Pour moi ce n'est clairement pas un problème de suppression de postes, il flotte dans les universités une espèce d'atmosphère étrange. Les profs ne semblent pas sous pression, c'est le moins qu'on puisse dire. Tellement pas sous pression que certains, et même parfois beaucoup dans certaines voies, se laissent aller à un enseignement de plus en plus léger, ne s'impliquant pas ou très peu, traitant les étudiants avec une certaine distance qui peut aller jusqu'à donner l'impression qu'ils n'en ont vraiment rien à foutre.
Je ne compte plus dans mon cursus le nombre de professeurs qui arrivent en retard au TD, ne viennent pas du tout (et nous préviennent le lendemain par mail que le cours était annulé), prennent des coups de fil en plein pendant un partiel, ressortent exactement le même sujet d'exam que l'an dernier (parfois sans même se donner la peine de changer la date sur le sujet).
Ce ne sont que des exemples pour illustrer un état d'esprit général qui est difficile à décrire, des professeurs qui semblent machinalement dérouler un cours qu'il font depuis 15 ou 20 ans sans l'avoir changé à tel point qu'il ne se donnent plus la peine de réfléchir sur rien, et si on a le malheur de poser des questions précises en cherchant à aller un peu en profondeur on obtient des réponses incohérentes et sur un ton qui fait clairement comprendre que bon, on est bien gentil avec nos questions mais c'est un peu pénible, ça serait mieux qu'on se la ferme.
Je ne ferai également qu'évoquer les magouilles administratives qui permettent à la tchatche de faire sauter des notes de TP mauvaises par exemple, des absences injustifiées etc... Tout s'obtient à la tchatche. Que ce soit avec le prof, avec les nanas de l'administration, si on se casse le cul à aller parler aller s'expliquer, paraître sympa, on peut tout rattraper. Trois petits clics sur l'ordinateur et c'est oublié. Tout ça alimente encore un peu plus l'impression de manque de sérieux général.
Le problème de cet état d'esprit c'est qu'il se répercute rapidement sur les élèves et qu'on s'étonne de cet espèce de faux rythme qu'il y a à la fac, avec un niveau qui plus est très mal réparti. J'ai personnellement été jusqu'au master 2 sans rien branler parce que le niveau est plus que pathétique, il suffit de bosser un minimum des exercices stéréotypés pour valider certaines matières, sans parler de la triche qui est + que monnaie courante en amphi, et arriver à bac +4 ou +5 en ayant l'impression de pas avoir appris grand chose, d'en avoir foutu encore moins.
Ça, plus le fait que les cursus sont bidon, des licences et des masters remplis de matières diverses et variées pour atteindre le 30 ects indispensable par semestres (système LMD européen). Et on ose appeler ça des "master professionnels". N'en parlons même pas de ça, on est tellement pas formés pour le marché pro, ça en est risible.
Que l'on vienne pas me parler de l'université en France, je sais ce que c'est, j'y ai passé 6 ans et dans 2 fac différentes. Je sais ce que ça vaut et comment ça marche. Le problème, c'est surement pas les moyens. Le problème, c'est l'état d'esprit, cette mentalité totalement anti rigoureuse et contre productive. Bref ce n'est que mon avis, ceux qui sont passé par des fac prestigieuses comme Jussieu par exemple n'auront certainement pas la même image (ça n'a rien à voir dans des endroits comme ça).
[^] # Re: Ecole privée..
Posté par Nonor . En réponse à la dépêche WinGineer : concours d'algorithmique, avec bourse d'étude d'ingénieur. Évalué à 8.
Je ne compte plus dans mon cursus le nombre de professeurs qui arrivent en retard au TD, ne viennent pas du tout (et nous préviennent le lendemain par mail que le cours était annulé), prennent des coups de fil en plein pendant un partiel, ressortent exactement le même sujet d'exam que l'an dernier (parfois sans même se donner la peine de changer la date sur le sujet).
Ce ne sont que des exemples pour illustrer un état d'esprit général qui est difficile à décrire, des professeurs qui semblent machinalement dérouler un cours qu'il font depuis 15 ou 20 ans sans l'avoir changé à tel point qu'il ne se donnent plus la peine de réfléchir sur rien, et si on a le malheur de poser des questions précises en cherchant à aller un peu en profondeur on obtient des réponses incohérentes et sur un ton qui fait clairement comprendre que bon, on est bien gentil avec nos questions mais c'est un peu pénible, ça serait mieux qu'on se la ferme.
Je ne ferai également qu'évoquer les magouilles administratives qui permettent à la tchatche de faire sauter des notes de TP mauvaises par exemple, des absences injustifiées etc... Tout s'obtient à la tchatche. Que ce soit avec le prof, avec les nanas de l'administration, si on se casse le cul à aller parler aller s'expliquer, paraître sympa, on peut tout rattraper. Trois petits clics sur l'ordinateur et c'est oublié. Tout ça alimente encore un peu plus l'impression de manque de sérieux général.
Le problème de cet état d'esprit c'est qu'il se répercute rapidement sur les élèves et qu'on s'étonne de cet espèce de faux rythme qu'il y a à la fac, avec un niveau qui plus est très mal réparti. J'ai personnellement été jusqu'au master 2 sans rien branler parce que le niveau est plus que pathétique, il suffit de bosser un minimum des exercices stéréotypés pour valider certaines matières, sans parler de la triche qui est + que monnaie courante en amphi, et arriver à bac +4 ou +5 en ayant l'impression de pas avoir appris grand chose, d'en avoir foutu encore moins.
Ça, plus le fait que les cursus sont bidon, des licences et des masters remplis de matières diverses et variées pour atteindre le 30 ects indispensable par semestres (système LMD européen). Et on ose appeler ça des "master professionnels". N'en parlons même pas de ça, on est tellement pas formés pour le marché pro, ça en est risible.
Que l'on vienne pas me parler de l'université en France, je sais ce que c'est, j'y ai passé 6 ans et dans 2 fac différentes. Je sais ce que ça vaut et comment ça marche. Le problème, c'est surement pas les moyens. Le problème, c'est l'état d'esprit, cette mentalité totalement anti rigoureuse et contre productive. Bref ce n'est que mon avis, ceux qui sont passé par des fac prestigieuses comme Jussieu par exemple n'auront certainement pas la même image (ça n'a rien à voir dans des endroits comme ça).