Avec un peu de théorie des jeux, j'imagine, mais c'est complexe et l'intuition et l'expérience jouera beaucoup.
En pratique, il faut gérer les probabilités des différents évènements, et surtout de bien évaluer leurs conséquences. Par exemple, "j'ai 30% de chances de tuer ce troll avec mon chevalier" ne suffit pas pour prendre une décision. Si je réussis, j'ai buté le troll (bénéfice B1). Si je rate, il me tue, quelles seront les conséquences? S'il va me buter mon mage juste derrière, j'ai un gros problème (perte R1), si au contraire j'ai une autre unité prête à attaquer en cas de plantage du chevalier, je peux tenter de sacrifier le chevalier: je risque une petite perte (R2), suivie par un bénéfice B1 presque certain. Si je n'attaque pas le troll, je couvre le mage avec le chevalier; le troll bute le chevalier (R2), je bute le troll avec le mage (B1). Donc voila,
A: J'ai une unité en renfort.
J'attaque, avec 30% je fais B1, 70% je perds R2 suivi de B1.
Je n'attaque pas, je perds le chevalier à tous les coups (R2) puis je bute le troll (B1)
B. Je n'ai pas d'unité en renfort.
J'attaque, avec 30% je fais B1, 70% je perds R2 puis je perds le mage (R1)
Je n'attaque pas, je perds le chevalier à tous les coups (R2) puis je bute le troll (B1)
Y'a plus qu'à calculer, dans le cas A, B1 - 0.7*R2 > B1 - R2, donc j'attaque
Dans le cas B, 0.3*B1 + 0.7*(R1+R2) < B1 - R2, donc je n'attaque pas
Dans les deux cas, la probabilité de gagner le combat avec le chevalier est exactement la même. La différence se fait sur les conséquences, l'estimation des couts/bénéfices et le choix de voies plus sûres (quand on est à son avantage) ou plus aléatoires (quand on est en train de se prendre une volée).
Il faut imaginer ça dans un contexte avec des dizaines d'unités, des avantages de terrain, de temps (jour/nuit), etc : il faut être sacrément balèze pour ne pas faire de boulettes. Une boulette, c'est quand un joueur dit "j'ai pas eu de chance" : il a probablement fait une erreur tactique, qui l'a engagée dans une voie où seule la chance (qu'il n'a pas eu) aurait pu le sauver.
La "malchance" n'existe quasiment pas à Wesnoth, vu le nombre de tirages aléatoires sur une seule partie. Un problème persiste dans les parties entre plusieurs joueurs humains, où souvent l'issue des tous premiers combats peut donner un avantage substantiel à un camp. C'est plus dû à un problème de cartes (cartes trop petites, pas assez d'unités pour obtenir de bonnes propriétés statistiques) que de gameplay...
Bon, après, je dis ça, mais je suis une semi-quiche à Wesnoth, j'ai encore beaucoup à apprendre :-)
[^] # Re: Campagne orc
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Publication de Battle for Wesnoth 1.6. Évalué à 5.
Avec un peu de théorie des jeux, j'imagine, mais c'est complexe et l'intuition et l'expérience jouera beaucoup.
En pratique, il faut gérer les probabilités des différents évènements, et surtout de bien évaluer leurs conséquences. Par exemple, "j'ai 30% de chances de tuer ce troll avec mon chevalier" ne suffit pas pour prendre une décision. Si je réussis, j'ai buté le troll (bénéfice B1). Si je rate, il me tue, quelles seront les conséquences? S'il va me buter mon mage juste derrière, j'ai un gros problème (perte R1), si au contraire j'ai une autre unité prête à attaquer en cas de plantage du chevalier, je peux tenter de sacrifier le chevalier: je risque une petite perte (R2), suivie par un bénéfice B1 presque certain. Si je n'attaque pas le troll, je couvre le mage avec le chevalier; le troll bute le chevalier (R2), je bute le troll avec le mage (B1). Donc voila,
A: J'ai une unité en renfort.
J'attaque, avec 30% je fais B1, 70% je perds R2 suivi de B1.
Je n'attaque pas, je perds le chevalier à tous les coups (R2) puis je bute le troll (B1)
B. Je n'ai pas d'unité en renfort.
J'attaque, avec 30% je fais B1, 70% je perds R2 puis je perds le mage (R1)
Je n'attaque pas, je perds le chevalier à tous les coups (R2) puis je bute le troll (B1)
Y'a plus qu'à calculer, dans le cas A, B1 - 0.7*R2 > B1 - R2, donc j'attaque
Dans le cas B, 0.3*B1 + 0.7*(R1+R2) < B1 - R2, donc je n'attaque pas
Dans les deux cas, la probabilité de gagner le combat avec le chevalier est exactement la même. La différence se fait sur les conséquences, l'estimation des couts/bénéfices et le choix de voies plus sûres (quand on est à son avantage) ou plus aléatoires (quand on est en train de se prendre une volée).
Il faut imaginer ça dans un contexte avec des dizaines d'unités, des avantages de terrain, de temps (jour/nuit), etc : il faut être sacrément balèze pour ne pas faire de boulettes. Une boulette, c'est quand un joueur dit "j'ai pas eu de chance" : il a probablement fait une erreur tactique, qui l'a engagée dans une voie où seule la chance (qu'il n'a pas eu) aurait pu le sauver.
La "malchance" n'existe quasiment pas à Wesnoth, vu le nombre de tirages aléatoires sur une seule partie. Un problème persiste dans les parties entre plusieurs joueurs humains, où souvent l'issue des tous premiers combats peut donner un avantage substantiel à un camp. C'est plus dû à un problème de cartes (cartes trop petites, pas assez d'unités pour obtenir de bonnes propriétés statistiques) que de gameplay...
Bon, après, je dis ça, mais je suis une semi-quiche à Wesnoth, j'ai encore beaucoup à apprendre :-)