• [^] # Re: Est-ce si important?

    Posté par . En réponse à la dépêche Les femmes libres s'invitent au Forum Mondial du Libre. Évalué à 5.

    Parce qu'une me l'a dit et a arrêté de participer, et les deux autres que je « connais » (qui l'ont déjà revendiqué ici) aussi.
    Et elles ont arrêté parce qu'elles étaient heurtées dans leurs sentiments ou juste parce qu'elles avaient mieux à faire dans la vie ? Parce qu'il y a bien plus que trois personnes qui ont arrêté de débattre sur le sujet, dont un certain nombre devait être des hommes.

    Et pour le côté « pauvres choupinettes », ce débat a cela de particulier qu'il est sur la domination d'un sexe sur l'autre, par la force.
    Justement non. Si le sexisme était juste affaire de force et de violence, ce serait beaucoup plus simple de régler le problème. Il y a une dimension psychologique et sociologique énorme qui n'a rien à voir avec la contrainte physique (même si c'est une dimension du problème). La paysanne qui trime toute la journée au champ, il y a moyen qu'elle ait la musculature de foutre une tatanée à un bon paquet d'hommes qui n'ont pas le même genre d'activité physique. N'empêche qu'elle sera sûrement quand même convaincu d'être inférieure aussi physiquement.
    Un peu comme bon nombre d'esclaves étaient convaincus qu'il était juste et bon qu'ils soient esclaves. Une éducation orientée, ça t'économise un paquet de révoltes.

    Ici, on est sur un forum, donc on peut dire qu'elles ne « craignent » rien, mais je suis sûr que certains propos leur rappelle des situations IRL ou l'homme présent en face a montré des signes de supériorité physique. Je suis désolé, mais même « juste » un mec qui devient agressif dans une discussion avec une femme est souvent menaçant pour son intégrité physique, donc elle préfère se taire.
    Sauf qu'on est sur un forum, donc ça n'a rien à voir avec la peur pour son intégrité physique. Que certaines personnes soient blessées ou vexées par des propos écrit, ça se comprend tout à fait. Mais lier ça à une peur physique, à moins d'avoir subi un véritable traumatisme, c'est absurde.

    Pour ce qui est du florilège, je trouve que ça relève plus du "ouais, mais heu meûsieuuuur, Machin il dit que ça c'était pas bien, alors ben je l'ai pris pour moi et j'ai fait le méchant ça lui apprendra" que de mysoginie ou de sexisme. Je répète, je ne partage pas le procédé, et un certain nombre des arguments, mais n'empêche. Certains n'ont pas conscience que oui, une blague sexiste ça peut être drôle, mais quand c'est la 132e fois qu'on te la sort dès qu'on apprend que tu es une femme (sans pour autant le revendiquer, mais bon, ça peut venir aussi simplement que de l'accord d'un adjectif), ben oui, c'est lourd, pénible, usant et ça finit par vexer, quand bien même on aurait un excellent sens de l'humour. La remarque classique sexiste, ça aurait été plutôt de taxer d'hystérie les femmes qui s'énervaient sur le sujet.

    Ça c'est du sexisme pur jus :
    Les hommes et les femmes sont différents, ont des qualités et des attirances différentes (dixit pankkake)

    Et quand même pour reprendre une des phrases du florilège qui m'avait fait bondir en lisant l'original :
    On peut faire la comparaisons avec les féministes des années 70 qui sont fustigées non pas par les hommes seulement, mais par les femmes aussi qui pensent qu'elles ont fait plus de mal que de bien tout en reniant leur différence au final. C'est mon avis, et je le partage, tout en sachant que vu que je suis un homme, j'aurai forcément tord.
    On a une pointe de sexisme (qui n'est pas à confondre avec la misogynie/andrie) avec le "en reniant leur différence au final", si je comprends bien la phrase (les féministes refusaient de reconnaître que oui les femmes et les hommes sont différents).
    Mais dire que des femmes aussi ne sont pas d'accord avec les féministes (le "e" à fustigées sous-entend que ce ne sont que des femmes, ce qui est un parti pris discutable) n'est un argument de rien du tout. Si tous les groupes discriminés pour un motif ou un autre étaient constitués d'individus homogènes et tous conscients du phénomène, ça se saurait. Un exemple : combien d'hommes occidentaux ne s'insurgent pas du fait qu'on juge honteux qu'ils pleurent, alors que c'est normal pour une femme ?