a un coût)
    Voilà pour le financement d'un opérateur mobile ;-) (et le mode de lancement retenu choisi pour Free dans moins d'un an, même si la situation a bien évolué et que le nombre d'abonnés devra sans doute être bien plus élevé).

    Pour faire le parallèle avec une distribution libre :
    - ce qui rapporte ce sont les clients entreprise (Red Hat le dit très bien, maladroitement, "perdre 1000 utilisateurs pour gagner 1 contributeur..."), Suse/Novell l'a très bien compris avec OpenSuse (en faisant payer Microsoft au passage, même si très maladroitement et en se prenant une très mauvaise pub' dans le libre)
    - l'OS préconisé est celui qu'on utilise à la maison (c'est un peu ce qu'a géré Microsoft au siècle dernier et qui fait qu'il y a autant de serveurs faisant tourner des anti-virus sous peine de s'auto-détruire), Debian GNU/Linux est ainsi très répandu côté serveur car il a forcément la cote auprès des adminsys (à raison), Red Hat et Suse l'ont compris très tardivement et rattrapent les pots cassés avec Fedora / OpenSuse et ont su proposer un modèle rassurant les DSI (support très^W cher proposé, même si au départ récupérer des jetons était cryptique) d'un côté tout en s'assurant une communauté le préconisant de l'autre (CentOS est un garant pour Red Hat dans le libre, selon cette interprétation, garantissant que des gens qui n'auraient pas payé de toute façon ne sont pas obligés de le faire mais acquièrent une compétence certaine et pérenne, c'est compatible avec le libre et très bien vu).

    Je laisse l'exercice concernant Mandriva et sa distribution Mandriva Linux à ceux le souhaitant ;-)

    Concernant _ta_ contribution, en perso, tu as payé 30 mn d'un ingénieur, c'est déjà bien, si tu as convaincu d'autres de l'utiliser de la même manière, vous avez chacun des crédits de 30 mn (je force le trait), si vous apportez des affaires de 100 postes en entreprise, chacun, c'est à chaque fois 3000 euros par mois, déjà on s'approche d'un salaire d'un ingénieur, reste à trouver 50 clients pour avoir une équipe de développement pérenne, 100 clients pour la faire se développer, plus pour commencer à gagner de l'argent (vous commencez à comprendre).
    Cela paraît simple, cela demande un ensemble de services disponibles répondant à la demande au sens large du maximum de clients, pouvoir commencer à payer autant de commerciaux à remplir les contrats et les conclure et cela juste marche. Je vous laisse faire les calculs, ce n'est pas si simple. Ce modèle est simpliste et dépend de beaucoup d'opportunités et de vision.
    J'espère ne pas avoir fait transparaître de jugement de valeur ni de cynisme, c'est bien àmha un business model légitime, qui pourrait marcher (sans vente liée ce serait plus facile), même si je suis conscient des limites de l'exercice ;-) (à chacun de se projeter en chef d'entreprise respectueux du libre ensuite, se transformer en google avec sa page minimaliste du siècle dernier qui lui a valu son succès, monter sa petite entreprise...).

    À la base la question reste : que souhaite la communauté autour de la distribution Mandriva Linux ? Perso, je n'aurai pas de souci à rester en cooker la version de développement "rolling release" avant l'heure (avec les défauts d'un X cassé régulièrement ou une mise à jour risquée de perl comme actuellement), je pense plus aux utilisateurs normaux qui souhaitent que ça juste marche et pour lesquels il faut répondre à plusieurs exigences antinomiques :
    - stable
    - à jour (quoi ? quels logiciels parmi les 30000 ?)
    - juste ça marche
    - utilisable facilement
    - fonctionnel
    - à la pointe (HTML5, balise vidéo...)
    - que ce soit sur serveur ou poste de travail (tout en proposant une infrastructure)
    ce pourquoi à la base j'ai fait cette dépêche (pour les discussions sur le pourquoi du comment la société Mandriva seule n'y arrive apparemment pas - voir le journal pour quelques pistes - avec une communauté unifiée cela serait sans doute plus facile, même si cela n'existe sans doute pas encore, un challenge à relever pour y arriver, quelle que soit la forme que cela doive prendre).