la 3D. Vous connaissiez les magazines présentant des dinosaures que vous pouviez voir en 3D avec des lunettes spéciales (un œil couvert par un film d'une couleur particulière), James Cameron a appliqué cette idée à son film.
Hé bien pas du tout, c'est complètement raté en termes d'explication de contexte !
D'une part économiquement, Cameron n'est pas le premier sur le sujet, ça fait un ou deux ans que tous les studios hollywoodiens s'y accrochent comme au Saint Graal, qui leur permettrait de lutter contre le piratage puisqu'on ne peut pas avoir de 3D chez soi (pour l'instant...). Donc sur le pur sujet de faire un film en 3D, Cameron ne fait que ce qui est attendu aujourd'hui d'une grosse production.
En termes de lunettes, c'est aussi complètement faux. Les technologies utilisées au cinéma n'emploient pas de verres bicolores (déjà présents au cinéma dans les années 80 d'ailleurs) et qui gâchent les couleurs du film.
Le principe reste bien sûr toujours de diffuser deux images « en même temps ». Avec le bicolore, c'est vraiment en même temps, c'est pour ça qu'on utilise deux couleurs, et que chaque œil est filtré pour n'en voir qu'une. Mais maintenant, on préfère doubler le nombre d'images par seconde, en mettant une image sur deux pour l'œil gauche, l'autre pour l'œil droit. L'avantage c'est qu'on n'a pas de souci de couleur.
Actuellement, il y a deux technologies : la moins chère, c'est les verres polarisés, avec un projecteur qui projette des images polarisées, chaque œil ayant un filtre polarisé qui bloque l'image réservée à l'autre œil. Expérience pratique amusante avec un ami, chacun ayant mis ses lunettes, regardez l'autre dans les yeux : c'est là qu'on voit l'effet concret des filtres. L'autre technologie, supérieure mais plus chère, c'est des verres à cristaux liquides (avec une petite batterie donc), qui s'obscurcissent en rythme avec les images à l'écran. Les deux sont utilisés actuellement.
Hier j'ai vu Avatar avec des verres polarisés, ça marchait très bien, mais je garde une mémoire émue de la première fois que j'ai utilisé des verres à cristaux liquides (dans une géode en 1993... un film 3D dans une géode, ça tape).
Précisons au passage que les salles de cinéma font payer 3 € de plus les séances 3D : 2 € pour les « frais » et 1 € pour l'achat de la paire de lunettes (donc si vous la gardez soigneusement, vous pouvez payer 1 € de moins pour les autres séances 3D).
Bon, et puis surtout en termes de technologie, quand on va jusqu'au bout du générique, on voit un truc du genre « film réalisé avec la technologie Schmurtz / Cameron ». Kezako ? Hé bien Cameron estimait que les techniques de tournage 3D existantes, notamment au niveau de la capture des mouvements, étaient catastrophiques, il a donc spécifié et fait développer un nouveau système. Je ne connais pas tous les détails, mais en gros :
- d'une part les capteurs des mouvements des acteurs fonctionnent sur une belle distance ; manifestement auparavant, l'acteur devait rester proche des capteurs, presque au cœur de la machine, ce qui gênait beaucoup les mouvements et le naturel du jeu ;
- d'autre part et surtout, la caméra se fait virtuelle, très grossièrement ce n'est plus qu'un écran LCD, dont la position et l'orientation sont mesurées, et un rendu temps-réel de la scène du film est effectuée sur cet écran, en fonction de la position des acteurs et de la caméra ; ça permet donc au réalisateur de voir immédiatement le jeu des acteurs au sein du décor virtuel, et d'adapter ce jeu, et les mouvements de sa caméra, à ce décor virtuel ; c'est ce qui fait je pense le réalisme de nombreux mouvements de caméra dans la jungle.
Et bien sûr, j'espère que tout ça tourne sous Linux ! :-)
# La 3D au cinéma
Posté par Boa Treize (site web personnel) . En réponse à la dépêche Mieux vaut Avatar qu'un navet. Évalué à 10.
Hé bien pas du tout, c'est complètement raté en termes d'explication de contexte !
D'une part économiquement, Cameron n'est pas le premier sur le sujet, ça fait un ou deux ans que tous les studios hollywoodiens s'y accrochent comme au Saint Graal, qui leur permettrait de lutter contre le piratage puisqu'on ne peut pas avoir de 3D chez soi (pour l'instant...). Donc sur le pur sujet de faire un film en 3D, Cameron ne fait que ce qui est attendu aujourd'hui d'une grosse production.
En termes de lunettes, c'est aussi complètement faux. Les technologies utilisées au cinéma n'emploient pas de verres bicolores (déjà présents au cinéma dans les années 80 d'ailleurs) et qui gâchent les couleurs du film.
Le principe reste bien sûr toujours de diffuser deux images « en même temps ». Avec le bicolore, c'est vraiment en même temps, c'est pour ça qu'on utilise deux couleurs, et que chaque œil est filtré pour n'en voir qu'une. Mais maintenant, on préfère doubler le nombre d'images par seconde, en mettant une image sur deux pour l'œil gauche, l'autre pour l'œil droit. L'avantage c'est qu'on n'a pas de souci de couleur.
Actuellement, il y a deux technologies : la moins chère, c'est les verres polarisés, avec un projecteur qui projette des images polarisées, chaque œil ayant un filtre polarisé qui bloque l'image réservée à l'autre œil. Expérience pratique amusante avec un ami, chacun ayant mis ses lunettes, regardez l'autre dans les yeux : c'est là qu'on voit l'effet concret des filtres. L'autre technologie, supérieure mais plus chère, c'est des verres à cristaux liquides (avec une petite batterie donc), qui s'obscurcissent en rythme avec les images à l'écran. Les deux sont utilisés actuellement.
Hier j'ai vu Avatar avec des verres polarisés, ça marchait très bien, mais je garde une mémoire émue de la première fois que j'ai utilisé des verres à cristaux liquides (dans une géode en 1993... un film 3D dans une géode, ça tape).
Précisons au passage que les salles de cinéma font payer 3 € de plus les séances 3D : 2 € pour les « frais » et 1 € pour l'achat de la paire de lunettes (donc si vous la gardez soigneusement, vous pouvez payer 1 € de moins pour les autres séances 3D).
Bon, et puis surtout en termes de technologie, quand on va jusqu'au bout du générique, on voit un truc du genre « film réalisé avec la technologie Schmurtz / Cameron ». Kezako ? Hé bien Cameron estimait que les techniques de tournage 3D existantes, notamment au niveau de la capture des mouvements, étaient catastrophiques, il a donc spécifié et fait développer un nouveau système. Je ne connais pas tous les détails, mais en gros :
- d'une part les capteurs des mouvements des acteurs fonctionnent sur une belle distance ; manifestement auparavant, l'acteur devait rester proche des capteurs, presque au cœur de la machine, ce qui gênait beaucoup les mouvements et le naturel du jeu ;
- d'autre part et surtout, la caméra se fait virtuelle, très grossièrement ce n'est plus qu'un écran LCD, dont la position et l'orientation sont mesurées, et un rendu temps-réel de la scène du film est effectuée sur cet écran, en fonction de la position des acteurs et de la caméra ; ça permet donc au réalisateur de voir immédiatement le jeu des acteurs au sein du décor virtuel, et d'adapter ce jeu, et les mouvements de sa caméra, à ce décor virtuel ; c'est ce qui fait je pense le réalisme de nombreux mouvements de caméra dans la jungle.
Et bien sûr, j'espère que tout ça tourne sous Linux ! :-)