Lorsque je présente le logiciel libre à partir des 4 libertés j'ai souvent eu la réaction : oui c'est bien beau mais de toute façon je ne programme pas et il devient difficile de poursuivre la discussion. J'ai essayé de modifier l'angle de présentation en adoptant le point de vue d'un utilisateur normal et en pensant plus à un bien commun qu'à la liberté d'accès au code source que ne comprends pas ou n'intéresse pas quelqu'un qui sait à peine ce que veut dire programmer. Je vous soumets mon texte (excusez sa longueur):
Qu'est-ce que le logiciel libre ?
Un logiciel libre est un logiciel presque toujours gratuit qu'on utilise comme on veut, tant qu'on veut, sans aucune discrimination, en confiance, qu'on peut partager avec la garantie qu'il reste accessible et au sujet duquel on peut tout savoir si on le veut.
Un logiciel libre est écrit par ceux qui en ont besoin, et non pour en tirer des revenus. Ses auteurs considèrent que le meilleur moyen de mettre en commun leurs efforts est de donner l'accès libre pour tous à leurs logiciels. Ceci leur permet de ne pas ré-inventer la roue et de bénéficier de tous les apports possibles aussi petits soient-ils. Il ne suffit pas d'écrire un logiciel, il faut aussi le concevoir, le tester, le documenter, le distribuer, l'intégrer à d'autres logiciels, le faire évoluer, et pour tous ses utilisateurs apprendre à s'en servir. C'est tout cela qui peut être partagé grâce à l'accès libre au programme et qui font que l'on parle d'une communauté qui rassemble l'ensemble des personnes et organisations concernées par un logiciel libre.
Le logiciel libre favorise et encourage le partage quand cela est avantageux pour tous, mais il n'interdit pas les échanges économiques. Il les oriente en faisant en sorte que la réalisation de ce qui est réutilisable ne sont payée qu'une fois et que les services de mise en œuvre particuliers soient normalement rémunérés. En ce sens le logiciel libre favorise l'emploi local en économisant les prix de licence et en encourageant la consommation de services. La gratuité des logiciels libre est une conséquence de l'accès au code source du programme et non un objectif.
Pour un programmeur l'accès au code source fait, qu'il peut l'étudier et qu'il peut collaborer à son évolution en le modifiant pour le corriger et le compléter pour un nouveau besoin pour lui, son employeur ou ses clients, ou en réutiliser tout ou partie dans un autre logiciel libre.
Pourquoi est-il très important de se préoccuper du logiciel et plus particulièrement du logiciel libre?
Nous sommes, après l'avènement des civilisations de l'écrit puis de l'imprimé, entrés dans une nouvelle civilisation: la civilisation numérique. Les ordinateurs, par leur miniaturisation et leur mise en réseau, ont changé radicalement les conditions de création, conservation et échange des documents de toute sorte, texte, image fixe ou animée, son et même le contrôle des machines.
La copie d'un document numérique se fait à un coût quasi-nul tout en préservant l'original et il n'y a pas de limite technique au nombre de copies. Internet est devenu un réseau planétaire qui assure un accès quasi immédiat à tout document identifié sur le réseau indépendamment du lieu physique.
Le logiciel est au cœur de cette société numérique car un ordinateur est une machine ignorante : on doit avec un programme lui dire quoi faire dans le fin détail. Un programme est une recette qui peut nécessiter des millions de lignes et qui implique une certaine expertise technique de ses auteurs.
Le logiciel est un bien immatériel, il est en effet non rival, en ce sens qu'il peut être reproduit à l'infini sans dégradation et à coût pratiquement nul. Les biens immatériels ne sont donc pas naturellement rares, mais abondants. Le logiciel implique un effet réseau, il est d'autant plus utile qu'il y a du monde qui s'en sert, et un effet d'inertie car on crée des habitudes et des liens d'usage autour d'un logiciel. Enfin un logiciel nécessite un investissement relativement faible en regard du monde matériel et peut être développé de manière modulaire et progressive par des individus ou de petites équipes.
Les économistes montrent que sont ainsi réunies les conditions pour l'émergence de monopoles qui ont pour conséquence de concentrer le pouvoir et la richesse avec les effets néfastes de tout monopole, comme de transformer un bien abondant en bien rare en en limitant l'accès afin d'en contrôler l'évolution et les prix à son seul avantage. On peut constater cette évolution monopolistique dans tous les domaines de l'immatériel, bien sûr le logiciel, mais aussi la presse, l'édition, les industries culturelles, et toutes les industries qui reposent essentiellement sur des brevets comme l'industrie pharmaceutique ou agro-alimentaire.
Mais les économistes montrent aussi que ces conditions permettent l'émergence du logiciel libre et plus généralement d'une culture libre, qu'elle soit scientifique, sociale ou artistique. Le logiciel libre, par sa position centrale dans une société numérique, est le laboratoire où se développe une nouvelle organisation d'une société plus juste et humaine qu'une société contrôlée par de grands monopoles qui ont pour règle de vie, sous le couvert de la libre entreprise, la loi du plus fort.
