• [^] # Re: Et je continue de penser que c'est une mauvaise idée

    Posté par . En réponse à la dépêche Vidéo : Mark Shuttleworth et Linux : Ergonomie et cadence. Évalué à 10.

    Je pense que Shuttleworth essaye aussi de sauver ses fesses, ce qui peut expliquer (sans justifier) quelques affirmations péremptoires et naives. À ma connaissance, Canonical n'a toujours pas vraiment de modèle économique; ça commence à faire du temps qu'Ubuntu existe, mais elle semble avoir pris des parts de marché aux autres distributions et pas à Windows. Shuttleworth doit donc tenter d'expliquer ça, et une de ses explications c'est que les autres projets lui mettent des batons dans les roues. Même si c'est inexact, l'explication semble crédible.

    Il est assez indéniable qu'il y a une forme de défiance un peu irrationelle envers Ubuntu; ça peut d'ailleurs très bien se voir dans les commentaires qui suivent chaque dépêche sur Ubuntu. Une distrib orientée grand public, c'est quand même pas très geek; elle se place sur le même créneau que Mandrake/driva, mais semble avoir pris dès le début une amplitude mondiale. Canonical a libéré ses outils communautaires web (Launchpad, Brainstorm...), ce qui a longtemps été une source de critique. L'argument de la non-contribution aux projets amont est probablement assez injuste; la contribution n'est pas non plus une sorte de taxe qu'on doit payer pour utiliser les logiciels libres.

    Ceci dit, il est clair qu'Ubuntu fonctionne en tant que distribution, mais pas au niveau communautaire. C'est logique, en visant le grand public, on a une communauté de gens qui ne sont pas qualifiés pour remonter des bugs, proposer des patches et s'intégrer aux projets en amont. Même si le nombre de rapports de bug est élevé, leur qualité est assez faible, et Launchpad est bourré de milliers de bugs qui ne seront jamais fixés. Les bugs sont remontés, mais la plupart du temps les rapports sont ignorés des projets, puisqu'ils portent sur des vieilles versions, et qu'il est souvent difficile d'isoler l'origine du bug ; l'utilisateur Ubuntu n'est pas le genre à télécharger le dernier tar.gz et compiler le bouzin pour reproduire son bug sur la dernière version, donc ça passe aux oubliettes.

    Du coup, Ubuntu ne doit sa survie qu'à une perfusion permanente de Canonical; les devs professionnels s'occuppent directement de la distro (intégration, rapports de bug, etc) et ne vont pas s'impliquer en amont; il n'y a pas de devs dans la communauté, donc au final ça n'avance pas beaucoup.