• [^] # Re: Exemple communautaire !

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse à la dépêche Joyeux anniversaire Debian !. Évalué à 6.

    Peut-on considérer une personne comme une communauté ?

    * Une personne : la singularité.
    Il n'y a pas de for externe.

    On peut exprimer : l'un; on.
    Pour a un singulier, on ne peut formuler de relation.

    * Deux personnes au moins : l'altérité.
    Chacun des deux individus (au moins) est extérieur à l'autre, est autre pour l'un. Chaque individu possède un for interne qui est propre à lui même en tant que singulier, et un for externe qui est propre à la relation entre ces deux singuliers.

    On peut exprimer : l'un et l'autre; on, moi, toi, je, tu.
    Pour a et b deux singuliers, on peut formuler une relation : a°b
    Jje fais volontairement abstraction de la nature et des modalités des opérations appartenant à cette relation.

    * Une tierce personne au moins : la communauté.

    Un individu est extérieur à une altérité. En plus de constituer une altérité avec les individus, elle constitue une altérité vis à vis d'une altérité singulière. Un couple forme une singularité qui est autre à la tierce personne. Le for externe des singuliers de l'altérité (le for externe des membres du couple) est le for interne de cette altérité singulière. Le couple possède son for interne et la tierce personne le sien, il existe un for externe propre à la relation entre ces deux singularités. On peut ainsi parler de « communauté d'agglomération », par exemple.

    On peut exprimer : l'un et les autres; on, moi, toi, lui, nous, vous, eux, je, tu, il, nous, vous, ils.
    Pour au moins a, b, c trois singuliers, on peut formuler une infinité de relations : a°b, a°c, b°c, a°(b°c), b°(a°c), c°(b°a), c°(b°(a°c))...

    En langue française, le pronom singulier « on » est très intéressant. Tout ensemble fini ou infini qui peut être sujet d'un verbe d'état ou d'action peut-être réduit à une singularité : « on a gagné », « on m'a volé », « on fait », « on dit », « on est mortel »... Une personne seule ne peut penser « je », puisqu'il faut pour cela connaître l'altérité, elle pense « on ».

    On peut tirer de cela des considérations philosophiques et même théologiques très intéressantes sur l'être, sur le fini, l'infini, sur le faire, sur la personne, le couple, la famille, la société, ou les communautés de développeurs. Dans le cas présent de développement communautaire de distribution logicielle, l'étude sociale, politique, morale et religieuse du principe de collaboration reçoit un éclairage particulier.

    _____________________________________________________________________________

    Il y a un problème de langage dans la question, elle est mal formulée, mais pour répondre à la préoccupation d'origine, le travail d'une personne singulière peut tout de même être le fruit d'un travail communautaire. Si Patrick Volkerding se retrouvait vraiment, vraiment tout seul, de toute manière la matière qu'il utilise est le fruit d'un travail communautaire.

    On pourrait imaginer une licence qui stipulerait que le contributeur cède l'intégralité de ses droits au prochain contributeur, et ainsi de suite. Au lieu d'avoir des milliers de gens qui participeraient au noyau de Linus Torvald (par exemple), on aurait le noyau de Linus Torvald qui deviendrait le noyau de Stéphane Marchesin une fois que ce dernier aurait ajouté ce qu'il a développé pour le pilote Nouveau, et ainsi de suite. À un instant précis, le noyau serait considéré comme le produit d'une personne mais resterait le produit qui est le fruit d'une communauté. L'empaqueteur peut produire seul un produit fini assemblé de produis développés communautairement.

    Dans le cas qui nous intéresse, celui d'une seule personne travaillant isolément à la constitution d'une distribution, la matière distribuée serait un produit communautaire, peut-être pas le travail d'intégration. La question qui pourrait se poser serait de savoir si juger la communauté d'une distribution juge le contenu fourni ou le travail qui a permit cette fourniture. Mais que se passe t'il si le développeur a travaillé à simplifier l'intégration ? il a par là-même participé à l'intégration !

    Il reste la question de la direction et je pense qu'il est le plus pertinent. Un problème courant de langage est de confondre non-commercial et communautaire. Je ne peux pas dire que Debian n'est pas développée commercialement, rien que le fait que du code de Red Hat (par exemple) soit utilisé dans Debian m'empêche de dire cela. Je peux dire cependant que Debian n'est pas une distribution dirigée commercialement, mais dirigée communautairement. Si moins de trois personnes collaborent à la décision concernant l'intégration d'une distribution, et que l'on considère que le travail propre d'une distribution est l'intégration, je pense qu'on peut dire qu'une telle distribution n'est pas communautaire.

    Une distribution qui ne serait pas encore communautaire peut cependant avoir un devenir communautaire.

    ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes