• [^] # Re: La Chine (et un peu l'Inde)

    Posté par (site web personnel) . En réponse à la dépêche Les oubliés du traité anti-contrefaçon ACTA. Évalué à 3.

    Matthieu Lagouge, il est clair que nos points de vue divergent. Pour moi, attribuer un monopole sur une idée, c'est un pouvoir abusif qui n'a aucune légitimité.

    La propriété intellectuelle permet à une startup qui a eu une bonne idée de pouvoir dévoiler cette idée à de potentiels investisseurs et plus tard faire sa promo sans qu'un grand groupe reprenne l'idée, la développe avec plus de moyens, plus vite, et lui grille la priorité...

    Dommage, car une idée reprise et développée avec plus de moyens, plus vite, il me semble que c'est du progrès pour tout le monde.

    Tu n'imagines pas la quantité de petites boites qui proposent des licences pour utiliser une techno de fabrication (en semiconducteurs, je parle que de ce que je connais!) que tout le monde aurait pu développer, mais voilà c'est eux qui ont passé le temps et l'argent nécessaire pour optimiser le procédé, le tout après avoir eu une idée que personne d'autre n'avait eu alors.

    Une « techno de fabrication ... que tout le monde aurait pu développer » donc une idée que tout le monde aurait pu avoir ; « idée que personne d'autre n'avait eu alors ». Comment le prouver ?

    De quel droit peut-on déclarer : « Comme personne n'a jamais déclaré avoir eu cette idée, je m'en proclame le propriétaire. Si d'autres venaient à avoir la même, qu'ils nous contactent. »

    Si le procédé est réellement optimisé, ce qui est plausible puisque l' « inventeur » est « génial », il aura des clients. S'il a des concurrents, c'est qu'il a loupé quelque chose : l'idée n'est pas si géniale, le procédé est encore perfectible...

    Le brevet permet donc de protéger de la concurrence des idées ou des technologies, donc de protéger des idées pas si géniales ou des procédés pas si optimisés.

    Je veux bien croire qu'être un génial inventeur ne garantit pas qu'on saura monter une géniale entreprise. En fin de compte, ce que le système des brevets protège, c'est les faiblesses.

    « J'ai pas Word, j'ai pas Windows, et j'ai pas la télé ! »