Attention : ce qui suit est tiré de mon expérience personnelle, omfg, principalement concernant l'UFR de math de mon université.
Le gros problème de l'université, c'est le nombre de postes.
En Mathématiques, la france produit 10 postes au plus par an. Et, au minimum, 100 thésards par an. Avec peu de postes, une université doit forcément choisir l'enseignant-chercheur qui lui rapportera le plus. Et ce qui rapporte le plus, ce n'est pas l'enseignement, mais la recherche. À Lille1, les enseignants en mathématiques sont avant-tout des chercheurs. À 80% des chercheurs étrangers. À 70% des chercheurs ayant étudié aux États-Unis.
Si on tente de comprendre ces « enseignants », on voit très vite ce qui cloche.
Vous vous tapez dix ans d'études pour devenir Chercheur. Ce qui vous intéresse, c'est la recherche. Vous devenez un putain de bon chercheur. Manque de pot, y'à pas de postes aux États-Unis dans l'université publique, vu qu'il n'y a pas d'université publique aux États-Unis. Les seules voies de recherche là bas sont fournies par les entreprises : la recherche appliquée. Or vous, c'est la recherche utile qui vous botte : celle qui permettra de faire avancer les choses, pas celle qui permettra à Toshiba® de gagner 3€ par écran plat produit. En plus, la recherche appliquée, vous trouvez ça chiant.
Là, l'Université des Sciences et Technologies de Lille, qui a remarqué vos capacités hors du commun pendant votre thèse, vous propose un poste en recherche fondamentale dans *le* domaine qui vous botte. Vous acceptez, et vous vous retrouvez à vous taper 192H d'enseignement précédées par 200H de préparation d'enseignement, et un peu de recherche le soir et le week-end.
Qu'est-ce qui cloche ? Un Chercheur qui ne veut pas enseigner sera forcément un mauvais enseignant.
Ce cas de figure se répète dans toutes les universités de france, puisque seule la recherche est évaluée.
Lorsque la ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche et lorsque le président de la république nous annoncent qu'il faut plus d'évaluation pour les enseignants à l'université, ils ont raison. Là où ils ont tort, c'est qu'ils osent dirent qu'il n'y a pas d'évaluation à l'université, ce qui est faux (d'ailleurs, l'Académie des Sciences a pris cette remarque pour une insulte, demandant des excuses publiques). La recherche est surévaluée, d'un côté d'une « bonne » manière : évaluation du contenu des publications ; d'un côté d'une mauvaise manière : évaluation du nombre des publications, sans regarder le contenu.
Les évaluations portent uniquement sur la recherche. Déplaçons-en la moitié sur l'enseignement, tout l'monde sera content.
Évaluons réellement la recherche, pas la compétitivité.
Pour rappel
La France est le troisième meilleur pays européen en matière de recherche, alors qu'elle n'est que le seizième meilleur pays en matière de financement de la recherche.
[^] # Re: Ecole privée..
Posté par Rémi Birot-Delrue . En réponse à la dépêche WinGineer : concours d'algorithmique, avec bourse d'étude d'ingénieur. Évalué à 4.
Le gros problème de l'université, c'est le nombre de postes.
En Mathématiques, la france produit 10 postes au plus par an. Et, au minimum, 100 thésards par an. Avec peu de postes, une université doit forcément choisir l'enseignant-chercheur qui lui rapportera le plus. Et ce qui rapporte le plus, ce n'est pas l'enseignement, mais la recherche. À Lille1, les enseignants en mathématiques sont avant-tout des chercheurs. À 80% des chercheurs étrangers. À 70% des chercheurs ayant étudié aux États-Unis.
Si on tente de comprendre ces « enseignants », on voit très vite ce qui cloche.
Vous vous tapez dix ans d'études pour devenir Chercheur. Ce qui vous intéresse, c'est la recherche. Vous devenez un putain de bon chercheur. Manque de pot, y'à pas de postes aux États-Unis dans l'université publique, vu qu'il n'y a pas d'université publique aux États-Unis. Les seules voies de recherche là bas sont fournies par les entreprises : la recherche appliquée. Or vous, c'est la recherche utile qui vous botte : celle qui permettra de faire avancer les choses, pas celle qui permettra à Toshiba® de gagner 3€ par écran plat produit. En plus, la recherche appliquée, vous trouvez ça chiant.
Là, l'Université des Sciences et Technologies de Lille, qui a remarqué vos capacités hors du commun pendant votre thèse, vous propose un poste en recherche fondamentale dans *le* domaine qui vous botte. Vous acceptez, et vous vous retrouvez à vous taper 192H d'enseignement précédées par 200H de préparation d'enseignement, et un peu de recherche le soir et le week-end.
Qu'est-ce qui cloche ? Un Chercheur qui ne veut pas enseigner sera forcément un mauvais enseignant.
Ce cas de figure se répète dans toutes les universités de france, puisque seule la recherche est évaluée.
Lorsque la ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche et lorsque le président de la république nous annoncent qu'il faut plus d'évaluation pour les enseignants à l'université, ils ont raison. Là où ils ont tort, c'est qu'ils osent dirent qu'il n'y a pas d'évaluation à l'université, ce qui est faux (d'ailleurs, l'Académie des Sciences a pris cette remarque pour une insulte, demandant des excuses publiques). La recherche est surévaluée, d'un côté d'une « bonne » manière : évaluation du contenu des publications ; d'un côté d'une mauvaise manière : évaluation du nombre des publications, sans regarder le contenu.
Les évaluations portent uniquement sur la recherche. Déplaçons-en la moitié sur l'enseignement, tout l'monde sera content.
Évaluons réellement la recherche, pas la compétitivité.
Pour rappel
La France est le troisième meilleur pays européen en matière de recherche, alors qu'elle n'est que le seizième meilleur pays en matière de financement de la recherche.
C'est fou, non ?