• # Problème Kafkaïen

    Posté par . En réponse à la dépêche Riposte graduée : le rapporteur s'oppose à l'interopérabilité, l'April appelle à la mobilisation. Évalué à 7.

    J'avoue que j'ai du mal à saisir un peu toute cette histoire de soit-disant interopérabilité.

    Tout d'abord, pour moi, l'interopérabilité, cela concerne surtout les formats de fichier et les protocoles. Il faudrait décrire ici ce qu'on entend exactement par interopérabilité : veut-on que le "protocole" (supposé) qui sera utilisé par le logiciel de "sécurisation" (rien que le nom me fait rire) soit public ? Ou veut-on (ce qui semble plus le cas d'après ce que j'ai compris) que le logiciel fournit le soit disponible sous d'autres plateformes que Windows ? Veut-on qu'ils soit un logiciel libre ?

    Si on veut un logiciel multi-plateforme, alors il faut employer ce terme. Mais à ce moment-là, je comprend tout à fait l'argument de F. Riester qui dit (en gros) que c'est chiant à faire, quand c'est du propriétaire (je prend cela pour sous-entendu). Qui va aller faire une version pour BeOS sur PPC ? Pour linux sur ARM(-l, -b, -el ou -eb ...) ?

    Alors peut-être veut-on (j'emploi le pronom impersonnel "on" car je ne sais pas trop ici qui de l'APRIL, la Quadrature du net, les lecteurs, etc. le demande) un logiciel de "sécurisation" sous licence libre ? Mais alors on tombe dans un non-sens complet : le principe du logiciel libre (tout du moins, pour moi) est les quatres libertés, dont le but est d'avoir le _contrôle_ de son ordinateur.

    Ici, on parle d'un dispositif dont on aurait le contrôle, et qui serait chargé de relever les infractions que nous ferions : c'est complètement aberrant ! Ça m'énerve d'autant plus que j'ai l'impression qu'aujourd'hui on fait de plus en plus un cliché de ne pas avoir le contrôle de sa machine. Certains peuvent trouver cela amusant, en voyant toutes ces choses incompréhensibles se passer sous leur yeux. Mais pour moi c'est absolument essentiel d'avoir le contrôle de ma machine ! Être root est un droit, pas un privilège, pour contredire la signature de quelqu'un ici. J'ai le contrôle de ma machine, je ne le délègue pas à une quelconque autorité, ce qui risque d'arriver bientôt avec l'"informatique déloyale".

    Bref, demander à avoir un dispositif "interopérable" ne veut rien dire et est en plus contradictoire avec la manière dont les utilisateurs de logiciel libre utilisent leur machine !

    Je me demande ce que veulent montrer ces associations ici : si c'est pour dire que c'est aberrant, OK, je suis d'accord, mais autant le dire clairement. Là, j'ai l'impression que c'est demander quelque chose d'impossible histoire d'énerver ses adversaires sans l'avouer, et je trouve ça bizarre.