• [^] # Re: À propos du minitel

    Posté par (site web personnel) . En réponse à la dépêche Entretien de B. Bayart sur ecrans.fr. Évalué à 10.

    - le terminal est entièrement fermé, empêchant énormément de variété d'innovations (comment inventer un novueau protocole, par exemple)

    j'aimerais un tout petit peu nuancer sur le "entièrement fermé" :
    - mon agence France Telecom m'avait fourni la doc' plus complète du terminal genre en 1985 (je devais être dans le premier à leur demander... la Bretagne a du bon, surtout dans les Telco à l'époque) avec tous les codes spéciaux ("retourner" le minitel de 1200/75 à 75/1200, afficher les caractères "graphiques...).
    - les plans de la "carte mère" étaient fournis, dommage je n'étais pas très bon en électronique :/
    - je n'avais pas regardé si on pouvait flasher la ROM, avec le matériel adéquat - cher à l'époque - sans doute possible, au pire en changeant la ROM par une autre puce...
    - le minitel 1b était raccordable à un apple IIe, en tout cas c'est ce que j'avais fait... en retournant le modem, tu pouvais dialoguer via "chat" (le protocole que tu veux, tant que c'est décodé de l'autre côté) ce que j'avais testé avec un pote (en heures creuses à 6 francs de l'heure iirc, vu que ça prenait du temps quand même). J'avais surtout développé une appli permettant de stocker les pages du minitel et les reparcourir off-line en les renvoyant sur le minitel déconnecté
    - le minitel se comportait principalement comme un modem avec des particularités d'affichage
    - par la suite, des émulations sont apparues : un modem s'adaptant au débit particulier 1200/75 + le logiciel adéquat et zou t'avais ton minitel sur ton PC
    - dans la même époque, France Telecom publiait une très bonne revue "l'écho des recherches" dont on trouve quelques pdf sur le net de l'époque 1990... donnant une vue interne du fonctionnement de pas mal de leurs équipements

    Bon après le modèle "standard" du minitel était clairement centralisé (via les numéros 3613, 3614, 3615...) même si des initiatives comme Calvaclub (devenu Calvacom) avaient permis de monter les premiers "ISP" et donné accès aux fameux BBS, interconnecté avec Internet d'ailleurs iirc. Il n'y avait pas IP donnant accès à un routage plus efficace que sur n° de téléphone (l'intelligence restait dans les autocommutateurs).
    Mais il était tout à fait possible d'avoir son "service" minitel chez "soi" (moyennant pas mal de finances pour la batterie de modems gérant un nombre limité de connexions en parallèle, genre 50) ou sur un numéro spécifique (il y avait les précurseurs de nos 0800 actuels...). Il faut aussi se rappeller que c'était aussi les débuts de l'ISDN rebaptisé Numéris en France (qui a moins percé qu'en Allemagne, sans doute car destiné aux professionnels en France).

    Bref, le Minitel avait failli être retenu par la ville de New York[1] même, pas pour rien que l'année 1990 a été nommée l'année du réseau (et de mon bac, mais ça moins de monde s'en rappelle àmha :p).

    [1] http://www.encyclopedia.com/doc/1S1-9198811080162288.html