• [^] # Re: Une possibilité simple de boycott

    Posté par . En réponse à la dépêche Kmess, Live messenger tout simplement. Évalué à 5.

    Bonjour,

    Ce n'est pas très complexe pour nous, geek. Et cela ne le sera pas non plus pour Mme Michu.

    Mais vous prenez le problème dans le mauvais sens.

    La question n'est pas de savoir qui a le plus de "part de marché". J'utilise cette expression à dessein car les acteurs majeurs sur l'IM et la VoIP sont des commerçants. Ce n'est pas un hazard. Firefox montre qu'on peut être dans le peloton de tête, tout en gardant l'esprit libre (enfin, plus ou moins...).

    La question est : quelles sont les conditions d'accès au service à rendre à l'utilisateur ? Si ces conditions sont liées à une capacité de financement, alors c'est très dur pour le libre d'y parvenir. C'est ce qui se passe ici.

    Pour expliciter ce point, je vais faire un détour par la technologie (pour les geeks). Le principe d'internet, ce qui le différencie des autres médias ou du minitel, c'est qu'il n'est pas "read-only", mais "read-write" par nature. Techniquement, on nomme cela le principe "end-to-end communication", c'est-à-dire que sur internet, les nœuds du réseau, se doivent d'être capable de gérer eux-même les communications, à la fois en tant que client et serveur, le réseau étant un bête transporteur, c'est-à-dire que le réseau se doit d'être neutre.

    Le problème c'est que ce principe n'est pas respecté. En clair, pour beaucoup de gens, l'accès à internet n'est pas un accès qui garanti ces principes, mais un accès dégradé où on leur garanti certains services du point de vue client, c'est-à-dire "read-only". Il y a des utilisateurs d'internet première classe et des utilisateurs de seconde classe, voire de troisième, quatrième etc.

    Cette situation résulte de problèmes à la fois technologique mais aussi économiques et politiques.

    Technologique, car une des principales raisons à l'accès dégradé est la limitation de l'espace d'adresses IP en version 4. Sans adresse IP publique il est plus difficile de faire serveur.

    Économique, car le passage en IPv6 est coûteux et on n'investi pas, mais aussi donner un accès serveur n'est pas bon pour certains modèle économiques fondé sur la captation du client.

    Politique, car donner un accès read-write c'est donner du pouvoir d'échange, de collaboration, de liberté d'expression aux citoyens et certains politiques aimeraient bien contrôler l'internet comme ils contrôlent les médias traditionnels.

    Dans le champ de l'IM, si MSN, yahoo, google etc. marchent mieux que des solutions libres, c'est par qu'ils ont des fermes de serveurs qui relaient les communications pour les usagers qui n'ont qu'un accès "read-only" à internet.

    Skype démontre aussi qu'on peut faire ces relais sur le modèle d'une coopérations de clients peer-to-peer...

    Tant qu'on ne poussera pas pour un véritable accès à internet, et pas à un minitel 2.0, les solutions libres seront bancales. Carnous n'avons pas les moyens de mettre ne place des fermes de serveurs qui compensent l'accès read-only de certains.

    Le jour où tous auront accès à l'internet tel qu'il a été conçu, c'est-à-dire pour du read-write, alors on pourra innover et mettre MSN et autres IM propriétaires à la benne. Pour le moment, le ticket d'entrée pour innover coûte très cher, trop chère pour du libre.

    Enfin, je pense que l'avenir c'est le protocole libre SIP, car il est de nature décentralisée, alors que le protocole libre XMPP est sur une architecture client-serveur de type minitel. Ce qui à mon avis explique que google soutienne XMPP (étant leader des fermes de serveurs), alors que les industriels soutiennent SIP (notamment les marchands de hardware).

    Cordialement,
    Yannick