Une langue est un système phonémique. Un système, ce sont des éléments qui vont ensemble, qui se définissent, se déterminent, se différencient, les uns les autres, les uns des autres.
Dans l’espace de tous les sons qu’un humain peut produire, chaque langue choisit des zones qui ne se recouvrent pas et qui ne recouvrent pas tout l’espace. Ces zones sont les phonèmes.
Deux langues différentes vont classer les sons différemment mais, pour un locuteur de chacune de ces langues, un son ne fera jamais partie que d’une seule zone, très clairement (la limite entre deux phonèmes n’est pas une large zone de « c’est quoi ce son ? »). En revanche, deux sons qui seraient dans la même zone pour une langue peuvent être classés dans une seule zone pour une autre (ex. /l/ et /r/ sont un seul phonème en japonais).
Donc, d’un part, les langues partitionnent différemment l’espace et les phonèmes recouvrent des zones plus ou moins grandes de cet espace. Ce qui fait qu’une langue pourrait ne couvrir qu’un petit bout de l’espace avec un tas de petits morceaux serrés alors qu’une autre pourrait couvrir un gros bout de l’espace avec très peu de gros morceaux.
Et, d’autre part, pour les locuteurs, les phonèmes de leur langue, qu’ils soient de gros ou de petits bouts, sont toujours très différents les uns des autres.
Ça, c’était l’intro. Maintenant, la réponse à tes questions :
Bof, perso je trouve le français beaucoup plus monotone que l'anglais, qui lui est souvent qualifié de "langue chantante".
Non. L’anglais n’est pas chantant, il est accentué.
Il n’est jamais qualifié de « chantant » (au contraire de l’italien p.ex.) mais certains (notamment des personnes dont la culture se résume au matraquage des radios FM) prétendent qu’il « sonne mieux pour les chansons », d’une part pour toutes les mauvaises raisons qui leur font préférer l’anglais au français (méconnaissance, snobisme, suivisme...) et d’autre part parce que l’accentuation rythme.
Pour le côté « monotone » du français, c’est vrai : l’accent tonique y est régulier et très peu marqué.
Et il me semble qu'il y a plus de consonnances proches en français : in,ou,on,an,u,eu,ai, etc... non ?
1. Justement, c’est ce que dit Yth : plus de richesse et de variation dans la langue (bon, il parle d’intonations, pas de phonèmes), donc moins de possibilité de compression parce que plus de différences à conserver.
2. Autrement dit, pour toi, le français serait une langue qui découpe l’espace des sons en plus de petits bouts plus serrés que l’anglais.
Ce n’est pas vrai : pour les voyelles, le français en a 15 (e(=ə), i, u, ou, é, (f)eu, o, è, (c)œ(ur), ô, a, â, an, on, in) ou 16 (pour ceux qui différencient encore in de un) alors que l’anglais en a 20 (12 simples et 8 diphtongues), pour les consonnes, l’anglais a les deux th et le -ng en plus, et le l dur, et tch et tje, et le h...
Il faut revenir aux faits : on part de phrases dans différentes langues, on compresse leurs sons suivant différentes méthodes, on les décompresse et on les fait écouter à des locuteurs de chacune de ces langues et ils disent, subjectivement donc, s’ils comprennent plus ou moins bien les phrases suivant la méthode. Et on remarque que les francophones donnent de mauvaises notes à tous les codecs.
Et Nyco se demande si c’est la faute des codecs (complot) ou du français (langue de m.). Yth penche pour les codecs, mais parce qu’ils sont mauvais parce que le français est riche et varié.
Moi, je me demande (suis pas allé voir la norme pour voir s’il y avait une correction possible) si ce ne sont pas les testeurs francophones qui sont toujours râleurs...
[^] # Re: Et le french alors ?
Posté par Sylvain Sauvage . En réponse à la dépêche Codec OpenSource BroadVoice. Évalué à 7.
On dit phonème, pas consonance.
Une langue est un système phonémique. Un système, ce sont des éléments qui vont ensemble, qui se définissent, se déterminent, se différencient, les uns les autres, les uns des autres.
Dans l’espace de tous les sons qu’un humain peut produire, chaque langue choisit des zones qui ne se recouvrent pas et qui ne recouvrent pas tout l’espace. Ces zones sont les phonèmes.
Deux langues différentes vont classer les sons différemment mais, pour un locuteur de chacune de ces langues, un son ne fera jamais partie que d’une seule zone, très clairement (la limite entre deux phonèmes n’est pas une large zone de « c’est quoi ce son ? »). En revanche, deux sons qui seraient dans la même zone pour une langue peuvent être classés dans une seule zone pour une autre (ex. /l/ et /r/ sont un seul phonème en japonais).
Donc, d’un part, les langues partitionnent différemment l’espace et les phonèmes recouvrent des zones plus ou moins grandes de cet espace. Ce qui fait qu’une langue pourrait ne couvrir qu’un petit bout de l’espace avec un tas de petits morceaux serrés alors qu’une autre pourrait couvrir un gros bout de l’espace avec très peu de gros morceaux.
Et, d’autre part, pour les locuteurs, les phonèmes de leur langue, qu’ils soient de gros ou de petits bouts, sont toujours très différents les uns des autres.
Ça, c’était l’intro. Maintenant, la réponse à tes questions :
Bof, perso je trouve le français beaucoup plus monotone que l'anglais, qui lui est souvent qualifié de "langue chantante".
Non. L’anglais n’est pas chantant, il est accentué.
Il n’est jamais qualifié de « chantant » (au contraire de l’italien p.ex.) mais certains (notamment des personnes dont la culture se résume au matraquage des radios FM) prétendent qu’il « sonne mieux pour les chansons », d’une part pour toutes les mauvaises raisons qui leur font préférer l’anglais au français (méconnaissance, snobisme, suivisme...) et d’autre part parce que l’accentuation rythme.
Pour le côté « monotone » du français, c’est vrai : l’accent tonique y est régulier et très peu marqué.
Et il me semble qu'il y a plus de consonnances proches en français : in,ou,on,an,u,eu,ai, etc... non ?
1. Justement, c’est ce que dit Yth : plus de richesse et de variation dans la langue (bon, il parle d’intonations, pas de phonèmes), donc moins de possibilité de compression parce que plus de différences à conserver.
2. Autrement dit, pour toi, le français serait une langue qui découpe l’espace des sons en plus de petits bouts plus serrés que l’anglais.
Ce n’est pas vrai : pour les voyelles, le français en a 15 (e(=ə), i, u, ou, é, (f)eu, o, è, (c)œ(ur), ô, a, â, an, on, in) ou 16 (pour ceux qui différencient encore in de un) alors que l’anglais en a 20 (12 simples et 8 diphtongues), pour les consonnes, l’anglais a les deux th et le -ng en plus, et le l dur, et tch et tje, et le h...
Il faut revenir aux faits : on part de phrases dans différentes langues, on compresse leurs sons suivant différentes méthodes, on les décompresse et on les fait écouter à des locuteurs de chacune de ces langues et ils disent, subjectivement donc, s’ils comprennent plus ou moins bien les phrases suivant la méthode. Et on remarque que les francophones donnent de mauvaises notes à tous les codecs.
Et Nyco se demande si c’est la faute des codecs (complot) ou du français (langue de m.). Yth penche pour les codecs, mais parce qu’ils sont mauvais parce que le français est riche et varié.
Moi, je me demande (suis pas allé voir la norme pour voir s’il y avait une correction possible) si ce ne sont pas les testeurs francophones qui sont toujours râleurs...
(Pfiou, c’était long...)