• [^] # Re: limite de ce type de brevet

    Posté par . En réponse à la dépêche Du non-respect des brevets par les plantes et les animaux. Évalué à 1.

    >« Il me semble que ce serait simple: les animaux seraient soit carencés (mésabsorption d'oligo-éléments, parce que mal digérés par la flore), soit malades (absorption de toxines diverses, diarrhées, et tout plein de choses charmantes dans ce goût là).
    Sachant que notre métabolisme est furieusement proche de la plupart des nos "animaux de la ferme", un truc chimique qui nous rendrait malade, les rendraient malades avant et on ne les mangerait pas. »

    >Si c’était aussi simple... On aurait pas eu l’amiante, la vache folle, le virus de l’année dernière, le problème avec les oiseaux...

    >Donc que faites-vous des effets à long termes ? Des maladies qui mettent dix ans à se déclarer ? Des maladies contagieuses ? Vous décrétez que ça n’existe pas ?

    Faut pas imaginer que les OGMs soient des trucs super exotiques. C'est de la bidouille basique, du bricolage grossier. C'est prendre un à quelques gènes d'une espèce, utiliser un vecteur (retrovirus ou bombardement de particules d'or (très subtile comme méthode, soit-dit-enpassant), en général) pour tenter de les faire rentrer en force dans le noyau, où l'on espère que cette séquence sera intégrée à un endroit où il pourra s'exprimer de façon satisfaisante. Ce qui arrive assez rarement. On utilise donc des marqueurs (généralement un gène qui exprime un facteur de résistance à un antibiotique) pour faire le tri entre les ratés (l'immense majorité) et les quelques succès. Ensuite, on essaie tant bien que mal de faire taire le gène de résistance à l'antibiotique, parce que ça fait pas propre.

    On gros, on essaie de faire exprimer une protéine (ou autre substance chimique) qui existe quelque part dans la nature, par une autre espèce, qui ne l'avait pas avant.

    Ce ne sont pas des molécules inédites. Ce ne sont pas des trucs inconnus. On peut parfaitement tester l'effet de ces molécules comme on le fait avec les autres.

    Ensuite, il existe toujours un risque que le transgène se soit foutu à un drôle d'endroit qui fait que la séquence environnante va changer d'expression et faire un truc totalement inédit et qui provoquera une mort subite au bout de 5 ans, 7 mois, 13 jours, 3 heures, 54 minutes, 25 secondes et je vous passe les dix-millièmes... (on est 'dredi, hein ;) ) Mais bon, y'a plus de risques que l'humanité disparaissent lors de la WW III, hein ;)

    Les OGMs apportent beaucoup moins d'exotisme que les nano-matériaux par exemple... Apparemment les nanotubes de carbone sont capables de faire de drôles de choses sur diverses composants biologiques, et tant à des échelles nanoscopiques (composant cellulaire) qu'à des échelles macro (dans les bronches et les poumons). Pourtant, personne ne s'en inquiète. Pourquoi? Parce que c'est une techno qui vient de l'industrie physico-chimique et que du coup, les gens ne l'associent pas directement au divin de la biologie, de la nature et de la vie. Du coup, ils psychotent beaucoup moins. (Bon, y'a aussi que c'est encore dans les labos, pas dans les produits d'une multi-nationale déjà fortement réputée).

    >« Bref, mon point est qu'il faut arrêter de psychoter sur les dangers alimentaires des OGMs... »

    >Ça ok. c’est comme le nucléaire (on est vendredi...) il y a psychose autour de ses questions.

    Alors que le nucléaire, c'est bon, mangez-en ^^ (dans certaines limites politiques bien sur). Si vous (lecteur en général) ne connaissez pas le sujet, je vous invite à lire Jean-Marc Jancovici [http://www.manicore.com/], notre très bon vulgarisateur national.

    >« ...surtout quand il y a une étape (les animaux) entre eux et nous »

    >Failed! les animaux ne sont pas forcément une barrière mais peuvent être vecteur... c’est pas le passé récent qui me contredira.

    On parle surtout de vecteur dans le cas de pathogènes biologiques (virus, bactéries, parasites divers et variés) qui possèdent un cycle de reproduction. De là à ce qu'une graine de soja OGM germe dans l'estomac des gens, commence à les digérer de l'intérieur et les poussent à grimper au sommet d'un gratte-ciel avant que le rostre d'une inflorescence ne leur perce le crâne pour disséminer ses spores cancérigènes, y'a un pas.
    Blague à part, encore une fois, un OGM, c'est avant tout un organisme à 99,99% normal qui exprime une ou deux nouvelles molécules. Pas un parasite inédit et fortement adapté au parasitage de l'Homo sapiens via l'espèce Bos taurus (la vache).
    Donc le sens de mon idée d' "étape" (et non de "barrière"), c'est que la nouvelle molécule exprimée par l'OGM aura beaucoup de chance d'être pathogène pour la vache si elle l'est pour nous.

    >C’est con parce que fondamentalement je suis assez d’accord, dans le monde vivant le matériel génétique ne passe pas d’un individu à un autre ormi reproduction. Perso. c’est plus contre les effets annexes des OGM que j’ai une dent. En fait cela ne concerne pas que les OGM mais tout notre système de production agricole, mais juste que les OGM focalisent les esprits pour éviter de se poser les bonnes questions (eg. sur l’agriculture intensive). Ça arrange aussi bien les pro-. que les anti-.

    +1 ^^

    >L’exemple des résistances est révélateur, il n’y a pas besoin d’invoquer la génétique et la résistance aux pesticides&co est un problème qui apparaît dès qu’on a recourt à la destruction massive d’un « nuisible » : à fortiori ceux que resteront auront le champs libre et pourront se reproduire tout en transmettant leur résistance à leur descendance (donc à toute la population). D’ailleurs les bonnes politiques tiennent compte de cet effet (il me semble que c’est le cas de la gestion des moustiques en camargues, on ne cherche pas à les exterminer, mais juste à maintenir leur population à un niveau acceptable).

    idem!

    Less is more