Contrairement à ce qui pourrait transparaître au premier abord, la position que j'exprime n'est pas une position prise de manière légère et inconséquente. Il ne s'agit surtout pas de gentillesse, mais bien du résultat pondéré d'une réflexion sérieuse. S'il est parfaitement légitime de ne pas être d'accord, il ne me semble pas raisonnable d'écarter ainsi d'un revers une solution, qui pour être minoritaire n'en a pas moins quelques avantages — selon ses défenseurs bien entendu.
Pour montrer qu'il ne s'agit pas d'une passade mais bien d'une véritable proposition sérieuse, laissez moi répondre brièvement sur quelques points emblématiques de votre contre argumentation.
Si je n'ai jamais entendu mentionner le nom Elfred Kopel, l'argument que vous lui associez est lui emblématique du courant d'opinion auquel vous semblez adhérer : « prenons quelques exemples d'individus fort singuliers et réclamons en leurs noms et avantages des lois communes sans prendre en compte l'intérêt général. » Voilà précisément l'attitude que j'espère récuser. Il me semble qu'une bonne législation doit chercher l'équilibre entre les nécessités collectives et individuelles, mais avec une forte pondération sur les premières au détriment éventuel des secondes. Et je ne doute pas que malheureusement changer la situation actuelle (au regard de ce dont nous discutons et d'une manière se rapprochant de ma proposition ci-avant) porterait préjudice à des personnes de très grande qualité.
Que la majorité des publications ne soient pas lues, ou pas des succès mondiaux, je suis payé pour le savoir. Dans mon domaine il n'est pas rare de désigner ces choses sous le vocable de pollution. Il est un fait que la majorité des auteurs, bien loin de s'assurer des revenus conséquents cherchent plutôt à rencontrer leur public, à s'exprimer ou même tout simplement à publier. Le droit d'auteur actuel ne leur est donc absolument pas adapté. Et cela rend d'autant plus illégitime le fait de prendre quelques cas exceptionnel pour justifier un système devenu globalement néfaste.
Il est également évident que des œuvres sont parfois exploitée sur le long terme et tant mieux. Mais ne doit-on pas se poser la question « où est le travail ?» Si quelqu'un cherche et découvre des joyaux dans les œuvres du passé et arrive à les commercialiser n'est-ce pas lui qui doit en être rémunéré ? Et l'auteur n'y trouvera-t-il pas de toute façon son propre bénéfice de par la renommée qu'il acquerra ? La loi a-t-elle vraiment vocation à considérer cette situation ou de toutes façons chacun trouve son compte, celui qui travail et celui qui a travaillé ?
Enfin y a-t-il quelque chose de plus arbitraire que la durée de vie d'un homme ? Des plus anciens manuscrits, aux poésies modernes en passant par des textes de la bible qui ne se plaint de cette arbitraire là ? Je ne peux certes pas fixer une durée arbitraire pour les droits d'auteur. En revanche, il est légitime de mentionner que la durée actuel l'est parfaitement (arbitraire) et qu'il serait raisonnable et productif de la réduire considérablement à défaut de l'annuler.
[^] # Re: Canada et ACTA
Posté par ǝpɐןƃu∀ nǝıɥʇʇɐW-ǝɹɹǝıԀ (site web personnel) . En réponse à la dépêche Revue de presse de l'April pour la semaine 23. Évalué à 3.
Pour montrer qu'il ne s'agit pas d'une passade mais bien d'une véritable proposition sérieuse, laissez moi répondre brièvement sur quelques points emblématiques de votre contre argumentation.
Si je n'ai jamais entendu mentionner le nom Elfred Kopel, l'argument que vous lui associez est lui emblématique du courant d'opinion auquel vous semblez adhérer : « prenons quelques exemples d'individus fort singuliers et réclamons en leurs noms et avantages des lois communes sans prendre en compte l'intérêt général. » Voilà précisément l'attitude que j'espère récuser. Il me semble qu'une bonne législation doit chercher l'équilibre entre les nécessités collectives et individuelles, mais avec une forte pondération sur les premières au détriment éventuel des secondes. Et je ne doute pas que malheureusement changer la situation actuelle (au regard de ce dont nous discutons et d'une manière se rapprochant de ma proposition ci-avant) porterait préjudice à des personnes de très grande qualité.
Que la majorité des publications ne soient pas lues, ou pas des succès mondiaux, je suis payé pour le savoir. Dans mon domaine il n'est pas rare de désigner ces choses sous le vocable de pollution. Il est un fait que la majorité des auteurs, bien loin de s'assurer des revenus conséquents cherchent plutôt à rencontrer leur public, à s'exprimer ou même tout simplement à publier. Le droit d'auteur actuel ne leur est donc absolument pas adapté. Et cela rend d'autant plus illégitime le fait de prendre quelques cas exceptionnel pour justifier un système devenu globalement néfaste.
Il est également évident que des œuvres sont parfois exploitée sur le long terme et tant mieux. Mais ne doit-on pas se poser la question « où est le travail ?» Si quelqu'un cherche et découvre des joyaux dans les œuvres du passé et arrive à les commercialiser n'est-ce pas lui qui doit en être rémunéré ? Et l'auteur n'y trouvera-t-il pas de toute façon son propre bénéfice de par la renommée qu'il acquerra ? La loi a-t-elle vraiment vocation à considérer cette situation ou de toutes façons chacun trouve son compte, celui qui travail et celui qui a travaillé ?
Enfin y a-t-il quelque chose de plus arbitraire que la durée de vie d'un homme ? Des plus anciens manuscrits, aux poésies modernes en passant par des textes de la bible qui ne se plaint de cette arbitraire là ? Je ne peux certes pas fixer une durée arbitraire pour les droits d'auteur. En revanche, il est légitime de mentionner que la durée actuel l'est parfaitement (arbitraire) et qu'il serait raisonnable et productif de la réduire considérablement à défaut de l'annuler.
« IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace