• [^] # Re: Conséquences en crypto ?

    Posté par . En réponse à la dépêche Intel présente un prototype de processeur x86 octatétracontacœur. Évalué à 9.

    Normalement les algorithmes cryptographiques sont dimensionnés pour des capacités de calcul inatteignables avant plusieurs dizaines d'années selon la loi de Moore.

    Il est relativement facile de dimensionner les algorithmes face à des attaques par force brute : par exemple dans le cas des algorithmes symétriques, augmenter la taille de la clef d'un bit nécessite de doubler la puissance de calcul pour la trouver. Quand on sait que la puissance de calcul pour un même prix double tous les 18 mois environ, qu'un PC actuel quadricœur tourne à 4*2GHz = 2^35 opérations par seconde (en majorant un chiffrement par un cycle ce qui est un ordre de grandeur cohérent même face à certaines implémentations spécialisées type bitslice & co), soit "35 bits".
    Une puce telle que celle qui est présentée ici ne permet de réaliser finalement que 48/4 = 12 fois plus de calcul par seconde, soit moins de "39 bits". On ne gagne en fait pas un facteur si grand que ça : remplacer tous les processeurs quadri-cœurs par des processeurs 48 cœurs revient à diminuer la sécurité des clefs actuelles de 4 bits, ce qui est peu finalement (les recommandations minimales sont à 128 bits actuellement, et les plus gros calculs réalisés par le monde académique font au maximum 2^60 opérations). Sans compter que ces processeurs sont loin d'être sortis, il y a des chances que leur sortie soit prévisible par la loi de Moore...

    Le gros intérêt d'augmenter la puissance de calcul est plutôt pour les attaques dictionnaires de mot de passe : par rapport à une clef cryptographique dimensionnée pour tenir longtemps, un mot de passe est généralement choisi pour être le plus simple possible modulo les exigences de ce casse-pieds d'administrateur... qui ne peut pas non plus imposer à chacun de retenir des mots de passe aléatoires...