[^] # Re: Trahis par les notres ?
Posté par pada . En réponse à la dépêche Débat vidéo : Microsoft est-il encore le « grand opposant » au logiciel libre / open source ?. Évalué à 5.
Qu'est-ce que le logiciel libre ?
Un logiciel libre est un logiciel presque toujours gratuit qu'on utilise comme on veut, tant qu'on veut, sans aucune discrimination, en confiance, qu'on peut partager avec la garantie qu'il reste accessible et au sujet duquel on peut tout savoir si on le veut.
Un logiciel libre est écrit par ceux qui en ont besoin, et non pour en tirer des revenus. Ses auteurs considèrent que le meilleur moyen de mettre en commun leurs efforts est de donner l'accès libre pour tous à leurs logiciels. Ceci leur permet de ne pas ré-inventer la roue et de bénéficier de tous les apports possibles aussi petits soient-ils. Il ne suffit pas d'écrire un logiciel, il faut aussi le concevoir, le tester, le documenter, le distribuer, l'intégrer à d'autres logiciels, le faire évoluer, et pour tous ses utilisateurs apprendre à s'en servir. C'est tout cela qui peut être partagé grâce à l'accès libre au programme et qui font que l'on parle d'une communauté qui rassemble l'ensemble des personnes et organisations concernées par un logiciel libre.
Le logiciel libre favorise et encourage le partage quand cela est avantageux pour tous, mais il n'interdit pas les échanges économiques. Il les oriente en faisant en sorte que la réalisation de ce qui est réutilisable ne sont payée qu'une fois et que les services de mise en œuvre particuliers soient normalement rémunérés. En ce sens le logiciel libre favorise l'emploi local en économisant les prix de licence et en encourageant la consommation de services. La gratuité des logiciels libre est une conséquence de l'accès au code source du programme et non un objectif.
Pour un programmeur l'accès au code source fait, qu'il peut l'étudier et qu'il peut collaborer à son évolution en le modifiant pour le corriger et le compléter pour un nouveau besoin pour lui, son employeur ou ses clients, ou en réutiliser tout ou partie dans un autre logiciel libre.
Pourquoi est-il très important de se préoccuper du logiciel et plus particulièrement du logiciel libre?
Nous sommes, après l'avènement des civilisations de l'écrit puis de l'imprimé, entrés dans une nouvelle civilisation: la civilisation numérique. Les ordinateurs, par leur miniaturisation et leur mise en réseau, ont changé radicalement les conditions de création, conservation et échange des documents de toute sorte, texte, image fixe ou animée, son et même le contrôle des machines.
La copie d'un document numérique se fait à un coût quasi-nul tout en préservant l'original et il n'y a pas de limite technique au nombre de copies. Internet est devenu un réseau planétaire qui assure un accès quasi immédiat à tout document identifié sur le réseau indépendamment du lieu physique.
Le logiciel est au cœur de cette société numérique car un ordinateur est une machine ignorante : on doit avec un programme lui dire quoi faire dans le fin détail. Un programme est une recette qui peut nécessiter des millions de lignes et qui implique une certaine expertise technique de ses auteurs.
Le logiciel est un bien immatériel, il est en effet non rival, en ce sens qu'il peut être reproduit à l'infini sans dégradation et à coût pratiquement nul. Les biens immatériels ne sont donc pas naturellement rares, mais abondants. Le logiciel implique un effet réseau, il est d'autant plus utile qu'il y a du monde qui s'en sert, et un effet d'inertie car on crée des habitudes et des liens d'usage autour d'un logiciel. Enfin un logiciel nécessite un investissement relativement faible en regard du monde matériel et peut être développé de manière modulaire et progressive par des individus ou de petites équipes.
Les économistes montrent que sont ainsi réunies les conditions pour l'émergence de monopoles qui ont pour conséquence de concentrer le pouvoir et la richesse avec les effets néfastes de tout monopole, comme de transformer un bien abondant en bien rare en en limitant l'accès afin d'en contrôler l'évolution et les prix à son seul avantage. On peut constater cette évolution monopolistique dans tous les domaines de l'immatériel, bien sûr le logiciel, mais aussi la presse, l'édition, les industries culturelles, et toutes les industries qui reposent essentiellement sur des brevets comme l'industrie pharmaceutique ou agro-alimentaire.
Mais les économistes montrent aussi que ces conditions permettent l'émergence du logiciel libre et plus généralement d'une culture libre, qu'elle soit scientifique, sociale ou artistique. Le logiciel libre, par sa position centrale dans une société numérique, est le laboratoire où se développe une nouvelle organisation d'une société plus juste et humaine qu'une société contrôlée par de grands monopoles qui ont pour règle de vie, sous le couvert de la libre entreprise, la loi du plus fort.