• [^] # Re: ne pas confondre avants projets thermiques et calculs certifiés

    Posté par . En réponse à la dépêche La réglementation thermique française : outils d'application. Évalué à 2.

    Faut-il lancer un projet de code de calcul thermique libre ? Je veux bien en être, même si j'appréhende déjà le retour des migraines et difficultés que m'avaient occasionné les calculs de transferts convectifs à l'École :-)

    Attention, encore une fois.

    Soit on parle d'un logiciel de calcul réglementaire, et il n'y a pas à descendre aussi bas, il faut coller au code existant, et même si on fait ça ça ne sera jamais exactement pareil et probablement inutile si pas validé par le CSTB. Ca me semble cul-de-sac-esque.

    Soit on parle d'un logiciel de simulation thermique, et alors effectivement, autant contribuer à ce qui existe déjà. (J'ai donné des liens vers esp-r dans un autre commentaire.)

    Pour le calcul réglementaire, je partage assez l'avis de Neije : il n'y a pas de solution. On a pondu une méthode franco-française pour répondre à un problème mondial (encore qu'il y a des différences de considérations selon les pays, certains craignent le chaud, d'autres le froid, etc), elle nécessite l'utilisation d'un logiciel compliqué dédié à cet usage. Tout ça pour optimiser un passage ric-rac sur une réglementation pourtant assez lâche (mais ça pourrait changer en 2012)... Le privé a rempli le rôle qu'on lui avait laissé. On voit difficilement la place que peut prendre le libre là-dedans. Qui irait investir du temps pour développer un outil répondant à un non-besoin ? J'ai peur que le status quo perdure.

    Comment ça pourrait être fait autrement ? Je ne sais pas si j'ai assez de hauteur de vue pour affirmer ça, mais on pourrait envisager :

    * De simplifier la RT

    - Évoluer vers une RT qui fonctionne plutôt avec des garde-fous qu'avec un tel calcul. C'est plus simple mais pas forcément juste. Ca peut pousser à faire des conneries si c'est strict. Et si c'est lâche, c'est moins efficace.

    - Agréer plus de solutions techniques. Ca serait assez logique. Un duo BE/archi qui construit toujours pareil et qui refait les études tout le temps, c'est un peu ballot. On pourrait même envisager qu'une solution puisse être proposée à l'agrément par des professionnels de façon à pouvoir être réutilisée. Là encore, même inconvénients qu'au-dessus. Une telle solution implique de majorer partout pour avoir de la marge. Pour la RT 2005 ça doit être possible tellement elle est lâche. Mais pour une RT plus contraignante, ça pourrait être délicat.

    Un regard vers les autres pays serait instructif à ce sujet.

    * D'accepter la complexité

    - Autoriser les BEs à faire leur étude avec le simulateur de leur choix, quitte à encadrer un peu les hypothèses, en imposant juste des exigences sur les résultats. Mais ça peut devenir un enfer à vérifier. A moins qu'on engage la bonne foi, ou l'honneur, ou la responsabilité du BE, mais comment sanctionner ? Difficile de juger sur les résultats réels, qui dépendent des utilisateurs.

    Le problème est moins logiciel que réglementaire.

    Maintenant, si certains sont intéressés, il y a sans doute du boulot pour améliorer des outils de simulations plus universels, plus intéressants scientifiquement, etc.

    Actuellement, des BEs utilisent les logiciels de calcul réglementaire pour faire des études simples parce qu'ils ont la licence, l'habitude, et parce que ça devient de fait des outils de comparaison. Ce boulot pourrait être fait avec des outils de simulation s'ils étaient plus rapides d'emploi. La saisie des métrés et des hypothèses peuvent être chronophages.

    Pour les métrés, deux options, soit améliorer l'interface de saisie (probablement incontournable), soit miser sur les progrès en terme d'inter-opérabilité à venir, le format IFC en développement, et donc l'import depuis un logiciel de 3D (et encore, il nous en faudrait un qui soit libre, et ça, c'est une autre histoire...). Les deux sont à faire en parallèle, sans doute.

    Pour les hypothèses (scenarii d'utilisation, etc) c'est un peu au BE de se créer son environnement. Reste que c'est bien si l'interface permet de récupérer tout ça d'un projet sur l'autre sans le réentrer.

    S'il est vrai que les phénomènes qui interviennent sont compliqués et ne s'arrêtent pas à la conduction à travers les parois, j'ai du mal à croire que pour des projets simples (maisons individuelles), on ait besoin de tout cet arsenal de calcul pour faire les choses bien.